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Agadir: l’économie sociale et solidaire gagne du terrain dans l’économie régionale


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Lundi 2 Février 2026

À Agadir, la troisième édition du Salon régional de l’économie sociale et solidaire (ESS) s’est achevée ce dimanche 1er février 2026, après une semaine dense d’échanges, de valorisation des savoir-faire locaux et de rencontres entre coopératives, artisans et grand public. Porté par la région Souss-Massa en partenariat avec le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, l’événement confirme la montée en puissance d’un modèle économique fondé sur l’inclusion, l’ancrage territorial et la durabilité.



Une vitrine régionale pour un modèle économique alternatif

Agadir: l’économie sociale et solidaire gagne du terrain dans l’économie régionale

Depuis son ouverture le lundi 26 janvier, le Salon régional de l’économie sociale et solidaire a transformé Agadir en véritable carrefour de l’entrepreneuriat coopératif marocain. Pendant plusieurs jours, des dizaines de coopératives et d’artisans venus de différentes provinces du Souss-Massa ont exposé leurs produits, allant des dérivés de l’argan aux créations textiles, en passant par l’amlou, les cosmétiques naturels et l’artisanat revisité.
 

L’atmosphère, à la fois professionnelle et accessible, reflétait l’esprit même de l’économie sociale et solidaire : créer de la valeur économique sans rompre avec les dimensions humaines, sociales et culturelles. Pour la région Souss-Massa, fortement engagée dans la structuration de ce secteur, le salon s’impose désormais comme un rendez-vous stratégique, autant pour la visibilité des acteurs locaux que pour leur intégration progressive dans les circuits économiques formels.


Autonomie économique et accès au marché au cœur des enjeux

Conçu comme un espace de mise en réseau et de commercialisation, le salon vise avant tout à renforcer l’autonomie économique des coopératives et des artisans. Les organisateurs soulignent le rôle central de ce type de manifestation dans l’insertion professionnelle, la création d’emplois durables et l’amélioration de la compétitivité des produits du terroir.
 

Au fil des stands, les visiteurs découvrent des parcours marqués par la persévérance et l’adaptation. Fatima Lamrabet, représentante d’une coopérative spécialisée dans les produits naturels à base d’argan, résume l’enjeu avec simplicité : « Nous fabriquons des produits naturels à partir de l’argan et de ses dérivés. Ce salon nous permet de nous rapprocher directement des consommateurs et de leur expliquer notre démarche. ».
 

Au-delà de la vente directe, de nombreuses coopératives misent désormais sur les réseaux sociaux comme TikTok, Instagram ou Facebook pour toucher une clientèle plus large. « Les gens nous découvrent en ligne, puis viennent nous rencontrer ici », explique-t-elle, illustrant une hybridation progressive entre économie traditionnelle et outils numériques.


Entre contraintes structurelles et capacité d’adaptation

Si l’enthousiasme est palpable, les difficultés du secteur ne sont pas éludées. Lahcen Oudoud, représentant d’une autre coopérative, rappelle que certaines contraintes pèsent lourdement sur les filières locales. « Le prix élevé de l’argan s’explique par la rareté de la matière première, accentuée par le manque de pluviométrie », souligne-t-il. Une réalité environnementale qui affecte directement les coûts de production.
 

Face à ces contraintes, certaines coopératives font le choix de maintenir des gammes de produits cosmétiques à des prix accessibles, afin de répondre aux attentes du public tout en préservant un équilibre économique fragile. Une stratégie révélatrice des arbitrages permanents auxquels sont confrontés les acteurs de l’économie sociale et solidaire.


Créativité, identité et reconnaissance sociale

Le salon ne se limite pas à une logique marchande. Il constitue également un espace d’expression culturelle et de créativité. Mina Akhraz, présidente d’une coopérative de couture, participe pour la troisième fois à l’événement. « Nous présentons des vêtements amazighs revisités avec une touche moderne », explique-t-elle. L’accueil du public, selon elle, est un véritable moteur. « L’intérêt des visiteurs nous encourage à continuer et à aller plus loin. ».
 

Cette reconnaissance, parfois tardive, renforce la confiance des coopératives et légitime leur place dans l’économie régionale. Elle contribue aussi à changer le regard porté sur l’artisanat, de plus en plus perçu comme un secteur capable d’innover et de s’adapter aux attentes contemporaines.


Une dynamique appelée à s’ancrer durablement

Au-delà de l’événement lui-même, la troisième édition du Salon régional de l’économie sociale et solidaire confirme une tendance de fond : l’ESS gagne du terrain dans l’économie régionale du Souss-Massa. Elle s’impose progressivement comme un levier crédible d’inclusion économique, de valorisation des ressources locales et de création d’opportunités pour des populations souvent éloignées des circuits classiques.


À Agadir, l’économie sociale et solidaire ne relève plus du discours symbolique. Elle s’incarne dans des initiatives concrètes, portées par des femmes et des hommes qui conjuguent savoir-faire, résilience et esprit d’initiative. Un signal fort pour une région, et plus largement pour un Maroc en quête de modèles de développement plus équitables et durables.





Lundi 2 Février 2026