Dans un contexte tendu, où la concurrence s’intensifie et où les prix restent sous pression, le spécialiste marocain des huiles de table et des savons a clôturé l’année 2025 avec un chiffre d’affaires consolidé de 5,39 milliards de dirhams, contre 5,45 milliards en 2024. Une variation marginale qui traduit, davantage qu’un recul, une capacité d’adaptation dans un environnement volatil.
Le quatrième trimestre illustre toutefois les tensions du marché. Les revenus se sont établis à 1,21 milliard de dirhams, en baisse de 12 % sur un an. Cette contraction reflète surtout l’effet prix, dans un secteur où la bataille tarifaire demeure vive malgré une demande relativement stable.
Sur le terrain commercial, l’entreprise a choisi la continuité stratégique : préserver ses parts de marché, soutenir les volumes et maintenir la visibilité de ses marques auprès des ménages marocains. Une approche prudente mais cohérente, alors que le pouvoir d’achat reste un déterminant clé de la consommation.
Parallèlement, le groupe a poursuivi ses investissements ciblés. Au quatrième trimestre, 33 millions de dirhams ont été engagés dans des projets jugés stratégiques, portant l’enveloppe annuelle à 61 millions de dirhams. Parmi les réalisations majeures figure la mise en service, en décembre, d’une station photovoltaïque à Aïn Harrouda.
Dotée d’une capacité de 2 MWc, cette installation permet de réduire d’environ 12 % la consommation énergétique du site industriel. Au-delà de l’économie immédiate, le projet s’inscrit dans la feuille de route de décarbonation du groupe à l’horizon 2030, un axe devenu structurant pour l’industrie agroalimentaire marocaine.
Autre signal positif : la trésorerie nette consolidée atteint 243 millions de dirhams à fin décembre 2025, en progression de 24 % sur un an. Cette amélioration traduit une meilleure maîtrise du cycle d’exploitation et une gestion prudente du besoin en fonds de roulement, dans un contexte où la discipline financière reste un levier de résilience.
Sur le plan capitalistique, le groupe a porté sa participation dans sa filiale Oléosen de 90,16 % à 94,75 % au cours du quatrième trimestre. Cette opération, sans impact sur les comptes consolidés, renforce néanmoins le contrôle industriel et stratégique de la chaîne de valeur.
Au final, l’exercice 2025 apparaît comme une année de consolidation plutôt que d’expansion. Dans un marché sous tension, Lesieur Cristal privilégie la stabilité, l’efficacité énergétique et la solidité financière des choix qui résonnent avec les enjeux actuels de souveraineté industrielle et de durabilité.
Dans les rayons des épiceries comme dans les arbitrages énergétiques de ses usines, la bataille se joue désormais autant sur les coûts que sur la confiance des consommateurs. Et sur ce terrain, la résilience vaut parfois plus que la croissance.