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Affaire du complot : la justice tunisienne verrouille le dossier


Rédigé par le Vendredi 4 Septembre 2026

La Cour de cassation tunisienne a rejeté le pourvoi dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État », confirmant de lourdes peines prononcées contre une quarantaine de personnes, dont des figures de l’opposition et des avocats. Cette décision intervient dans un climat politique tendu depuis la concentration des pouvoirs par le président Kaïs Saïed. Pour le Maroc et le Maghreb, cette affaire pose une question sensible : comment concilier stabilité de l’État, justice indépendante et pluralisme politique ?



Une affaire au cœur des tensions politiques tunisiennes

Affaire du complot : la justice tunisienne verrouille le dossier
En Tunisie, la Cour de cassation a confirmé les lourdes peines prononcées dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État ». Le pourvoi a été rejeté jeudi 3 septembre, validant les condamnations décidées en appel en novembre 2025 contre une quarantaine de personnes, parmi lesquelles figurent des personnalités de l’opposition et des avocats. 

Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique tunisien extrêmement tendu. Depuis juillet 2021, le président Kaïs Saïed a concentré l’essentiel des pouvoirs après avoir suspendu le Parlement, puis engagé une refonte institutionnelle. Ses partisans présentent cette trajectoire comme une réponse à une crise politique et sociale profonde. Ses opposants, eux, y voient une dérive autoritaire et un affaiblissement des contre-pouvoirs. Le dossier du « complot » est devenu l’un des symboles de cette fracture.

Sur le plan judiciaire, la confirmation des peines par la Cour de cassation marque une étape majeure. Elle réduit fortement les possibilités de contestation dans le cadre ordinaire de la procédure. Mais sur le plan politique, elle risque d’élargir encore le fossé entre le pouvoir et une partie de l’opposition. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont, ces dernières années, exprimé leurs inquiétudes sur les poursuites visant des opposants, des magistrats, des journalistes ou des figures de la société civile en Tunisie. Il faut toutefois distinguer les faits judiciaires établis par les tribunaux tunisiens des critiques politiques et associatives portées contre le contexte général.

Pour le Maghreb, cette affaire n’est pas un simple dossier intérieur tunisien. La Tunisie reste un pays central de l’espace nord-africain, lié au Maroc par l’histoire, la culture, les échanges humains et les équilibres régionaux. Toute crise politique durable à Tunis pèse sur la coopération maghrébine déjà fragilisée, sur l’attractivité économique de la région et sur l’image démocratique née après 2011.

Pour les jeunes Marocains, l’enjeu est aussi citoyen. La stabilité d’un pays est précieuse, mais elle ne peut durablement se construire sans confiance dans la justice, règles claires et pluralisme politique. À l’heure où toute la région cherche à attirer les investissements, retenir ses talents et parler à une jeunesse exigeante, l’État de droit n’est pas un luxe institutionnel : c’est une condition de l’avenir.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 4 Septembre 2026