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Agriculture et pêche : 2,34 milliards de DH d'avantages fiscaux en 2026


Rédigé par le Vendredi 30 Octobre 2026

Les dépenses fiscales consacrées à l'agriculture et à la pêche atteignent 2,343 milliards de dirhams en 2026, en progression de 16,8 % sur un an. Ces données, issues du rapport accompagnant le PLF 2027, mettent en lumière les efforts fiscaux de l'État pour accompagner deux secteurs essentiels à l'économie nationale.



Les engrais et les équipements au premier plan

Agriculture et pêche : 2,34 milliards de DH d'avantages fiscaux en 2026
Le soutien public à l'agriculture et à la pêche ne passe pas uniquement par des subventions directes ou des programmes d'investissement. Il prend également la forme d'avantages fiscaux destinés à alléger certaines charges supportées par les opérateurs économiques. Selon le rapport sur les dépenses fiscales accompagnant le projet de loi de finances 2027, ces avantages représentent 2,343 milliards de dirhams en 2026, contre 2,006 milliards en 2025.

Cette progression de 16,8 % porte leur poids à 6,2 % de l'ensemble des dépenses fiscales recensées au niveau national. Une dépense fiscale correspond à une recette à laquelle l'État renonce en accordant une exonération, une réduction d'impôt ou un autre traitement fiscal favorable. Contrairement à une subvention versée directement à un bénéficiaire, cet avantage se traduit par un prélèvement fiscal réduit ou supprimé.

Dans le secteur agricole, plusieurs dispositifs concernent les équipements et les intrants nécessaires à la production. L'exonération de TVA sur les engrais, appliquée aux opérations intérieures et aux importations, représente ainsi 467 millions de dirhams en 2026, contre 176 millions un an auparavant. Cette progression importante traduit une hausse du coût fiscal associé à cette mesure. Le rapport prévoit un montant de 495 millions de dirhams pour 2027.

Autre dispositif significatif : l'avantage concernant les matériels destinés à un usage exclusivement agricole, dont le coût est évalué à 628 millions de dirhams en 2026, contre 664 millions en 2025. L'exonération accordée aux pompes à eau utilisant l'énergie solaire ou d'autres énergies renouvelables représente, quant à elle, environ 160 millions de dirhams. Ces mesures s'inscrivent dans un contexte de fortes contraintes pour l'agriculture marocaine, notamment en matière de ressources hydriques, de coûts de production et d'adaptation aux conditions climatiques.

La question de leur efficacité reste néanmoins centrale. Les exonérations fiscales peuvent réduire les coûts d'investissement ou de production, mais leur existence ne garantit pas automatiquement une amélioration des revenus agricoles ou une baisse des prix pour les consommateurs. Il importe donc d'évaluer les bénéficiaires réels de ces dispositifs, leurs effets sur l'investissement et leur contribution à la compétitivité des exploitations.

Cette réflexion concerne également les petites structures agricoles, qui ne disposent pas toujours des mêmes capacités financières que les grands opérateurs. Pour le Maroc, l'enjeu n'est pas seulement de maintenir un soutien fiscal à ces secteurs stratégiques, mais de s'assurer que chaque dirham de recette abandonnée contribue réellement à une agriculture plus productive, plus résiliente et davantage créatrice de valeur.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 30 Octobre 2026