Le golfe du Mexique est devenu le « golfe d’Amérique » dans la nomenclature fédérale américaine. En août, Donald Trump a signé un décret visant à rebaptiser le lac Ontario « lac America » dans les documents des États-Unis. À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le 22 septembre 2026, le président américain a porté cette bataille des noms sur un terrain moins géographique : l’intelligence artificielle.
Trump veut que son gouvernement parle désormais de super intelligence, ou « superintelligence ». Son argument tient en une idée : le mot « artificielle » ferait paraître cette technologie « fausse », alors qu’il la juge bien réelle et remarquable. Il a annoncé que les documents américains emploieraient « super » à la place d’« artificielle » et invité le reste du monde à suivre cet exemple.
Trump veut que son gouvernement parle désormais de super intelligence, ou « superintelligence ». Son argument tient en une idée : le mot « artificielle » ferait paraître cette technologie « fausse », alors qu’il la juge bien réelle et remarquable. Il a annoncé que les documents américains emploieraient « super » à la place d’« artificielle » et invité le reste du monde à suivre cet exemple.
Une annonce présidentielle n’est pas encore une terminologie appliquée
La portée exacte de cette déclaration demeure incertaine. Au moment où Trump s’exprimait, aucun ordre officiel imposant ce changement à l’ensemble de l’administration n’était clairement établi. Il faut donc distinguer son intention affichée d’un remplacement déjà effectif dans tous les textes fédéraux. Parler d’une « interdiction » du terme « intelligence artificielle » irait, à ce stade, plus loin que les faits vérifiés.
Le précédent du golfe montre toutefois que ces annonces peuvent déboucher sur des actes administratifs. En janvier 2025, un décret avait demandé aux agences fédérales d’adopter l’appellation « Gulf of America ». Pour le lac Ontario, un autre décret a engagé une procédure de changement dans les usages américains. Dans les deux cas, Washington peut fixer les noms employés par ses propres services ; il ne décide pas, à lui seul, de ceux qu’utilisent les autres pays.
Le canal de Panama, souvent cité dans la même série de déclarations, appelle une autre précision : Trump a évoqué sa reprise et contesté l’influence chinoise autour de cette voie maritime, mais il ne l’a pas rebaptisé. Son discours sur le canal relève d’un différend de souveraineté et d’influence, distinct des décrets de changement de nom.
Le précédent du golfe montre toutefois que ces annonces peuvent déboucher sur des actes administratifs. En janvier 2025, un décret avait demandé aux agences fédérales d’adopter l’appellation « Gulf of America ». Pour le lac Ontario, un autre décret a engagé une procédure de changement dans les usages américains. Dans les deux cas, Washington peut fixer les noms employés par ses propres services ; il ne décide pas, à lui seul, de ceux qu’utilisent les autres pays.
Le canal de Panama, souvent cité dans la même série de déclarations, appelle une autre précision : Trump a évoqué sa reprise et contesté l’influence chinoise autour de cette voie maritime, mais il ne l’a pas rebaptisé. Son discours sur le canal relève d’un différend de souveraineté et d’influence, distinct des décrets de changement de nom.
Le mot « superintelligence » change aussi le sens
La difficulté dépasse la communication politique. « Intelligence artificielle » désigne une famille de technologies et de systèmes aux capacités très diverses. « Superintelligence » suggère, elle, un niveau d’intelligence supérieur à celui des humains. Employer ce dernier mot pour tous les outils d’IA, y compris les systèmes actuels, reviendrait à leur attribuer une capacité que leur seul nom ne démontre pas. L’institut américain des normes et de la technologie, le NIST, continue d’ailleurs de définir et d’utiliser le terme artificial intelligence dans son glossaire.
Cette proposition s’inscrit enfin dans une ligne politique. À l’ONU, Trump a défendu la puissance américaine dans l’IA et rejeté l’idée d’un contrôle mondial de cette technologie. Rebaptiser l’IA permettrait d’en souligner la promesse et la puissance. Mais un changement de vocabulaire ne répondrait pas, à lui seul, aux questions de fiabilité, de sécurité et de responsabilité que soulèvent ces systèmes.
Donald Trump a fait des noms un instrument de présidence. Cette fois, l’enjeu est plus sensible qu’une carte : si l’administration adopte « superintelligence », elle modifiera la façon dont elle présente une technologie qu’elle entend placer au cœur de sa stratégie. Reste à savoir si les textes suivront la déclaration — et si un mot plus spectaculaire aidera réellement à mieux comprendre ce que l’IA sait faire.
Cette proposition s’inscrit enfin dans une ligne politique. À l’ONU, Trump a défendu la puissance américaine dans l’IA et rejeté l’idée d’un contrôle mondial de cette technologie. Rebaptiser l’IA permettrait d’en souligner la promesse et la puissance. Mais un changement de vocabulaire ne répondrait pas, à lui seul, aux questions de fiabilité, de sécurité et de responsabilité que soulèvent ces systèmes.
Donald Trump a fait des noms un instrument de présidence. Cette fois, l’enjeu est plus sensible qu’une carte : si l’administration adopte « superintelligence », elle modifiera la façon dont elle présente une technologie qu’elle entend placer au cœur de sa stratégie. Reste à savoir si les textes suivront la déclaration — et si un mot plus spectaculaire aidera réellement à mieux comprendre ce que l’IA sait faire.