Entre 2021 et 2025, les échanges Maroc-Algérie auraient chuté d’environ 760 à 79 millions de dollars, selon une série attribuée à Asharq Bloomberg . Alger enregistre la plus forte diminution de ventes bilatérales. Mais cette asymétrie ne suffit pas à établir le coût économique net de la rupture pour chaque pays.
Les ventes algériennes au Maroc enregistrent la plus forte baisse en dollars
La contraction est spectaculaire, le commerce bilatéral passe de près de 760 millions de dollars en 2021 à environ 79 millions en 2025. Cela représente une baisse voisine de 89,6 %. Les étapes intermédiaires décrivent un décrochage durable : 243,9 millions en 2022, 128,6 millions en 2023 et 88,2 millions en 2024. Ces montants mesurent des échanges en valeur ; ils ne permettent pas, seuls, de distinguer les effets des prix de ceux des quantités.
L’asymétrie apparaît dans les deux sens du commerce.
Les exportations marocaines vers l’Algérie seraient tombées de 114,5 millions de dollars à 0,1 million, soit environ cent mille dollars. Les ventes algériennes au Maroc seraient passées de 644,8 millions à quelque 79 millions. La diminution atteint donc environ 114,4 millions côté marocain et 566 millions côté algérien : presque cinq fois davantage en valeur absolue.
Une réserve demeure : les reprises consultées divergent légèrement sur le montant algérien de 2025 et son articulation avec le total. Il est donc préférable de retenir « environ 79 millions », plutôt qu’une précision trompeuse. La source statistique originelle reste également à retrouver.
La chronologie politique, elle, est établie. Alger a annoncé la rupture diplomatique le 24 août 2021, invoquant des actions hostiles du Maroc, accusations contestées par Rabat. La décision a aggravé une séparation ancienne : la frontière terrestre était déjà fermée depuis 1994.
Une baisse des exportations ne mesure pas toute la facture de la rupture
Dire que l’Algérie a perdu davantage de ventes sur le marché marocain est cohérent avec cette série. Affirmer qu’elle a perdu définitivement la même somme de revenus exige une démonstration supplémentaire. Un fournisseur peut réorienter une partie de ses marchandises vers d’autres clients. Il faut alors mesurer les prix obtenus, les coûts de transport et les marges conservées.
Le dossier gazier illustre cette distinction. Le contrat de transit du gaz algérien par le Maroc a expiré le 31 octobre 2021 sans renouvellement. L’Algérie disposait aussi de Medgaz, liaison directe avec l’Espagne, et de livraisons de gaz naturel liquéfié. La fin d’un itinéraire ne signifiait donc pas la disparition de toutes les possibilités d’exportation correspondantes.
Le Maroc a, de son côté, dû réorganiser son approvisionnement. Le GME a commencé à fonctionner depuis l’Espagne vers le royaume en juin 2022. Présenter cette infrastructure comme simplement « fermée » efface cette adaptation. Son coût ne peut toutefois être déduit du seul tableau des échanges avec l’Algérie.
Pour les entreprises marocaines privées du marché algérien, une perte limitée à l’échelle nationale peut aussi peser lourd à l’échelle d’une activité. Sans données sur les débouchés de remplacement, qualifier l’effet économique de négligeable serait prématuré.
Le constat le plus solide reste celui d’un voisinage commercial presque effacé. Alger affiche la plus forte baisse de ventes bilatérales ; Rabat a presque cessé d’exporter vers son voisin. Pour établir qui supporte réellement la facture la plus lourde, il manque encore les coûts de substitution, les recettes réorientées et les occasions d’investissement abandonnées.
Les ventes algériennes au Maroc enregistrent la plus forte baisse en dollars
La contraction est spectaculaire, le commerce bilatéral passe de près de 760 millions de dollars en 2021 à environ 79 millions en 2025. Cela représente une baisse voisine de 89,6 %. Les étapes intermédiaires décrivent un décrochage durable : 243,9 millions en 2022, 128,6 millions en 2023 et 88,2 millions en 2024. Ces montants mesurent des échanges en valeur ; ils ne permettent pas, seuls, de distinguer les effets des prix de ceux des quantités.
L’asymétrie apparaît dans les deux sens du commerce.
Les exportations marocaines vers l’Algérie seraient tombées de 114,5 millions de dollars à 0,1 million, soit environ cent mille dollars. Les ventes algériennes au Maroc seraient passées de 644,8 millions à quelque 79 millions. La diminution atteint donc environ 114,4 millions côté marocain et 566 millions côté algérien : presque cinq fois davantage en valeur absolue.
Une réserve demeure : les reprises consultées divergent légèrement sur le montant algérien de 2025 et son articulation avec le total. Il est donc préférable de retenir « environ 79 millions », plutôt qu’une précision trompeuse. La source statistique originelle reste également à retrouver.
La chronologie politique, elle, est établie. Alger a annoncé la rupture diplomatique le 24 août 2021, invoquant des actions hostiles du Maroc, accusations contestées par Rabat. La décision a aggravé une séparation ancienne : la frontière terrestre était déjà fermée depuis 1994.
Une baisse des exportations ne mesure pas toute la facture de la rupture
Dire que l’Algérie a perdu davantage de ventes sur le marché marocain est cohérent avec cette série. Affirmer qu’elle a perdu définitivement la même somme de revenus exige une démonstration supplémentaire. Un fournisseur peut réorienter une partie de ses marchandises vers d’autres clients. Il faut alors mesurer les prix obtenus, les coûts de transport et les marges conservées.
Le dossier gazier illustre cette distinction. Le contrat de transit du gaz algérien par le Maroc a expiré le 31 octobre 2021 sans renouvellement. L’Algérie disposait aussi de Medgaz, liaison directe avec l’Espagne, et de livraisons de gaz naturel liquéfié. La fin d’un itinéraire ne signifiait donc pas la disparition de toutes les possibilités d’exportation correspondantes.
Le Maroc a, de son côté, dû réorganiser son approvisionnement. Le GME a commencé à fonctionner depuis l’Espagne vers le royaume en juin 2022. Présenter cette infrastructure comme simplement « fermée » efface cette adaptation. Son coût ne peut toutefois être déduit du seul tableau des échanges avec l’Algérie.
Pour les entreprises marocaines privées du marché algérien, une perte limitée à l’échelle nationale peut aussi peser lourd à l’échelle d’une activité. Sans données sur les débouchés de remplacement, qualifier l’effet économique de négligeable serait prématuré.
Le constat le plus solide reste celui d’un voisinage commercial presque effacé. Alger affiche la plus forte baisse de ventes bilatérales ; Rabat a presque cessé d’exporter vers son voisin. Pour établir qui supporte réellement la facture la plus lourde, il manque encore les coûts de substitution, les recettes réorientées et les occasions d’investissement abandonnées.
Qui perd le plus avec la chute des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Algérie ?
Selon la série attribuée à Asharq Bloomberg et reprise dans la presse, les ventes algériennes au Maroc ont diminué d’environ 566 millions de dollars entre 2021 et 2025, contre 114,4 millions pour les ventes marocaines vers l’Algérie. Alger enregistre donc la plus forte baisse bilatérale en dollars.