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À Larache, Nizar Baraka relie souveraineté, pouvoir d’achat et État social


Lors du grand meeting présidé par Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal et tête de liste dans la circonscription locale de Larache, samedi 19 septembre 2026, une ligne politique s’est clairement dégagée : réunir dans un même discours deux dimensions trop souvent traitées séparément, la souveraineté nationale et le quotidien des citoyens.



De la souveraineté au panier de la ménagère : le pari de Nizar Baraka à Larache

À Larache, Nizar Baraka relie souveraineté, pouvoir d’achat et État social
Devant un public venu de Larache, Ksar El Kébir et de plusieurs communes de la province, Nizar Baraka a ainsi tenté de relier les grands enjeux stratégiques du Maroc aux préoccupations les plus immédiates : prix alimentaires, emploi, retraites, école, hôpital, soutien social ou encore égalité des chances.

De « Ma patrie, mon avenir » à une conception élargie de la souveraineté

En expliquant le slogan de campagne « Ma patrie, mon avenir », Nizar Baraka a d’abord replacé le débat sur le terrain national. Selon lui, la patrie dépasse les partis et les échéances électorales. Il a notamment inscrit parmi les grands chantiers de la prochaine législature la perspective de mise en œuvre de l’initiative marocaine d’autonomie au Sahara sous souveraineté marocaine.

Mais la partie la plus intéressante de son intervention tient peut-être à l’élargissement donné au concept de souveraineté.

Pour le secrétaire général de l’Istiqlal, elle ne peut plus être seulement territoriale ou diplomatique. Elle doit également être hydrique, alimentaire, énergétique, industrielle, pharmaceutique et numérique.

Le raisonnement est simple : un pays ne dispose réellement de sa liberté de décision que s’il conserve une capacité suffisante à protéger ses besoins essentiels et à résister aux ruptures extérieures.

Dans cette logique, les barrages, le dessalement de l’eau de mer, les interconnexions hydriques ou encore l’augmentation des superficies irriguées deviennent autant des politiques de développement que des instruments de souveraineté.

Le pouvoir d’achat, juge de paix du quotidien

Mais à quelques jours du scrutin, le discours stratégique finit nécessairement par rencontrer le portefeuille des ménages.

Nizar Baraka a reconnu que les hausses de salaires et les allègements de l’impôt sur le revenu peuvent perdre une partie de leur effet lorsque les prix alimentaires progressent fortement.

L’enjeu n’est donc plus seulement d’augmenter nominalement les revenus, mais de savoir ce qu’il reste réellement à une famille après ses dépenses essentielles.

Le parti défend dans ce cadre une action sur les causes structurelles de la vie chère : sécuriser l’eau destinée à l’agriculture, augmenter la production, accorder davantage de priorité à l’approvisionnement du marché intérieur et réduire le nombre d’intermédiaires dans certains circuits alimentaires.

L’idée avancée de structures régionales de distribution vise précisément à rapprocher le prix payé au producteur de celui supporté par le consommateur.

Reste une question déterminante : comment organiser ces mécanismes sans recréer une nouvelle couche administrative ou de nouvelles situations de rente ? C’est sur les modalités d’exécution que ce type de proposition devra être jugé.

La corruption présentée comme un coût économique

Autre point fortement développé : les conflits d’intérêts et la corruption.

Ils sont ici présentés non seulement comme un problème moral ou institutionnel, mais comme une question économique. Lorsqu’un marché ou une opportunité dépend davantage de l’influence que de la compétence, ce sont les petites et moyennes entreprises, l’investissement et, à terme, le citoyen qui en supportent le coût.

Nizar Baraka a ainsi défendu l’adoption d’un cadre juridique spécifique sur les conflits d’intérêts afin, selon son expression politique, de remettre le mérite au centre de l’accès aux opportunités.

Le véritable enjeu dépasse toutefois la loi elle-même : il porte sur son contrôle, son application et la capacité des institutions à garantir une concurrence effectivement équitable.

De l’aide sociale à l’autonomie économique

Dans le volet social, l’Istiqlal place également la famille au cœur de son projet.

Nizar Baraka a notamment évoqué une révision de l’indice déterminant l’accès aux aides sociales directes, afin d’éviter que l’entrée d’un enfant dans l’emploi ne provoque automatiquement une perte brutale de soutien pour l’ensemble du foyer.

Mais la philosophie affichée va plus loin : le succès d’une politique sociale ne devrait pas être mesuré seulement au nombre de personnes recevant une aide, mais aussi au nombre de familles capables d’en sortir durablement.

Cela implique formation, accompagnement vers l’emploi, activités génératrices de revenus et prise en charge des jeunes qui ne sont ni en études, ni en formation, ni en emploi.

Autrement dit : passer progressivement d’une logique de protection contre la pauvreté à une logique de mobilité sociale.

Après la couverture sociale, la bataille de la qualité

Le discours de Larache a également replacé le service public au centre de l’État social.

Pour l’école, Baraka a évoqué une véritable révision des méthodes pédagogiques et une utilisation de l’intelligence artificielle au service des apprentissages.

Pour la santé, il a insisté sur l’augmentation du nombre de médecins formés, leur maintien dans le secteur public, une meilleure répartition territoriale des compétences médicales et la création d’un dispositif plus efficace pour les urgences.

Le message implicite mérite attention : étendre la protection sociale ne suffit pas si le service qui se trouve derrière cette protection reste insuffisant.

Une couverture médicale sans médecin disponible, une école sans qualité pédagogique ou une aide sociale sans perspective d’emploi constituent des politiques incomplètes.

Larache, ou le test du passage du national au local

Dans son intervention, Abdelalam El Hana, colistier de Nizar Baraka, a pour sa part ramené le débat à l’échelle territoriale : attractivité de la province, création d’emplois, potentiel agricole, maritime et touristique, mais aussi équité entre Larache, Ksar El Kébir et les différentes communes rurales.

C’est probablement là que se situe l’un des principaux tests de tout programme électoral.

Le citoyen ne vit pas un programme de gouvernement comme un document national. Il le mesure dans la route qu’il emprunte, l’hôpital où il se soigne, l’école de ses enfants, l’eau disponible, le prix du marché et l’emploi qu’il trouve — ou ne trouve pas.

À Larache, l’Istiqlal a voulu présenter la souveraineté, la justice sociale, le pouvoir d’achat, la lutte contre la corruption et les services publics comme les composantes d’un même projet.

Reste désormais la question qui devrait accompagner tous les programmes de cette campagne : à quel coût, selon quel calendrier, avec quels financements et quels indicateurs permettant d’en mesurer réellement les résultats ?

Car une campagne se joue sur les propositions et les voix. Un mandat, lui, finit toujours par être jugé sur l’exécution et les résultats.

Diaporama de la rencontre de comme si vous y étiez :


L'intégrale vidéo de la rencontre :



Dimanche 20 Septembre 2026

La Rédaction