Par Omar Hasnaoui PhD Fondation Hélios
Omar Hasnaoui
La souveraineté d’un État ne saurait être une notion abstraite, ni une revendication perpétuellement renvoyée à des échéances incertaines. Elle appelle des responsabilités, des actes et une continuité dans l’action.Le communiqué du Cabinet royal du 30 octobre traduit précisément cette volonté.
Au-delà de la réaction à la non-reconduction du mandat de la MINURSO, il exprime une lecture politique d’un moment diplomatique particulier : le Maroc entend tirer les conséquences d’une évolution internationale qui place désormais son initiative d’autonomie au centre des discussions. Il ne s’agit pas simplement de tourner une page, mais de ne plus laisser le règlement du différend enfermé dans les paramètres qui ont entretenu son immobilisme.
Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni se sont exprimés le 30 octobre 2026 devant le Conseil de sécurité sur le Sahara marocain. Leurs interventions appellent une lecture approfondie des déclarations, la position prise à l'égard du Royaume du Maroc et de la résolution, et la portée politique des formulations retenues. Il y a trois notions fondamentales à considérer : le soutien au plan d'autonomie, la reconnaissance de la souveraineté du Maroc et l'attitude à l'égard du mandat de la MINURSO.
Mike Waltz, représentant des États-Unis, a prononcé l'intervention la plus argumentée. Elle défend evidemment le projet américain et plaide surtout pour un changement de cadre. Il rappelle que les Nations unies doutent depuis près de trente ans de la possibilité d'organiser un référendum, et il cite à l'appui Boutros-Ghali, Kofi Annan et James Baker. Il en tire la conséquence sur l'autodétermination : « Of course, the United States supports the principle of self-determination. There are many ways to realize and express the will of any given people. » Washington admet donc que le référendum n'est plus l'unique voie de l'autodétermination.
L’ambassadeur américain rappelle que la résolution 2797 de 2025 a fait du plan d'autonomie marocain la base des négociations, que trois rounds de discussions de haut niveau se sont tenus avec les parties et les observateurs, et qu'il refuse « un statu quo qui condamnerait les populations concernées à cinq décennies de plus ». Il insiste sur le sort des camps de Tindouf, où des générations naissent et vivent depuis cinquante ans, et il cite les constats des Nations unies sur la malnutrition des enfants de moins de cinq ans. Il conteste enfin le maintien d'une mission dont l'intitulé renvoie à un référendum que l'ONU ne prépare plus depuis des décennies. La conséquence qu'il en tire est une réduction de la présence de la MINURSO, qui devra être ordonnée, stable et protectrice du personnel onusien. J'y lis la volonté de sortir de la logique référendaire et de placer l'autonomie sous souveraineté marocaine au centre du processus.
Jérôme Bonnafont, ambassadeur de France auprès des Nations unies, a tenu les propos les plus percutants les plus précis. « Le présent et l'avenir du Sahara occidental s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine. » Il ajoute : « C'est donc bien sur la seule base du plan d'autonomie marocain que nous appelons au réengagement des discussions pour aboutir à une solution juste, durable et négociée. » la France regrette le veto russe. Il a souligné en s’adressant au représentant de la Russie qu'il était temps d'avancer et que le statu quo n'était pas une option.
La France ne se contente plus de qualifier le plan de proposition crédible. Elle situe le Sahara dans son présent comme dans son avenir, sous souveraineté marocaine. Cette formule dépasse le soutien à une base de négociation et énonce une position sur le statut même du territoire.
Sarah MacIntosh, représentante permanente du Royaume-Uni, s'est exprimée en termes nets : « Morocco’s 2007 autonomy proposal is the most credible, viable, and pragmatic basis for a lasting resolution of the dispute. » , le plan d'autonomie de 2007 est la base la plus crédible, viable et pragmatique d'un règlement durable. Elle a dit l'immense déception de Londres devant le veto russe, salué le rôle des Américains dans la préparation du texte et soutenu l'action de Staffan de Mistura.
Elle a appelé à une solution juste, durable et mutuellement agréée, qui respecte de manière significative le principe d'autodétermination. Après l'échec des deux textes, le Royaume-Uni a invité les membres qui n'avaient pas soutenu le projet américain, lequel avait recueilli onze voix, à chercher une issue sur sa base.
Londres rejoint Washington et Paris sur la centralité du plan, tout en conservant dans son langage la référence à l'autodétermination et à une solution agréée par les parties. Pour mémoire les chiffres du vote donnent le cadre. Le projet américain S/2026/868 a recueilli onze voix pour, une contre, celle de la Russie, et trois abstentions. Le veto russe l'a bloqué. Le projet russe S/2026/870 a obtenu trois voix pour, une contre, celle des États-Unis, et onze abstentions, et s'est heurté à un veto américain.
Aucun texte n'a été adopté, et le mandat de la MINURSO arrivait à expiration le 31 octobre 2026. Le communiqué du Cabinet royal du 30 octobre considère le mandat n'ayant pas été reconduit, la présence de la mission dans les provinces du Sud doit cesser dans les prochains jours.
Enfin, trois éléments me paraissent à retenir. Les trois membres du Conseil de sécurité convergent sur le cadre : le plan d'autonomie est désormais au cœur de la recherche d'un règlement, même si leurs formulations diffèrent. La France franchit un seuil en parlant de souveraineté marocaine sur le présent et l'avenir du territoire. Le Royaume-Uni s'en tient à la qualification du plan comme base la plus crédible, et les États-Unis veulent en faire une architecture de règlement.
Sur la MINURSO, la France et le Royaume-Uni redoutent les conséquences sécuritaires d'une disparition brutale de la mission, et Washington, qui souhaite sa transformation, entend éviter un vide sécuritaire et humanitaire. L'accord porte donc sur le cadre politique. Il est moins assuré sur les modalités institutionnelles et sécuritaires de la transition.
Omar Hasnaoui
Président-fondateur de la Fondation Hélios pour le Dialogue Stratégique et le Développement Durable
Au-delà de la réaction à la non-reconduction du mandat de la MINURSO, il exprime une lecture politique d’un moment diplomatique particulier : le Maroc entend tirer les conséquences d’une évolution internationale qui place désormais son initiative d’autonomie au centre des discussions. Il ne s’agit pas simplement de tourner une page, mais de ne plus laisser le règlement du différend enfermé dans les paramètres qui ont entretenu son immobilisme.
Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni se sont exprimés le 30 octobre 2026 devant le Conseil de sécurité sur le Sahara marocain. Leurs interventions appellent une lecture approfondie des déclarations, la position prise à l'égard du Royaume du Maroc et de la résolution, et la portée politique des formulations retenues. Il y a trois notions fondamentales à considérer : le soutien au plan d'autonomie, la reconnaissance de la souveraineté du Maroc et l'attitude à l'égard du mandat de la MINURSO.
Mike Waltz, représentant des États-Unis, a prononcé l'intervention la plus argumentée. Elle défend evidemment le projet américain et plaide surtout pour un changement de cadre. Il rappelle que les Nations unies doutent depuis près de trente ans de la possibilité d'organiser un référendum, et il cite à l'appui Boutros-Ghali, Kofi Annan et James Baker. Il en tire la conséquence sur l'autodétermination : « Of course, the United States supports the principle of self-determination. There are many ways to realize and express the will of any given people. » Washington admet donc que le référendum n'est plus l'unique voie de l'autodétermination.
L’ambassadeur américain rappelle que la résolution 2797 de 2025 a fait du plan d'autonomie marocain la base des négociations, que trois rounds de discussions de haut niveau se sont tenus avec les parties et les observateurs, et qu'il refuse « un statu quo qui condamnerait les populations concernées à cinq décennies de plus ». Il insiste sur le sort des camps de Tindouf, où des générations naissent et vivent depuis cinquante ans, et il cite les constats des Nations unies sur la malnutrition des enfants de moins de cinq ans. Il conteste enfin le maintien d'une mission dont l'intitulé renvoie à un référendum que l'ONU ne prépare plus depuis des décennies. La conséquence qu'il en tire est une réduction de la présence de la MINURSO, qui devra être ordonnée, stable et protectrice du personnel onusien. J'y lis la volonté de sortir de la logique référendaire et de placer l'autonomie sous souveraineté marocaine au centre du processus.
Jérôme Bonnafont, ambassadeur de France auprès des Nations unies, a tenu les propos les plus percutants les plus précis. « Le présent et l'avenir du Sahara occidental s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine. » Il ajoute : « C'est donc bien sur la seule base du plan d'autonomie marocain que nous appelons au réengagement des discussions pour aboutir à une solution juste, durable et négociée. » la France regrette le veto russe. Il a souligné en s’adressant au représentant de la Russie qu'il était temps d'avancer et que le statu quo n'était pas une option.
La France ne se contente plus de qualifier le plan de proposition crédible. Elle situe le Sahara dans son présent comme dans son avenir, sous souveraineté marocaine. Cette formule dépasse le soutien à une base de négociation et énonce une position sur le statut même du territoire.
Sarah MacIntosh, représentante permanente du Royaume-Uni, s'est exprimée en termes nets : « Morocco’s 2007 autonomy proposal is the most credible, viable, and pragmatic basis for a lasting resolution of the dispute. » , le plan d'autonomie de 2007 est la base la plus crédible, viable et pragmatique d'un règlement durable. Elle a dit l'immense déception de Londres devant le veto russe, salué le rôle des Américains dans la préparation du texte et soutenu l'action de Staffan de Mistura.
Elle a appelé à une solution juste, durable et mutuellement agréée, qui respecte de manière significative le principe d'autodétermination. Après l'échec des deux textes, le Royaume-Uni a invité les membres qui n'avaient pas soutenu le projet américain, lequel avait recueilli onze voix, à chercher une issue sur sa base.
Londres rejoint Washington et Paris sur la centralité du plan, tout en conservant dans son langage la référence à l'autodétermination et à une solution agréée par les parties. Pour mémoire les chiffres du vote donnent le cadre. Le projet américain S/2026/868 a recueilli onze voix pour, une contre, celle de la Russie, et trois abstentions. Le veto russe l'a bloqué. Le projet russe S/2026/870 a obtenu trois voix pour, une contre, celle des États-Unis, et onze abstentions, et s'est heurté à un veto américain.
Aucun texte n'a été adopté, et le mandat de la MINURSO arrivait à expiration le 31 octobre 2026. Le communiqué du Cabinet royal du 30 octobre considère le mandat n'ayant pas été reconduit, la présence de la mission dans les provinces du Sud doit cesser dans les prochains jours.
Enfin, trois éléments me paraissent à retenir. Les trois membres du Conseil de sécurité convergent sur le cadre : le plan d'autonomie est désormais au cœur de la recherche d'un règlement, même si leurs formulations diffèrent. La France franchit un seuil en parlant de souveraineté marocaine sur le présent et l'avenir du territoire. Le Royaume-Uni s'en tient à la qualification du plan comme base la plus crédible, et les États-Unis veulent en faire une architecture de règlement.
Sur la MINURSO, la France et le Royaume-Uni redoutent les conséquences sécuritaires d'une disparition brutale de la mission, et Washington, qui souhaite sa transformation, entend éviter un vide sécuritaire et humanitaire. L'accord porte donc sur le cadre politique. Il est moins assuré sur les modalités institutionnelles et sécuritaires de la transition.
Omar Hasnaoui
Président-fondateur de la Fondation Hélios pour le Dialogue Stratégique et le Développement Durable