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4ᵉ Forum des Énergies : le Maroc fait des renouvelables un levier industriel


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 25 Mars 2026

La 4ᵉ édition du Forum international des énergies (FIE) a mis en pleine lumière une vérité qui pèse aujourd’hui sur l’économie marocaine : l’énergie n’est plus un simple calcul de coûts, c’est une question de souveraineté et de compétitivité industrielle. Dans un contexte géopolitique tendu et marqué par des ruptures répétées des chaînes d’approvisionnement, les autorités et acteurs clés se sont accordés une injonction ferme : transformer les atouts énergétiques en moteurs durables de croissance.



4ᵉ Forum des Énergies : le Maroc fait des renouvelables un levier industriel

Sur scène, Hicham Rahioui Idrissi, président du FIE, a posé les jalons d’un discours stratégique nécessaire : le Maroc a déjà parcouru un chemin conséquent dans les renouvelables mais doit maintenant penser industrie, emploi, intégration et valeur ajoutée. Il a rappelé qu’aujourd’hui, la capacité électrique nationale dépasse les 12 000 MW et que près de 45 % de cette capacité provient déjà des sources renouvelables, en progression notable par rapport aux années précédentes.
 

Cette base solide s’inscrit dans un objectif plus ambitieux : atteindre 52 % de part des énergies renouvelables d’ici 2030. Mais Rahioui Idrissi n’a pas masqué la réalité : produire propre ne suffit plus. Il a évoqué la nécessité de faire du Maroc un hub industriel de la transition énergétique, capable de produire localement composants, technologies de stockage et systèmes intelligents pour réseaux électriques. Cette montée en gamme passe par des investissements massifs dans les infrastructures, le renforcement du stockage d’énergie et l’alignement des politiques industrielles avec les politiques énergétiques.
 

À ses côtés, Hanane Belyagou, directrice des industries stratégiques au ministère de l’Industrie et du Commerce, a approfondi ce fil : la compétitivité de demain est carbone‑consciente et ne se résume pas à de vagues objectifs climatiques. Pour elle, la décarbonation est une nécessité économique avant d’être environnementale. C’est dans ce cadre qu’elle a mis en exergue l’importance du cadre réglementaire marocain, notamment la loi 82‑21 relative à l’autoproduction d’électricité, qui facilite la production, la consommation et même la revente d’électricité par les entreprises. Ce dispositif devrait réduire les coûts énergétiques, stimuler l’investissement privé et encourager l’apparition de filières locales solides.
 

L’événement a aussi été l’occasion de rappeler le rôle clé de la formation, de la recherche appliquée et des partenariats public‑privé pour accélérer le développement de technologies propres. Les intervenants ont souligné que sans un écosystème d’innovation robuste et des mécanismes de financement adaptés, la transition énergétique risquerait de rester une jolie ambition sur papier. Belyagou a également évoqué les initiatives gouvernementales en faveur de l’hydrogène vert, une filière émergente où le Maroc ambitionne une position compétitive à l’échelle régionale.
 

En filigrane de ces débats, un message s’est imposé : la sécurité énergétique, désormais intimement liée à l’indépendance industrielle, est un levier de souveraineté national. Pour les entreprises marocaines grandes ou petites cette révolution énergétique n’est pas seulement un défi, mais une chance de s’inscrire dans les chaînes de valeur mondiales du climat et du futur industriel.
 

Plus qu’une conférence, ce FIE a été une prise de conscience collective : si le Maroc veut concrétiser ses ambitions, il lui faudra transformer ses atouts renouvelables en capacités industrielles, humaines et financières robustes. Le Royaume est prêt à franchir ce cap à condition d’accélérer, d’anticiper et de consolider pour que l’énergie, demain, soit aussi synonyme de liberté d’entreprendre et de prospérité durable.





Mercredi 25 Mars 2026