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Amal Seghrouchni : Le Maroc réaffirme son rôle de puissance pivot du numérique lors de l’ouverture de GITEX AFRICA Morocco 2026 à Marrakech


À l’ouverture de GITEX AFRICA Morocco 2026, la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amel Ezzahraa Falah Essaghrichni, a souligné que le Royaume consolide sa position d’acteur central des transformations numériques mondiales, porté par une vision stratégique qui fait de la technologie un levier de souveraineté et de développement durable.



La ministre a ouvert la séance inaugurale en souhaitant la bienvenue aux participants à Marrakech, décrite comme un espace historique du savoir et du rayonnement intellectuel, et aujourd’hui pont vivant entre un héritage civilisationnel riche et des perspectives d’avenir fondées sur l’innovation. Elle a insisté sur la parfaite concordance de cette dynamique avec la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste.

Elle a rappelé que GITEX AFRICA Morocco s’impose désormais comme une plateforme stratégique incontournable à l’échelle continentale et internationale, réunissant plus de 50 000 participants, parmi lesquels des décideurs, innovateurs, investisseurs et experts venus du monde entier. Marrakech devient ainsi un lieu où se dessine l’avenir numérique du continent africain, tout en contribuant à la recomposition des équilibres technologiques à l’échelle globale.

Amel Ezzahraa Falah Essaghrichni a insisté sur le fait que le Maroc relève aujourd’hui un véritable pari technologique visant à établir un nouveau modèle de souveraineté numérique, fondé sur le passage de la vision à l’exécution. Ce pari s’inscrit dans un contexte de mutations profondes qui dépassent la géopolitique pour toucher les rapports de force technologiques, scientifiques et économiques.

La ministre a identifié deux transformations majeures à l’œuvre dans le monde contemporain: le retour de conflits internationaux de haute intensité et l’accélération inédite des avancées en intelligence artificielle. Cette dernière est simultanément un outil de compétitivité, un enjeu de souveraineté, un objet de régulation et un mode renouvelé de gestion et de gouvernance.

Elle a précisé que le Maroc, fort de sa position géographique et de son histoire de passerelle entre le Nord et le Sud, a choisi une approche ouverte fondée sur la construction de ponts et la mobilisation coordonnée des acteurs nationaux et internationaux, afin de définir une trajectoire marocaine intégrée de gouvernance numérique augmentée par l’IA. Cette vision repose sur une double exigence alliant lecture critique du paysage technologique global et conviction que le multilatéralisme ouvert demeure la voie la plus à même de relever les défis partagés.

La ministre a averti que l’IA, malgré des opportunités sans précédent, risque d’accentuer les fractures mondiales à mesure que s’intensifie la compétition entre grandes puissances pour le contrôle des chaînes de valeur liées au calcul avancé, aux puces et aux capacités de traitement. Elle a appelé à la création d’alliances nouvelles et innovantes pour faire face aux défis touchant à la paix, à la prospérité et à la stabilité.

Elle a souligné que la compétition technologique mondiale se joue désormais sur le terrain des investissements, des capacités industrielles et de la souveraineté scientifique, citant les efforts massifs engagés par les États-Unis, la Chine et l’Union européenne pour conforter leurs positions en matière d’intelligence artificielle. L’ambition du Maroc n’est pas d’entrer dans une rivalité classique avec ces puissances, mais d’“inventer un nouveau jeu”, en empruntant une “troisième voie” proprement marocaine qui place le citoyen au cœur de la transformation numérique et conjugue authenticité et modernité.

Cette ambition consiste à bâtir une puissance technologique qui ne se mesure pas à l’aune de l’hégémonie, mais à sa capacité à fédérer les efforts et à mettre l’innovation au service du développement et de l’intérêt général, aux niveaux national et international. Elle implique aussi l’anticipation des prochaines vagues de rupture, au premier rang desquelles la révolution des technologies quantiques, appelée à reconfigurer les capacités de calcul, la sécurité des données et les équilibres mondiaux.

Face aux recompositions géopolitiques actuelles, la souveraineté technologique s’impose plus que jamais comme une priorité stratégique. Les modèles divergent entre libéralisme technologique américain, centralité étatique chinoise et approche européenne qui cherche l’équilibre entre innovation et régulation. Dans ce contexte, le Maroc apparaît en mesure d’incarner une troisième voie en matière de numérique et d’IA, articulée autour de quatre piliers: une souveraineté technologique opérante au service de l’intérêt général, une modernité enracinée respectant les spécificités nationales, une puissance technologique d’équilibre reliant l’Afrique à l’Europe et à l’espace atlantique, et un rôle moteur dans le renforcement du dialogue international sur les enjeux du numérique et de l’IA.

La ministre a conclu que le Royaume, fort de sa position stratégique, de la diversité de ses partenariats et de son engagement dans le dialogue multilatéral, dispose d’atouts solides pour devenir une plateforme internationale du débat sur une IA éthique, conciliant innovation, souveraineté et responsabilité. Sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, le Maroc poursuivra avec constance l’édification d’un modèle numérique souverain, inclusif et compétitif, capable d’accompagner les mutations globales et de répondre aux défis de l’avenir.
Mardi 7 Avril 2026