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Après les ports, la bataille des entrepôts : pourquoi les grands fonds mondiaux achètent la logistique marocaine


Rédigé par La rédaction le Lundi 17 Août 2026

Le Maroc attire depuis plusieurs années les industriels. Il commence désormais à attirer ceux qui veulent contrôler les routes invisibles entre l’usine, l’entrepôt, le port et le consommateur.



Après les ports, la bataille des entrepôts : pourquoi les grands fonds mondiaux achètent la logistique marocaine
A.P. Moller Capital a annoncé un accord pour acquérir une participation majoritaire dans Globex Investissement, groupe marocain actif dans la logistique et le transport. L’opération reste soumise aux conditions habituelles de réalisation, mais elle confirme l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour les infrastructures logistiques marocaines.

Le nom de l’investisseur mérite attention.

A.P. Moller Capital appartient à l’univers économique historiquement constitué autour de la famille fondatrice de Maersk. Il ne s’agit donc pas d’un fonds découvrant soudainement la logistique, mais d’un investisseur dont l’ADN est intimement lié au commerce mondial.

Pourquoi acheter une entreprise marocaine de logistique ?

Parce que le Maroc n’est plus seulement un marché de consommation. Il devient une plateforme de circulation.

Tanger Med a profondément transformé cette géographie. L’industrie automobile s’est développée autour de chaînes d’approvisionnement internationales. L’aéronautique, le textile, l’agroalimentaire et l’e-commerce multiplient eux aussi les besoins de stockage, transport, préparation de commandes et distribution.

Après avoir investi dans les usines et les ports, il devient donc logique d’investir dans ce qui les relie.

Globex avait déjà attiré le fonds Amethis, devenu actionnaire minoritaire en 2022. Le groupe a également renforcé son périmètre avec l’acquisition de Logic Transport et Logic Overseas, opération autorisée en 2024 par le Conseil de la concurrence.

Ce qui se joue désormais dépasse une transaction financière.

Le Maroc est progressivement en train de constituer une véritable industrie logistique. Et cette industrie pourrait devenir l’un des déterminants majeurs de sa compétitivité.

Une PME marocaine peut produire un excellent produit ; si elle ne sait pas le stocker, l’emballer, le certifier, le transporter rapidement et livrer son client étranger à un coût compétitif, son potentiel exportateur reste limité.

Le prochain défi du Maroc n’est donc peut-être plus seulement « produire plus » ou « exporter plus ».

Il consiste à construire entre le producteur marocain et les marchés mondiaux une infrastructure suffisamment dense pour rendre l’exportation presque aussi simple qu’une vente domestique.

L’arrivée d’un acteur comme A.P. Moller Capital indique que ce marché commence à être considéré comme suffisamment mature pour attirer les grands capitaux.

Bonne nouvelle, certainement. À condition de conserver une question à l’esprit : à mesure que la logistique marocaine prend de la valeur, qui contrôlera demain les infrastructures essentielles reliant nos entreprises au monde ?

Après la bataille des ports commence peut-être celle des entrepôts.




Lundi 17 Août 2026