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À Merzouga, Nokia alerte sur l’IA durable


Rédigé par le Dimanche 21 Juin 2026



Lors du Rally IA Future Lab à Merzouga, Bassem Bennani, directeur exécutif Marketing pour l’Afrique du Nord chez Nokia, a livré une intervention consacrée à l’intelligence artificielle consciente. Son message est direct : la réussite de l’IA ne se mesurera pas seulement à sa puissance technique, mais à sa capacité à respecter l’humain, la planète et les règles de responsabilité.

Bassem Bennani appelle à construire une intelligence artificielle respectueuse de l’humain, de l’environnement et du droit

À Merzouga, Nokia alerte sur l’IA durable
À Merzouga, Bassem Bennani a rappelé une évidence souvent oubliée dans la course mondiale à l’intelligence artificielle : une technologie peut être puissante sans être nécessairement bénéfique. Lors de sa conférence magistrale intitulée « L’intelligence artificielle consciente : construire une intelligence éthique et durable », le responsable de Nokia pour l’Afrique du Nord a défendu une approche où l’innovation doit rester encadrée par des valeurs humaines, sociales et environnementales.

Cette réflexion intervient dans un contexte d’accélération mondiale de l’IA générative, des modèles prédictifs et de l’automatisation. Pour le Maroc, qui ambitionne de renforcer son leadership numérique en Afrique, la question n’est donc pas seulement d’adopter ces technologies, mais de les intégrer dans un cadre responsable. L’objectif est d’éviter que la performance technique ne se fasse au détriment de la vie privée, de l’équité, de l’emploi ou des ressources naturelles.

Bassem Bennani a insisté sur le rôle central des données, souvent décrites comme le carburant de l’intelligence artificielle. Leur collecte et leur utilisation soulèvent cependant des questions majeures de consentement, de confidentialité et de contrôle. Dans certains secteurs sensibles, notamment la santé, l’usage de données de patients sans garanties suffisantes peut créer de graves risques juridiques et éthiques.

Le Maroc dispose déjà d’un cadre juridique avec la loi 09-08 sur la protection des données personnelles et l’action de la CNDP. Mais l’évolution rapide des systèmes intelligents impose une vigilance renforcée. La transparence devient ici un principe essentiel : les citoyens doivent comprendre comment leurs données sont utilisées, et les organisations doivent pouvoir expliquer les décisions produites par leurs algorithmes.

Le défi de la « boîte noire » reste l’un des plus complexes. Certains modèles produisent des résultats difficiles à interpréter, même pour leurs concepteurs. Cette opacité peut devenir problématique lorsqu’une décision touche l’emploi, le crédit, la santé ou les services publics.

L’intervention a également mis l’accent sur l’empreinte écologique de l’IA. Les centres de données nécessaires à l’entraînement et au fonctionnement des modèles avancés consomment d’importantes quantités d’électricité et d’eau, notamment pour le refroidissement des serveurs. L’Agence internationale de l’énergie estime que les centres de données représentent déjà une part significative de la consommation électrique mondiale, avec une croissance tirée par l’intelligence artificielle.

Bassem Bennani a aussi abordé la responsabilité juridique des systèmes intelligents. L’affaire Air Canada, où une compagnie aérienne a été tenue responsable d’une information erronée fournie par son chatbot, illustre une tendance importante : une entreprise reste comptable des outils qu’elle déploie, même lorsque l’erreur provient d’un système automatisé.

Cette question concerne directement les administrations, banques, assurances, opérateurs télécoms et entreprises marocaines qui intègrent progressivement l’IA dans leurs services. Elle impose de définir clairement les responsabilités, les procédures de contrôle et les mécanismes de recours.

Enfin, l’impact sur l’emploi ne peut être ignoré. Certaines tâches seront automatisées, d’autres métiers évolueront, et de nouvelles professions apparaîtront. Pour le Maroc, la réponse doit passer par la formation, la reconversion et l’adaptation des compétences. À Merzouga, le message de Bassem Bennani résonne comme un avertissement utile : l’intelligence artificielle responsable n’est pas un luxe, mais une condition pour bâtir un avenir numérique durable.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Dimanche 21 Juin 2026