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Agriculture marocaine : l’ADA lance un appel à projets pour structurer 20 alliances productives


Rédigé par Salma Chmanti Houari le Jeudi 26 Février 2026

Dans un contexte où la transformation des filières agricoles devient un levier essentiel de croissance économique, l’Agence pour le Développement Agricole (ADA) a officiellement lancé un appel à projets pour sélectionner vingt alliances productives, une initiative qui s’annonce comme un catalyseur pour renforcer l’intégration des petits producteurs dans des chaînes de valeur structurées et compétitives.

Annoncée le 20 février 2026, cette démarche s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui à la transformation des systèmes alimentaires (2025-2030), financé par la Banque mondiale, et s’appuie sur les résultats encourageants d’une phase pilote mise en œuvre précédemment.



Une stratégie pour accroître la valeur ajoutée

Agriculture marocaine : l’ADA lance un appel à projets pour structurer 20 alliances productives

L’objectif principal de cet appel à projets est de favoriser l’intégration durable des producteurs agricoles notamment les petits agriculteurs dans des chaînes de valeur plus structurées et plus rémunératrices.

À travers la mise en place de partenariats commerciaux solides entre groupements de producteurs et acheteurs, ce mécanisme vise à stimuler la création de valeur ajoutée, améliorer l’accès aux marchés et renforcer la compétitivité des produits agricoles marocains.
 

La notion d’« alliance productive » repose sur un modèle collaboratif dans lequel un groupement de producteurs s’associe à un ou plusieurs acheteurs, autour d’un plan d’affaires commercialement viable.

Ce plan, élaboré avec l’appui technique de l’ADA et soutenu financièrement par l’État, doit permettre de répondre aux exigences du marché en termes de qualité, volumes et régularité de l’offre. 


Un modèle qui a fait ses preuves

L’approche des alliances productives ne naît pas de zéro au Maroc.

Elle est le prolongement d’un projet pilote antérieur conduit par l’ADA dans le cadre du Programme de renforcement des chaînes de valeur agroalimentaires, également financé par la Banque mondiale.

Ce projet pilote avait déjà permis de créer une dizaine d’alliances entre des groupements de producteurs et des acheteurs dans plusieurs filières du maraîchage à l’arboriculture, en passant par les légumineuses, le miel ou encore l’huile d’argan.

Ces premiers résultats ont montré que, lorsque la production est modernisée et que des accords commerciaux clairs sont conclus, les volumes commercialisés augmentent et les revenus des producteurs peuvent se renforcer de manière significative.
 

Fort de cette expérience positive, l’ADA souhaite désormais étendre le modèle à plus grande échelle, en sélectionnant vingt alliances productives porteuses de projets solides qui pourront bénéficier d’un accompagnement étatique sur une période de deux ans


Un cadre structuré avec appui technique et financier

Les candidats intéressés par cet appel à projets doivent soumettre leurs dossiers avant la date limite du 31 mars 2026 à 16h30, soit par courrier électronique soit directement au siège de l’ADA.

Les éléments essentiels de la candidature incluent une présentation claire de la structure de producteurs, l’identification d’un ou plusieurs acheteurs partenaires, ainsi qu’un plan d’affaires détaillé répondant aux exigences du marché visé.
 

La démarche des alliances productives repose sur une logique de partenariats équilibrés et durables. En structurant la relation commerciale dès le départ, les producteurs bénéficient d’un accès prioritaire à des marchés plus rémunérateurs et fiables, capables d’absorber des volumes plus importants que les circuits traditionnels.

Ce type de lien entre producteurs et acheteurs permet aussi de réduire le rôle des intermédiaires et donc de conserver une plus grande part de la valeur ajoutée au niveau des producteurs eux-mêmes


Renforcer l’intégration dans les chaînes de valeur

Dans un secteur où l’intégration des producteurs au marché reste souvent fragmentée, l’approche des alliances productives vise à instaurer une structure plus solide et plus transparente au niveau des chaînes de valeur agricoles.

Cela inclut des engagements clairs tant du côté des producteurs que des acheteurs, et une méthodologie stricte pour l’élaboration et la mise en œuvre des plans d’affaires.

Un des défis majeurs reste d’amener les groupements à se professionnaliser, à améliorer les standards qualitatifs de leurs produits et à planifier leur production en fonction des besoins réels du marché.

Dans ce cadre, l’appui technique de l’État, via l’ADA, est un élément central pour accompagner les producteurs dans le renforcement de leurs capacités organisationnelles, productives et commerciales. 


Une cohérence avec la stratégie Génération Green

Cette initiative s’aligne sur la feuille de route définie par la stratégie Génération Green 2020-2030, qui place l’innovation organisationnelle, l’intégration des filières et le développement durable au sein des objectifs clés pour la modernisation agricole.

L’appel à projets ne se limite pas à une simple démarche économique : il s’inscrit aussi dans une logique de renforcement social et territorial, en soutenant notamment les petits agriculteurs et les coopératives rurales.
 

En cohérence avec les priorités de cette stratégie, l’approche des alliances productives favorise aussi une meilleure distribution du revenu agricole, l’accès à des circuits de distribution structurés et une plus grande capacité des acteurs locaux à répondre aux standards exigés par les marchés nationaux et internationaux.


Un potentiel de transformation durable

À long terme, la mise en place de ces vingt alliances productives pourrait avoir un effet multiplicateur sur l’ensemble du secteur agricole marocain.

En encourageant les groupements de producteurs à structurer leur production autour de plans d’affaires solides et des relations commerciales durables avec des acheteurs, le modèle permet de réduire l’incertitude des marchés, d’optimiser les volumes produits et de mieux répondre à la demande croissante du marché domestique et extérieur.
 

De plus, en facilitant l’intégration des petits agriculteurs dans des filières plus rentables, cette initiative peut contribuer à diminuer le rôle des intermédiaires traditionnels, augmenter la valeur ajoutée captée au niveau local, et donc améliorer significativement les revenus des producteurs.
 

L’appel à projets de l’ADA représente donc une étape remarquable dans la transformation des chaînes de valeur agricoles au Maroc, en mettant en avant une démarche innovante et inclusive.

En renforçant l’articulation entre production, organisation et marché, ce modèle pourrait devenir une référence pour d’autres pays cherchant à moderniser leur agriculture tout en valorisant l’économie rurale.





Jeudi 26 Février 2026