Le plan d’action et le budget 2026 ont été adoptés par le Conseil d’administration de l’AMDL, réuni mercredi à Rabat, sous la présidence du ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh. L’Agence, en première ligne sur ce chantier national, vise à accélérer la mise à niveau des plateformes, structurer l’offre foncière logistique et accompagner l’investissement privé, tout en restant alignée avec la vision d’un Maroc plus compétitif et mieux connecté.
Intervenant à cette occasion, le ministre a souligné que cette réunion se tient dans un contexte national et international marqué par l’accélération des mutations économiques. Le constat n’a rien de théorique : les chaînes d’approvisionnement se recomposent, les marchés se tendent, et les entreprises – marocaines comme étrangères – arbitrent de plus en plus selon un critère simple : la capacité d’un pays à livrer vite, bien et à coût maîtrisé. Dans cette équation, la logistique devient un facteur de souveraineté économique autant qu’un outil de performance.
Abdessamad Kayouh a également mis en avant la Haute Sollicitude Royale à l’égard du secteur, présenté comme un levier stratégique de renforcement de la compétitivité de l’économie nationale, mais aussi comme un pilier du développement durable et équilibré à l’échelle des régions. Autrement dit : la logistique n’est pas seulement une affaire de plateformes et d’entrepôts, c’est aussi une question de justice territoriale et d’intégration économique.
Dans le cadre de la poursuite de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique, l’AMDL indique avoir déployé en 2025 plusieurs actions visant le renforcement des infrastructures nécessaires au développement du secteur. L’année dernière aurait été marquée par une accélération du rythme de réalisation des projets, un point essentiel dans un domaine où les retards coûtent cher, parfois très cher, en surcoûts, en congestion et en pertes d’opportunités.
Parmi les projets cités, l’opération de commercialisation des lots aménagés de la zone logistique Laqliaâ, au sud d’Agadir, a été largement amorcée. L’objectif affiché est d’enclencher une dynamique d’investissement privé dans l’immobilier logistique au sein de cette zone. C’est un enjeu concret : sans foncier prêt à l’emploi et sans visibilité sur les conditions d’accès, les opérateurs hésitent, et les plateformes restent sous-exploitées.
Dans la région de Casablanca, autre point de passage obligé de l’économie marocaine, les travaux d’aménagement de la zone logistique d’Oulad Saleh–Nouaceur ont été lancés sur 70 hectares, parallèlement à l’achèvement des démarches préparant le démarrage des travaux de la plateforme logistique et industrielle intégrée de Zenata. Ces deux projets, situés aux extrémités de l’axe logistique Zenata–Nouaceur, visent à réduire le déficit en foncier logistique et à structurer les flux de distribution des marchandises dans la région Casablanca–Settat, où la pression sur l’espace et sur les infrastructures est permanente.
Au-delà de cet axe, l’AMDL indique avoir engagé des démarches et des partenariats pour accélérer le développement de nouvelles zones logistiques, en particulier dans les provinces du Sud, notamment dans la région de Dakhla-Oued Eddahab. Ce choix traduit une orientation stratégique : renforcer l’attractivité des territoires, soutenir l’investissement et consolider l’intégration économique de régions à fort potentiel, tout en accompagnant une dynamique nationale plus inclusive.
Sur un autre registre, l’Agence dit avoir œuvré à l’intégration du secteur de la logistique dans le volet de la Charte d’investissement dédié aux petites et moyennes entreprises. C’est une évolution attendue : dans la réalité, ce sont souvent les PME qui subissent le plus la facture logistique, faute de capacités de stockage, d’outils digitaux ou de marges suffisantes pour absorber les hausses de coûts.
C’est dans cet esprit qu’a été lancé le programme d’accompagnement des opérateurs logistiques pour la période 2025–2029, intitulé « PME Supply Chain ». Le programme prévoit un appui technique et financier aux entreprises afin de renforcer leur compétitivité, accompagner leur transformation digitale et améliorer la durabilité de leurs chaînes logistiques. Pour de nombreuses structures, c’est là que se joue la différence entre subir la logistique… ou en faire un avantage.
La réunion, tenue en présence notamment du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a été consacrée à la présentation du bilan 2025 et à l’examen puis l’approbation du plan d’action et du budget 2026. Pour le Maroc, l’annonce est forte, mais elle reste une promesse à concrétiser.
Prévoir 660 millions de dirhams d’investissement pour 2026, c’est envoyer un signal : la logistique est désormais une priorité économique. Mais l’enjeu, au fond, n’est pas d’empiler des projets. Il est de livrer des infrastructures utiles, accessibles, et capables de faire baisser les coûts pour les entreprises. C’est à ce niveau-là que l’AMDL sera attendue, et jugée.