Une démission sur fond d’enquête interne
Dans un communiqué, l’ancien ministre norvégien des Affaires étrangères a indiqué avoir pris cette décision « après mûre réflexion », estimant que le Forum économique mondial devait pouvoir poursuivre ses activités sans être affecté par cette affaire. Borge Brende faisait l’objet d’une enquête interne après la révélation de contacts répétés avec Jeffrey Epstein.
Les éléments examinés portent notamment sur 3 rencontres et plus de 100 messages, échanges électroniques et SMS confondus, intervenus sur une période couvrant 2018 et 2019. Ces contacts ont été mis en lumière à la suite de la publication de documents judiciaires aux États-Unis, relançant l’attention sur les réseaux relationnels d’Epstein.
Des rencontres dans un cadre diplomatique
Borge Brende a expliqué avoir rencontré Jeffrey Epstein lors de dîners organisés à New York, auxquels participaient également d’autres diplomates et dirigeants internationaux. Selon ses déclarations, Epstein lui aurait été présenté comme un investisseur américain, sans que son passé judiciaire ne soit évoqué dans ces cercles.
L’année suivante, l’ex-patron du Forum économique mondial aurait pris part à 2 autres dîners similaires, toujours en présence de plusieurs responsables politiques et économiques. Ces éléments sont aujourd’hui au cœur de l’examen interne mené par l’institution basée à Genève.
Une transition à la tête du Forum de Davos
À la suite de cette démission, le Forum économique mondial a annoncé que la direction par intérim serait assurée par Alois Zwinggi, membre de l’équipe dirigeante, en attendant la désignation d’un successeur par le conseil d’administration.
Diplomate de carrière, Borge Brende avait été ministre des Affaires étrangères de Norvège entre 2013 et 2017 avant de prendre la tête du Forum économique mondial la même année. Sous sa direction, l’institution a poursuivi son rôle de plateforme de dialogue réunissant chaque année, à Davos, des responsables politiques, économiques et diplomatiques du monde entier.
Un dossier sensible aux implications encore ouvertes
Si la simple apparition d’un nom dans le dossier Epstein ne constitue pas en soi une preuve d’actes répréhensibles, cette affaire souligne la persistance de zones d’ombre autour des relations entretenues par Epstein avant sa mort. Les documents rendus publics mettent en évidence des liens que certaines personnalités avaient jusque-là minimisés ou niés.