Lundi à Rabat, trois ministères clés Industrie et Commerce, Enseignement supérieur, et Transition numérique ont officialisé un partenariat avec le Groupe AXA pour renforcer les compétences nationales dans les métiers de la data, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité. L’accord, signé le 16 février 2026, s’inscrit dans la dynamique « AI Made in Morocco » et vise à anticiper les besoins croissants en profils technologiques hautement qualifiés.
Paraphée par Ryad Mezzour, Azzedine El Midaoui et Amal El Fallah Seghrouchni, aux côtés de Matthieu Caillat, Directeur Groupe des Technologies et de l’Intelligence Artificielle et Président Directeur Général d’AXA GO, la convention prévoit l’identification des besoins futurs en compétences ainsi que la co-construction de formations adaptées. Les domaines ciblés couvrent la cybersécurité, la data, l’intelligence artificielle, le cloud, le DevOps et le testing des métiers désormais au cœur de la compétitivité économique.
Au-delà des cursus académiques classiques, le partenariat introduit des formations initiales en alternance et des programmes de formation continue. Cette approche vise à réduire le décalage, souvent pointé par les recruteurs, entre compétences disponibles et attentes du marché. Dans les couloirs universitaires comme dans les open spaces des entreprises technologiques, cette question revient avec insistance : comment former plus vite et mieux ?
La convention met également l’accent sur la recherche appliquée et l’insertion professionnelle. Des projets de R&D liés à la transformation digitale seront encouragés, tandis que les dispositifs de stages, d’immersion et d’employabilité seront renforcés. Les universités publiques seront mobilisées aux côtés d’écoles d’excellence telles que École Centrale Casablanca, École Arts et Métiers, ESITH et ISCAE.
L’objectif est clair : améliorer l’employabilité des jeunes diplômés dans des secteurs à forte intensité technologique et assurer une meilleure adéquation entre formation et besoins économiques. Dans un contexte où la transformation numérique redessine les métiers, cette articulation entre enseignement et industrie apparaît comme un levier décisif.
Cette initiative s’inscrit dans les Hautes Orientations Royales visant à valoriser le capital humain et accélérer la digitalisation du Royaume. Elle contribue aussi à la mise en œuvre de la loi-cadre 51.17 relative au système d’éducation et de formation, notamment en renforçant les filières professionnalisantes et leur adaptation continue aux mutations économiques.
Pour Ryad Mezzour, la transformation industrielle repose sur « une montée en gamme sans précédent du capital humain ». Azzedine El Midaoui souligne, lui, la maturité du partenariat public-privé comme moteur d’innovation, tandis qu’Amal El Fallah Seghrouchni rappelle le rôle central des talents digitaux dans la souveraineté technologique du pays.
Un comité de suivi, réunissant les signataires et les établissements concernés, sera chargé de piloter et d’évaluer la mise en œuvre des actions prévues.
Au-delà d’une convention institutionnelle, cette alliance esquisse une vision : celle d’un pays capable d’anticiper les mutations technologiques plutôt que de les subir. Si l’enjeu est éducatif, il est aussi économique et sociétal préparer une génération apte à créer, sécuriser et maîtriser les technologies qui façonneront l’avenir.