Un incendie important s'est déclaré mercredi matin au marché Kria, à Casablanca, touchant quatre magasins et provoquant une mobilisation rapide des services d'intervention. Les premières informations disponibles font état de dégâts matériels significatifs, sans indication consolidée à ce stade sur d'éventuelles victimes. Dans ce type d'événement, la prudence reste donc de mise : il faut distinguer l'alerte, les images qui circulent, et le bilan officiellement établi.
Mais l'affaire dépasse le seul fait divers. Les marchés populaires, surtout dans les grandes villes, concentrent souvent des activités denses, des stocks inflammables, des branchements parfois fragiles et des ruelles difficiles d'accès. Quand le feu prend, il ne s'agit plus seulement d'un commerce qui brûle. C'est une économie familiale, parfois informelle, souvent fragile, qui part en fumée en quelques minutes.
Casablanca connaît bien cette tension entre vitalité commerciale et vulnérabilité urbaine. Le marché est un lieu de vie, de travail, de débrouille, mais aussi un espace où les normes de sécurité doivent être regardées sans complaisance. Extincteurs, accès pompiers, câblage, stockage, assurance : autant de détails qui semblent administratifs jusqu'au jour où ils deviennent vitaux.
La question n'est pas de désigner trop vite un responsable. Elle est plus simple, et plus dérangeante : combien de marchés marocains sont réellement prêts à affronter un incendie majeur ? À Casablanca comme ailleurs, la prévention coûte toujours moins cher que la réparation. Encore faut-il qu'elle cesse d'être un slogan.