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Autonomisation économique des femmes au Maroc : quand l’économie sociale et solidaire devient levier de croissance inclusive


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Mardi 20 Janvier 2026

À Rabat, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a placé l’autonomisation économique des femmes au cœur de la stratégie nationale pour un Maroc plus prospère et inclusif. Dans un contexte où l’économie sociale et solidaire (ESS) se structure, se densifie et se révèle comme un troisième pilier du développement, le gouvernement déroule une série d’initiatives ambitieuses. L’objectif affiché : créer des emplois durables, valoriser les talents féminins et renforcer la cohésion territoriale, avec des résultats déjà tangibles sur le terrain.



Autonomisation économique des femmes au Maroc : quand l’économie sociale et solidaire devient levier de croissance inclusive

En Marocain convaincu que la croissance doit rimer avec justice sociale, Akhannouch a détaillé devant les parlementaires les avancées et les défis de cette dynamique. Ses propos tracent non seulement une feuille de route, mais témoignent aussi d’une prise de conscience politique profonde autour de l’égalité des chances et de l’émancipation économique des femmes.
 

Le programme Tahfiz Niswa, lancé récemment, illustre cette ambition. Conçu comme un dispositif de soutien aux initiatives féminines, il vise à encourager la création de coopératives structurées et durables, capables de répondre aux besoins économiques locaux. Pour Akhannouch, ce programme est plus qu’un simple projet : il s’agit d’un véritable levier d’insertion professionnelle pour les femmes, ouvrant des portes jusque-là parfois closes, notamment vers le marché du travail formel.
 

Dans les couloirs du Parlement, difficile de ne pas sentir une certaine fierté mêlée à une impatience mesurée. « Ce que nous construisons ici est un pont vers un avenir où les femmes, notamment rurales, ne seront plus spectatrices mais actrices de leur destin économique », confiait à voix basse une députée présente lors de la séance.
 

En parallèle, le gouvernement poursuit le programme Mourafaka, qui accompagne chaque année environ 500 nouvelles coopératives à travers une approche en trois temps : diagnostic stratégique, formation collective et accompagnement individuel. Ce soutien structurant est essentiel pour assurer que ces structures ne se contentent pas de naître, mais qu’elles se renforcent et perdurent dans le temps.
 

Un autre pan de cette stratégie est l’initiative Génération Solidarité, pensée pour les jeunes désireux de s’engager dans l’économie coopérative. Depuis son lancement, elle a financé plus de 128 projets coopératifs, une performance saluée par plusieurs acteurs de terrain comme un véritable tremplin vers l’emploi et l’innovation sociale.
 

À travers ces programmes, l’ESS se positionne comme un moteur de développement national, non seulement en termes économiques mais aussi sociaux et territoriaux. Entre 2021 et 2025, 20 salons régionaux ont été organisés dans tout le Royaume, mettant en lumière les produits et services de plus de 3 600 structures de l’économie sociale et solidaire, avec une participation féminine atteignant 54 % et une forte représentation des femmes rurales.
 

Ces rencontres festives et professionnelles ne sont pas de simples vitrines. Elles génèrent un chiffre d’affaires réel, estimé à près de 200 millions de dirhams, et permettent de tisser des réseaux durables entre acteurs, consommateurs et partenaires institutionnels. C’est là, sur ces marchés parfois bouillonnants, que se forge une nouvelle culture économique, plus inclusive, plus proche des territoires et des citoyens.
 

Au-delà des salons, 16 marchés mobiles dédiés à l’ESS ont sillonné les régions, valorisant les produits locaux et offrant une plateforme dynamique d’échanges et de commercialisation. Là aussi, la présence féminine atteint 54 %, un signe encourageant d’une participation active des femmes dans tous les maillons de la chaîne économique.
 

Sur le plan institutionnel, des structures modèles voient le jour. À Oujda, une plateforme permanente d’exposition et de commercialisation est en chantier, de même qu’une Maison de l’économie sociale et solidaire. À Fès, un incubateur dédié au développement de projets ESS est en cours de finalisation, tandis qu’à Azilal une plateforme pour la promotion des produits locaux et une autre Maison de l’économie sociale renforcent l’ancrage territorial de cette dynamique.
 

Pour les acteurs de terrain, ces évolutions sont souvent synonymes de transformation concrète. À Taza, une coopérative de tissage traditionnel portée par des femmes rurales a vu ses ventes tripler après sa participation au salon régional, raconte sa présidente, émue. « Pour la première fois, nos produits ne dorment plus dans l’atelier ; ils voyagent, ils trouvent preneur et ils racontent notre histoire. »


L’autonomisation économique des femmes, loin d’être une formule creuse, est en train de devenir une réalité tangible au Maroc. Par des programmes ciblés, un soutien institutionnel fort et la mise en valeur des talents locaux, l’économie sociale et solidaire est en train de redessiner les contours d’un développement plus juste, plus durable et surtout, plus humain. Pour un pays jeune, avide d’opportunités, cette trajectoire offre non seulement des espoirs mais des chemins concrets vers une prospérité partagée.
 

Si le Maroc réussit à faire de ces initiatives des succès durables, alors il ne s’agira plus seulement de chiffres ou de statistiques parlementaires, mais d’une vraie transformation sociale, visible dans les vies de milliers de femmes et de familles à travers le Royaume. 





Mardi 20 Janvier 2026