L'ODJ Média

33 MDH pour créer deux zones d’activités à Chefchaouen et Targuist


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 25 Mars 2026

Dans une région souvent citée pour ses grands projets côtiers, l’exécutif régional mise désormais sur l’intérieur. Avec 33 millions de dirhams engagés pour deux zones d’activités économiques à Chefchaouen et Targuist, l’objectif est clair : corriger les déséquilibres territoriaux et offrir enfin du foncier structuré aux entrepreneurs locaux.



33 MDH pour créer deux zones d’activités à Chefchaouen et Targuist

Le Conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a validé une enveloppe de 33 millions de dirhams pour la création et l’aménagement de deux zones d’activités économiques. Ces projets seront implantés à Chefchaouen et à Targuist, dans la province d’Al Hoceima, avec en ligne de mire le renforcement de l’investissement local dans des territoires encore peu équipés.
 

À Chefchaouen, l’effort est massif : 23 millions de dirhams y sont consacrés. La commune prendra en charge le foncier, condition souvent décisive pour débloquer ce type d’investissement. Sur le papier, la future zone se veut polyvalente. Elle combinera 133 ateliers de 60 m², 94 ateliers de 80 m² dédiés à l’artisanat, mais aussi des lots plus vastes 500 et 1.000 m² pour accueillir des activités à plus forte capacité productive.
 

Ce choix n’est pas anodin. Chefchaouen n’est pas seulement une destination touristique. C’est aussi un vivier d’artisans, du textile à la menuiserie, en passant par la poterie. Jusqu’ici, beaucoup travaillaient dans des conditions précaires, dispersées. La concentration dans un espace aménagé pourrait changer la donne : mutualisation des services, meilleures conditions de production, et, à terme, montée en gamme.
 

À Targuist, l’approche est plus modeste mais tout aussi stratégique. Sur deux hectares, une enveloppe de 10 millions de dirhams financera une ZAE destinée à combler un manque criant de foncier économique. Ici, le défi est encore plus basique : créer les conditions minimales pour attirer et retenir l’investissement.
 

Le projet repose sur un partenariat élargi associant notamment le ministère de l’Industrie et du Commerce, les autorités territoriales et les collectivités locales. Une gouvernance partagée, souvent déterminante pour éviter que ces zones ne restent sous-exploitées un risque réel dans plusieurs régions du Royaume.
 

Car l’enjeu dépasse largement ces deux sites. Il s’agit, au fond, de rééquilibrer une dynamique régionale longtemps tirée par les pôles côtiers. Tanger, ses infrastructures portuaires et industrielles, ont capté l’essentiel des investissements ces dernières années. À l’intérieur, le sentiment de décalage persiste.
 

« L’objectif est de garantir l’équilibre territorial et la justice spatiale », a résumé le président du Conseil régional, Omar Moro. Une formule institutionnelle, certes, mais qui traduit une attente forte sur le terrain.
 

Reste une question, plus pragmatique : ces zones seront-elles réellement occupées ? L’histoire récente montre que l’infrastructure seule ne suffit pas. Il faudra accompagner les porteurs de projets, simplifier les procédures, assurer un accès au financement. Sans cela, même les meilleures intentions peuvent se heurter à la réalité.
 

Les calendriers annoncés 2026-2027 laissent un peu de temps pour affiner cette équation. D’ici là, les étapes clés seront l’acquisition du foncier, le lancement des appels d’offres et la mise en place des mécanismes de gestion.
 

Sur le papier, ces ZAE ressemblent à des projets techniques. Sur le terrain, elles pourraient devenir des leviers concrets de dignité économique. À condition, évidemment, qu’elles ne restent pas des zones… d’attente.





Mercredi 25 Mars 2026