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Avertissement économique du FMI : L’IA peut créer de la croissance… et davantage d’inégalités


Rédigé par La Rédaction le Dimanche 20 Septembre 2026

L’intelligence artificielle promet des gains de productivité considérables. Mais une étude du FMI présentée aux ministres européens des Finances remet un peu de réalité économique dans l’euphorie technologique : dans son scénario central, l’IA augmenterait la productivité européenne d’environ 1 % cumulée sur cinq ans. Surtout, ces gains pourraient être très inégalement répartis. Derrière la révolution technologique apparaît donc une autre question : qui touchera réellement le dividende de l’IA ?



Avertissement économique du FMI : L’IA peut créer de la croissance… et davantage d’inégalités
Nous parlons beaucoup des performances de l'intelligence artificielle.

Des modèles plus puissants.
Des agents autonomes.
Des robots.
Des milliards de tokens.
Des centaines de milliards de dollars investis.

Mais l'économie finit toujours par poser une question beaucoup plus froide : combien de richesse supplémentaire tout cela produit-il réellement ?

Le Fonds monétaire international vient d'apporter un élément de réponse aux ministres européens des Finances réunis à Dublin.

Dans son scénario central, l'IA pourrait augmenter la productivité européenne d'environ 1 % sur cinq ans. Ce n'est pas négligeable.

Mais nous sommes loin de certaines représentations d'une économie instantanément transformée par l'intelligence artificielle.

LA MOYENNE PEUT CACHER DEUX ÉCONOMIES

Le véritable avertissement du FMI est ailleurs. Les gains ne seront probablement pas répartis uniformément. Les économies disposant déjà de capital, de compétences numériques, d'infrastructures, de données et d'entreprises capables d'intégrer rapidement l'IA pourraient avancer beaucoup plus vite que les autres.

Même phénomène entre entreprises.

Une grande société capable de connecter ses données internes à des agents spécialisés ne bénéficiera pas de l'IA comme une PME utilisant occasionnellement un chatbot. L'intelligence artificielle pourrait donc améliorer la moyenne tout en augmentant les écarts autour de cette moyenne.

60 % DES EMPLOIS EUROPÉENS AVANCÉS EXPOSÉS

Selon les travaux présentés par le FMI, environ 60 % des travailleurs des économies européennes avancées occupent des emplois fortement exposés à l'IA.

Exposé ne signifie pas nécessairement remplacé.

Dans certains métiers, l'IA automatisera une partie des tâches.
Dans d'autres, elle augmentera le salarié.
Et certains emplois pourraient effectivement subir une pression beaucoup plus forte.

La fracture pourrait donc également traverser le marché du travail entre ceux dont l'IA augmente la productivité et ceux dont elle réduit progressivement la valeur de certaines tâches.

ET L’ÉLECTRICITÉ RAPPELLE QUE L’IA EST PHYSIQUE

Autre avertissement particulièrement intéressant : les gains numériques reposent sur une infrastructure bien réelle.

Data centers.
Réseaux.
Puces.
Électricité.

Dans les principaux hubs européens de data centers, ces infrastructures représenteraient déjà autour de 3 % de la consommation électrique, selon les éléments rapportés lors des discussions. Leur croissance exercera donc une pression supplémentaire sur les réseaux.

L'IA n'est pas immatérielle. Elle possède une facture énergétique.

LE MAROC DOIT REGARDER CET AVERTISSEMENT EUROPÉEN

La leçon vaut encore davantage pour une économie émergente.

La future fracture marocaine pourrait passer entre grandes entreprises et PME, territoires fortement numérisés et autres régions, salariés hautement qualifiés et métiers plus exposés, entreprises disposant de données exploitables et celles dont la transformation numérique reste inachevée.

Il existe même un risque supplémentaire : que l'écart ne se creuse pas seulement à l'intérieur du Maroc, mais entre le Maroc et les économies investissant beaucoup plus rapidement dans le calcul, la formation et les infrastructures IA.

Voilà pourquoi le véritable indicateur de la révolution IA ne sera probablement pas le nombre de Marocains possédant un compte ChatGPT.

Ce sera la quantité de productivité réellement créée par l'IA — et sa diffusion dans l'ensemble de l'économie.

Car une révolution technologique peut parfaitement enrichir un pays tout en laissant une partie de ses entreprises et de ses citoyens derrière elle. Le défi marocain sera donc moins d'adopter l'IA que d'éviter que son dividende ne devienne le privilège de ceux qui étaient déjà les mieux équipés pour le capter




Dimanche 20 Septembre 2026