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Afrique : consommation et énergie en tête des méga transactions


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Jeudi 19 Février 2026

En 2025, le marché africain des fusions-acquisitions a connu une forte dynamique, avec cinq méga transactions dépassant 1 milliard de dollars chacune, démontrant que les économies clés du continent, comme l’Afrique du Sud, le Kenya et l’Égypte, peuvent attirer et soutenir des investissements majeurs malgré un contexte mondial incertain.



Une activité en croissance malgré les tensions mondiales

Afrique : consommation et énergie en tête des méga transactions
 

La valeur des opérations entrantes a progressé de plus de 40 % par rapport à 2024, tandis que les flux sortants ont connu une hausse de près de 85 %, traduisant un intérêt croissant des investisseurs étrangers pour les actifs africains. En revanche, l’activité intra-africaine a enregistré un léger recul en valeur, reflétant la concentration des transactions sur des opérations de grande taille et une prudence accrue des investisseurs face à un financement plus coûteux et à des perspectives macroéconomiques incertaines.
 

Les pays et secteurs moteurs
 

L’Afrique du Sud reste le leader continental, représentant 35 % de la valeur totale des transactions, suivie du Kenya (20 %) et de l’Égypte (15 %). En termes de volume, l’Égypte est le pays le plus actif avec plus de 200 transactions, tandis que le Maroc a enregistré près de 100 opérations, soit une hausse d’environ 65 % par rapport à 2024.

 
Sur le plan sectoriel, la consommation domine, avec plus de 180 transactions, dont l’acquisition de Coca-Cola Beverages South Africa par Coca-Cola HBC AG pour 2,6 milliards de dollars. Le secteur de l’énergie suit avec des transactions majeures comme Vitol qui acquiert 30 % du projet Baleine en Côte d’Ivoire pour 1,65 milliard de dollars, tandis que le secteur des télécommunications est représenté par l’entrée de Vodafone à hauteur de 15 % dans Safaricom pour 1,6 milliard de dollars.
 

Les investisseurs et capitaux privés en première ligne
 

Les investisseurs étrangers proviennent de diverses régions : la Suisse est en tête en valeur (3,4 milliards de dollars), suivie du Japon (3 milliards) et du Royaume-Uni (2,7 milliards). Les États-Unis restent le pays le plus actif en nombre d’opérations, avec 50 transactions, et la France se distingue avec 25 opérations représentant plus de 300 millions de dollars.
 

Le rôle des capitaux privés est structurant, particulièrement dans les secteurs alimentaires, technologiques et miniers. Les investissements de fonds de capital-investissement se maintiennent, en particulier en Afrique du Nord, illustrant un intérêt croissant pour les actifs stratégiques, notamment les minéraux critiques pour la transition énergétique.
 

Encadrement réglementaire et perspectives pour 2026
 

Les gouvernements africains renforcent l’encadrement des investissements étrangers, imposant des exigences en matière de contenu local, de transfert de compétences et de retombées économiques. Malgré ces contraintes, la confiance des investisseurs reste solide. Le rapport prévoit que l’activité de fusions-acquisitions demeurera soutenue en 2026, soutenue par des facteurs structurels tels que la croissance démographique, l’urbanisation et le repositionnement du continent dans les chaînes de valeur mondiales.





Jeudi 19 Février 2026