La DGSN annonce un réseau, mais les cibles restent inconnues
Un chiffre impressionnant, une qualification alarmante et une menace annoncée contre la sécurité nationale. Dimanche 11 octobre 2026, la Direction générale de la Sûreté nationale algérienne a déclaré avoir arrêté 61 ressortissants marocains soupçonnés de préparer des actes de sabotage. La communication officielle décrit une organisation criminelle internationale. Elle ne permet pourtant pas de comprendre précisément quelles opérations auraient été envisagées.
Selon le récit policier, les suspects, parmi lesquels figurerait un ancien militaire marocain, auraient rejoint Oran après avoir transité par la Tunisie et franchi clandestinement la frontière algérienne. Des passeports marocains et des sommes en dirhams et en euros auraient été saisis. Les personnes interpellées auraient ensuite été présentées au procureur du pôle pénal spécialisé d’Oran.
Quels sites étaient visés ? Rien !
Quels moyens opérationnels ont été découverts ? Rien !
Quels rôles auraient été attribués à chacun ? Rien !
Ces questions déterminent la substance du dossier. La possession de dirhams, à elle seule, ne démontre aucune intention de sabotage. Et la présence alléguée d’un ancien militaire ne suffit pas à établir l’implication d’un État.
L’absence de détails publics prouve que l’enquête est bien vide. Elle interdit cependant de traiter le récit officiel comme une vérité déjà jugée.
Depuis 2021, une succession d’accusations contre des acteurs étrangers
Cette annonce possède un air de déjà-vu. En août 2021, la présidence algérienne imputait les incendies meurtriers à deux mouvements, dont le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, qu’elle accusait d’être soutenu par le Maroc et Israël. Une mise en cause lourde, inscrite dans une dégradation des relations avec Rabat.
En mai 2023, El Khabar, cité par TSA, rapportait une prétendue réunion à Tel-Aviv entre services israéliens, français et marocains autour d’un projet de déstabilisation de l’Algérie et de la Tunisie. L’allégation reposait sur des sources sécuritaires non nommées.
En septembre 2024, le parquet de Tlemcen annonçait une affaire d’espionnage impliquant des Algériens et des Marocains. En décembre de la même année, deux chaînes publiques diffusaient un documentaire accusant les services français d’avoir préparé une opération de déstabilisation.
Ces dossiers ne peuvent être confondus : leurs circonstances et leurs éléments judiciaires diffèrent. Leur présentation publique laisse néanmoins apparaître une dramaturgie récurrente : une puissance étrangère, un danger intérieur et des services de sécurité présentés comme le rempart décisif.
À force de répétition, l’accusation de complot devient une grille de lecture politique. Elle mérite d’autant plus d’être interrogée qu’elle tend à installer la suspicion avant que le public puisse apprécier les preuves.
Le calendrier du Sahara Marocain nourrit les interrogations, sans établir de lien
L’annonce survient à l’approche de l’échéance du mandat de la MINURSO, fixé au 31 octobre 2026 par la résolution 2797. Adoptée le 31 octobre 2025, celle-ci a renforcé la place de l’initiative marocaine d’autonomie : elle prend note du soutien international au plan et affirme qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait constituer une solution des plus réalisables.
Ce contexte donne à l’affaire une résonance diplomatique particulière. Il ne démontre aucune relation causale entre l’annonce policière et les discussions onusiennes. Le calendrier peut susciter une interrogation ; il ne suffit pas à prouver une manœuvre.
La critique perdrait sa force si elle opposait aux certitudes algériennes une autre certitude sans preuves. Son terrain le plus solide demeure l’examen des accusations, de leurs fondements et de leur mise en scène.
La sécurité nationale ne dispense pas de rendre des comptes
Les personnes concernées doivent bénéficier d’une défense et de la présomption d’innocence. Le Comité des droits de l’homme des Nations unies rappelle que les autorités publiques doivent s’abstenir de déclarations affirmant la culpabilité avant qu’elle soit légalement établie.
Pour Rabat, la priorité devrait être le suivi individuel de ces ressortissants et la clarification de leur situation judiciaire. Pour Alger, elle devrait être de soutenir ses accusations par une procédure crédible, plutôt que de laisser la nationalité servir de raccourci accusatoire.
Un pouvoir peut légitimement combattre des menaces étrangères. Il doit aussi accepter que sa communication soit examinée. La répétition des complots annoncés ne renforce pas automatiquement leur crédibilité : elle accroît l’exigence de preuves.
Après les espions présumés et les saboteurs annoncés, quelle sera la prochaine menace révélée ? La question est mordante, mais le problème est sérieux. À force d’expliquer les difficultés du pays par les intentions de ses adversaires, le pouvoir algérien risque de réduire l’espace du débat sur ses propres responsabilités. Les citoyens algériens méritent des réponses sur la conduite de leur pays, autant que des explications sur ceux qui seraient censés le menacer.
Selon le récit policier, les suspects, parmi lesquels figurerait un ancien militaire marocain, auraient rejoint Oran après avoir transité par la Tunisie et franchi clandestinement la frontière algérienne. Des passeports marocains et des sommes en dirhams et en euros auraient été saisis. Les personnes interpellées auraient ensuite été présentées au procureur du pôle pénal spécialisé d’Oran.
Quels sites étaient visés ? Rien !
Quels moyens opérationnels ont été découverts ? Rien !
Quels rôles auraient été attribués à chacun ? Rien !
Ces questions déterminent la substance du dossier. La possession de dirhams, à elle seule, ne démontre aucune intention de sabotage. Et la présence alléguée d’un ancien militaire ne suffit pas à établir l’implication d’un État.
L’absence de détails publics prouve que l’enquête est bien vide. Elle interdit cependant de traiter le récit officiel comme une vérité déjà jugée.
Depuis 2021, une succession d’accusations contre des acteurs étrangers
Cette annonce possède un air de déjà-vu. En août 2021, la présidence algérienne imputait les incendies meurtriers à deux mouvements, dont le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, qu’elle accusait d’être soutenu par le Maroc et Israël. Une mise en cause lourde, inscrite dans une dégradation des relations avec Rabat.
En mai 2023, El Khabar, cité par TSA, rapportait une prétendue réunion à Tel-Aviv entre services israéliens, français et marocains autour d’un projet de déstabilisation de l’Algérie et de la Tunisie. L’allégation reposait sur des sources sécuritaires non nommées.
En septembre 2024, le parquet de Tlemcen annonçait une affaire d’espionnage impliquant des Algériens et des Marocains. En décembre de la même année, deux chaînes publiques diffusaient un documentaire accusant les services français d’avoir préparé une opération de déstabilisation.
Ces dossiers ne peuvent être confondus : leurs circonstances et leurs éléments judiciaires diffèrent. Leur présentation publique laisse néanmoins apparaître une dramaturgie récurrente : une puissance étrangère, un danger intérieur et des services de sécurité présentés comme le rempart décisif.
À force de répétition, l’accusation de complot devient une grille de lecture politique. Elle mérite d’autant plus d’être interrogée qu’elle tend à installer la suspicion avant que le public puisse apprécier les preuves.
Le calendrier du Sahara Marocain nourrit les interrogations, sans établir de lien
L’annonce survient à l’approche de l’échéance du mandat de la MINURSO, fixé au 31 octobre 2026 par la résolution 2797. Adoptée le 31 octobre 2025, celle-ci a renforcé la place de l’initiative marocaine d’autonomie : elle prend note du soutien international au plan et affirme qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait constituer une solution des plus réalisables.
Ce contexte donne à l’affaire une résonance diplomatique particulière. Il ne démontre aucune relation causale entre l’annonce policière et les discussions onusiennes. Le calendrier peut susciter une interrogation ; il ne suffit pas à prouver une manœuvre.
La critique perdrait sa force si elle opposait aux certitudes algériennes une autre certitude sans preuves. Son terrain le plus solide demeure l’examen des accusations, de leurs fondements et de leur mise en scène.
La sécurité nationale ne dispense pas de rendre des comptes
Les personnes concernées doivent bénéficier d’une défense et de la présomption d’innocence. Le Comité des droits de l’homme des Nations unies rappelle que les autorités publiques doivent s’abstenir de déclarations affirmant la culpabilité avant qu’elle soit légalement établie.
Pour Rabat, la priorité devrait être le suivi individuel de ces ressortissants et la clarification de leur situation judiciaire. Pour Alger, elle devrait être de soutenir ses accusations par une procédure crédible, plutôt que de laisser la nationalité servir de raccourci accusatoire.
Un pouvoir peut légitimement combattre des menaces étrangères. Il doit aussi accepter que sa communication soit examinée. La répétition des complots annoncés ne renforce pas automatiquement leur crédibilité : elle accroît l’exigence de preuves.
Après les espions présumés et les saboteurs annoncés, quelle sera la prochaine menace révélée ? La question est mordante, mais le problème est sérieux. À force d’expliquer les difficultés du pays par les intentions de ses adversaires, le pouvoir algérien risque de réduire l’espace du débat sur ses propres responsabilités. Les citoyens algériens méritent des réponses sur la conduite de leur pays, autant que des explications sur ceux qui seraient censés le menacer.