Arabie saoudite : MBS peut-il vraiment sortir le royaume du pétrole ?
Au cœur de ce système se trouve la famille Al Saoud, dynastie tentaculaire dont la puissance repose sur une équation historique simple : territoire, religion, pétrole et alliance stratégique avec les États-Unis. Depuis la découverte de l’or noir, le royaume a bâti une richesse colossale, structurée autour d’Aramco, l’une des entreprises les plus rentables et stratégiques de la planète.
Mais l’enjeu n’est plus seulement la richesse. Il est désormais le contrôle.
Avec Mohammed ben Salmane, dit MBS, l’Arabie saoudite est entrée dans une nouvelle phase. Le prince héritier n’a pas seulement modernisé certains aspects visibles du royaume. Il a surtout centralisé le pouvoir avec une brutalité politique assumée. La purge du Ritz-Carlton en 2017 a marqué une rupture : sous couvert de lutte anticorruption, elle a redistribué les rapports de force au sein de l’élite royale et économique.
MBS a compris que la survie du royaume ne pouvait plus reposer uniquement sur la rente pétrolière. Vision 2030 est née de cette inquiétude stratégique : comment transformer un État rentier en économie diversifiée, attractive, touristique, industrielle et technologique ? Le projet est immense. Il combine mégaprojets urbains, tourisme de luxe, sport global, divertissement, intelligence artificielle, énergie, industrie et finance souveraine.
Mais cette ambition a un coût. NEOM, The Line, Qiddiya, Diriyah ou Red Sea Global incarnent une volonté de projeter l’Arabie saoudite dans le futur. En même temps, plusieurs de ces chantiers connaissent des arbitrages, des ralentissements et des redimensionnements. Les contrats liés aux giga-projets ont atteint 120,4 milliards de dollars à fin janvier 2026, mais le rythme des nouvelles attributions a nettement ralenti, selon la Direction générale du Trésor français.
Le pouvoir saoudien avance donc sur une ligne étroite. Il doit séduire les investisseurs internationaux sans ouvrir réellement le champ politique. Il doit moderniser la société sans affaiblir le contrôle central. Il doit attirer touristes, sportifs, artistes et capitaux, tout en restant sous le feu des critiques sur les droits humains, la liberté d’expression et la guerre au Yémen.
Le sport est devenu une pièce maîtresse de cette stratégie. Football, Formule 1, boxe, golf, Coupe du monde 2034 : Riyad achète de la visibilité, mais aussi du temps politique. L’objectif est clair : faire du royaume une marque mondiale, capable de rivaliser avec Dubaï, Doha ou Abu Dhabi, tout en imposant son propre modèle.
La situation actuelle révèle cependant un retour au réalisme. La baisse des cours du brut a poussé Riyad à recourir davantage à l’endettement pour financer ses ambitions, alors que l’économie reste encore dépendante des revenus pétroliers. Le Monde signalait déjà que le royaume devait arbitrer entre ses grands projets, ses priorités internationales et ses contraintes budgétaires.
Pour le Maroc, cette évolution est loin d’être secondaire. Rabat et Riyad cherchent à renforcer leur coopération économique, notamment dans l’investissement, l’industrie, la logistique, les infrastructures et les partenariats Sud-Sud. En juillet 2025, les deux pays ont réaffirmé leur volonté de consolider leur dialogue économique et leurs investissements croisés. Le Maroc peut y voir une opportunité : attirer davantage de capitaux saoudiens, mais sans dépendance excessive, en orientant ces investissements vers l’industrie, l’énergie, le tourisme durable et les infrastructures régionales.
La vraie question est donc celle-ci : l’Arabie saoudite est-elle en train de réussir sa mue, ou simplement de maquiller la rente pétrolière par des symboles futuristes ? La réponse n’est pas tranchée. MBS a déjà transformé l’image du royaume. Il reste à prouver qu’il peut transformer durablement son économie.
Car la puissance ne se mesure plus seulement au nombre de barils produits, ni aux tours futuristes annoncées. Elle se mesure à la capacité d’un État à créer de la valeur, à stabiliser sa société, à attirer les talents et à survivre au monde qu’il a lui-même contribué à façonner.
Mais l’enjeu n’est plus seulement la richesse. Il est désormais le contrôle.
Avec Mohammed ben Salmane, dit MBS, l’Arabie saoudite est entrée dans une nouvelle phase. Le prince héritier n’a pas seulement modernisé certains aspects visibles du royaume. Il a surtout centralisé le pouvoir avec une brutalité politique assumée. La purge du Ritz-Carlton en 2017 a marqué une rupture : sous couvert de lutte anticorruption, elle a redistribué les rapports de force au sein de l’élite royale et économique.
MBS a compris que la survie du royaume ne pouvait plus reposer uniquement sur la rente pétrolière. Vision 2030 est née de cette inquiétude stratégique : comment transformer un État rentier en économie diversifiée, attractive, touristique, industrielle et technologique ? Le projet est immense. Il combine mégaprojets urbains, tourisme de luxe, sport global, divertissement, intelligence artificielle, énergie, industrie et finance souveraine.
Mais cette ambition a un coût. NEOM, The Line, Qiddiya, Diriyah ou Red Sea Global incarnent une volonté de projeter l’Arabie saoudite dans le futur. En même temps, plusieurs de ces chantiers connaissent des arbitrages, des ralentissements et des redimensionnements. Les contrats liés aux giga-projets ont atteint 120,4 milliards de dollars à fin janvier 2026, mais le rythme des nouvelles attributions a nettement ralenti, selon la Direction générale du Trésor français.
Le pouvoir saoudien avance donc sur une ligne étroite. Il doit séduire les investisseurs internationaux sans ouvrir réellement le champ politique. Il doit moderniser la société sans affaiblir le contrôle central. Il doit attirer touristes, sportifs, artistes et capitaux, tout en restant sous le feu des critiques sur les droits humains, la liberté d’expression et la guerre au Yémen.
Le sport est devenu une pièce maîtresse de cette stratégie. Football, Formule 1, boxe, golf, Coupe du monde 2034 : Riyad achète de la visibilité, mais aussi du temps politique. L’objectif est clair : faire du royaume une marque mondiale, capable de rivaliser avec Dubaï, Doha ou Abu Dhabi, tout en imposant son propre modèle.
La situation actuelle révèle cependant un retour au réalisme. La baisse des cours du brut a poussé Riyad à recourir davantage à l’endettement pour financer ses ambitions, alors que l’économie reste encore dépendante des revenus pétroliers. Le Monde signalait déjà que le royaume devait arbitrer entre ses grands projets, ses priorités internationales et ses contraintes budgétaires.
Pour le Maroc, cette évolution est loin d’être secondaire. Rabat et Riyad cherchent à renforcer leur coopération économique, notamment dans l’investissement, l’industrie, la logistique, les infrastructures et les partenariats Sud-Sud. En juillet 2025, les deux pays ont réaffirmé leur volonté de consolider leur dialogue économique et leurs investissements croisés. Le Maroc peut y voir une opportunité : attirer davantage de capitaux saoudiens, mais sans dépendance excessive, en orientant ces investissements vers l’industrie, l’énergie, le tourisme durable et les infrastructures régionales.
La vraie question est donc celle-ci : l’Arabie saoudite est-elle en train de réussir sa mue, ou simplement de maquiller la rente pétrolière par des symboles futuristes ? La réponse n’est pas tranchée. MBS a déjà transformé l’image du royaume. Il reste à prouver qu’il peut transformer durablement son économie.
Car la puissance ne se mesure plus seulement au nombre de barils produits, ni aux tours futuristes annoncées. Elle se mesure à la capacité d’un État à créer de la valeur, à stabiliser sa société, à attirer les talents et à survivre au monde qu’il a lui-même contribué à façonner.


