Une page sombre enfin examinée
Premier chef du gouvernement du Congo indépendant en 1960, Patrice Lumumba avait été renversé quelques mois seulement après l’indépendance. Transféré dans la région sécessionniste du Katanga, il fut exécuté le 17 janvier 1961 par des séparatistes soutenus par des mercenaires belges. Son corps avait été dissous dans l’acide. À ce jour, aucun procès pénal n’avait jamais été organisé sur cette affaire, qui marque une des pages les plus controversées de la relation entre la Belgique et son ancienne colonie.
Davignon, dernier mis en cause vivant
Parmi la dizaine de fonctionnaires belges visés par la plainte déposée en 2011 par les enfants de Lumumba, Etienne Davignon est le seul encore en vie. À l’époque, diplomate stagiaire, il est soupçonné d’avoir été impliqué dans le transfert illicite de Lumumba vers le Katanga, où il risquait la mort. L’avocat de la famille, Christophe Marchand, décrit Davignon comme un « maillon d’une funeste entreprise criminelle étatique ».
Vers un procès historique
Le parquet fédéral belge a retenu contre lui le chef de participation à des crimes de guerre, notamment pour la détention et le transfert du prisonnier, ainsi que pour des traitements « humiliants et dégradants » infligés à Lumumba. Pour la famille du leader congolais, cette décision constitue un soulagement et un pas vers la reconnaissance de la responsabilité de la Belgique. Mehdi Lumumba, petit-fils de Patrice Lumumba, a déclaré : « Enfin la Belgique regarde son histoire en face. »