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APM Capital lance un fonds transport‑logistique de 2,24 MMDH


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mercredi 18 Février 2026

L’annonce est tombée ce 18 février 2026 et elle a subtilement secoué les marchés financiers et logistiques marocains. APM Capital Morocco, la branche marocaine du fonds danois A.P. Moller Capital, a dévoilé la clôture finale d’un fonds dédié au transport et à la logistique, doté d’une capacité d’investissement de 2,24 milliards de dirhams (environ 243 millions d’USD). Une nouvelle qui pourrait redessiner la carte des infrastructures clés du Royaume.



APM Capital lance un fonds transport‑logistique de 2,24 MMDH

Derrière ce chiffre se cache un montage financier soigneusement calibré : 1,64 milliard de dirhams provient d’engagements d’investisseurs institutionnels, marocains et internationaux, complété par 600 millions de dirhams mis sur la table par un autre véhicule géré par A.P. Moller Capital, l’Emerging Markets Infrastructure Fund II (EMIF II).
 

Ce fonds, fruit d’une initiative pilotée dans le cadre du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I), n’est pas un simple produit financier de plus : il incarne une stratégie d’investissement ciblée, orientée vers un secteur devenu emblématique des ambitions économiques du Maroc, celui de la logistique moderne et du transport efficace.
 

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la direction d’APM Capital Morocco est confiée à Ghislane Guedira, une figure bien connue des milieux de la finance et de l’investissement au Maroc, avec plusieurs décennies d’expérience. Sa nomination en 2024 avait déjà signalé l’intérêt croissant du fonds danois pour le Royaume.
 

Tout l’enjeu de ce fonds est de mettre du capital là où ça compte : dans des entreprises locales et régionales actives dans des segments clés comme la logistique express internationale, la logistique tierce partie (3PL), la manutention de fret aérien ou encore la chaîne du froid, éléments essentiels pour soutenir le commerce et le nearshoring industriel.
 

Le terme nearshoring est sur toutes les lèvres des acteurs économiques : il désigne le fait de rapatrier des chaînes de production plus proches des marchés finaux, une tendance accélérée par les perturbations des chaînes globales post‑pandémie. Le Maroc, par sa position géographique et ses accords commerciaux, apparaît aujourd’hui comme un hub naturel entre l’Europe, l’Afrique et le reste du monde. Ce fonds entend aider à structurer et faire grandir les acteurs capables de servir cette ambition.
 

Sur le plan national, l’impact attendu va au‑delà des simples chiffres. En mobilisant des capitaux privés tant nationaux qu’internationaux, le fonds promet de créer des emplois durables, d’accélérer la modernisation de la logistique marocaine et de renforcer la compétitivité des entreprises locales. Des objectifs alignés avec ceux du FM6I, qui vise à catalyser l’investissement productif et favoriser une croissance plus inclusive.
 

Cependant, des questions demeurent parmi les experts : dans quelle mesure ce fonds captera‑t‑il l’attention des PME locales ou des start‑ups innovantes du secteur ? Et comment éviter que les entreprises déjà robustes ne monopolisent ces ressources au détriment d’acteurs émergents ? Ce sont des débats que nous allons suivre de près dans les semaines à venir.
 

À titre personnel, lors d’une récente conférence à Casablanca, plusieurs responsables du secteur logistique ont confié que l’un des obstacles persistants restait l’accès au capital patient, capable de soutenir des projets sur le long terme sans pression excessive sur les retours à court terme. Ce nouveau fonds pourrait justement répondre à ce besoin s’il est bien canalisé vers les projets à fort impact socio‑économique.
 

Quoi qu’il en soit, l’arrivée d’un tel volume de capitaux gérés par un acteur international de premier plan est loin d’être anodine. Elle reflète une confiance renouvelée dans le potentiel du Maroc à devenir un centre logistique de référence en Afrique et au‑delà, tout en soulignant l’importance cruciale d’une gouvernance transparente et d’un environnement d’affaires attractif pour attirer davantage d’investissements similaires.
 

La balle est désormais dans le camp des acteurs locaux pour transformer cette
opportunité financière en croissance tangible et emplois durables, condition sine qua non pour qu’un fonds de cette envergure laisse une empreinte positive et durable.





Mercredi 18 Février 2026