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BNP Paribas, Holmarcom et la BMCI : vers une recomposition stratégique du paysage bancaire marocain


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Samedi 3 Janvier 2026

Dans un contexte économique déjà marqué par des transformations profondes du secteur financier au Maroc, l’annonce récente de discussions exclusives entre BNP Paribas et le groupe Holmarcom en vue d’une possible cession de la BMCI n’est pas passée inaperçue auprès des acteurs du marché. Cette opération potentielle, qui pourrait se concrétiser en 2026, n’est pas encore finalisée mais elle est déjà perçue comme un moment clé dans l’évolution du secteur bancaire national.



Peu de jours après les premières rumeurs, les deux parties ont confirmé officiellement être entrées en négociations exclusives portant sur la **vente par BNP Paribas de sa participation de 67 % dans la Banque Marocaine pour le Commerce et l’Industrie (BMCI), une filiale qu’elle co-gère avec Holmarcom depuis près de trois décennies. 
 

Pour les observateurs que j’ai rencontrés ces derniers jours à Casablanca, cette annonce ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de recalibrage stratégique des banques internationales, désireuses de recentrer leurs interventions sur des marchés perçus comme plus alignés avec leur appétit pour le risque et leur modèle opérationnel. 
 

Mon interlocuteur, un analyste en equity research, m’a confié, sous couvert d’anonymat, qu’« au Maroc comme ailleurs en Afrique, le mouvement de désengagement des grands groupes bancaires étrangers est bien réel. La sortie de BNP Paribas de la BMCI, après celles déjà engagées de Crédit Agricole avec Crédit du Maroc ou de Société Générale de ses activités locales, confirme ce virage stratégique. » 

Au-delà de la simple opération financière, l’impact de cette cession potentielle se mesure aussi sur les indicateurs de solidité financière des institutions concernées. BNP Paribas a indiqué dans son communiqué que, si l’opération était conclue courant 2026, elle devrait générer un effet positif d’environ +15 points de base sur son ratio Common Equity Tier 1 (CET1) une métrique clé de stabilité et de capacité d’absorption de pertes. 
 

Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement pour la BMCI et pour le marché marocain ? Là où les regards se tournent naturellement vers une possible intégration avec Crédit du Maroc, déjà contrôlée par Holmarcom, la logique est simple : l’union de deux banques aux positionnements complémentaires pourrait créer un ensemble dont la capacité de financement serait plus robuste, spécialement pour les projets structurants de l’économie nationale.
 

La BMCI est historiquement forte auprès des grandes entreprises, des filiales de multinationales et dans la banque privée ; Crédit du Maroc y est plus orienté vers le retail et l’accompagnement des PME un segment clé pour la croissance inclusive recherchée au Maroc. 
 

À cet égard, plusieurs experts évoquent l’écart opérationnel actuel entre les deux entités : alors que les produits nets bancaires des deux banques sont proches autour de 3,8 milliards de dirhams pour la BMCI contre environ 3,3 milliards pour Crédit du Maroc la BMCI affiche un coefficient d’exploitation plus élevé, signe de charges plus lourdes et de marge de manœuvre moindre. 
 

À mon sens, cette opportunité de convergence ne se limitera pas à une simple fusion de bilan ; elle pourrait impulser une transformation culturelle et opérationnelle profonde pour la BMCI, l’aidant à se rapprocher des standards de rentabilité observés par ses homologues nationaux. Mais ce chemin est semé d’embûches notamment l’intégration de systèmes d’information, la gestion des ressources humaines et l’harmonisation des cultures d’entreprise, qui demandent un pilotage fin et réfléchi.
 

Le régulateur marocain et le Conseil de la concurrence auront, de leur côté, un rôle déterminant à jouer dans l’aval ou non de ce rapprochement. L’objectif affiché est clair : préserver un équilibre concurrentiel solide tout en accompagnant la croissance d’acteurs capables de répondre aux besoins du marché. 
 

Dans un paysage bancaire toujours dominé par les grandes banques comme Attijariwafa Bank ou Bank of Africa, l’émergence d’un nouveau acteur de taille intermédiaire renforcée n’est pas à exclure. Mais la bataille ne fait que commencer, et les banques qui tireront leur épingle du jeu seront celles qui sauront innover dans le digital, optimiser leurs relations clients et consolider leur modèle de financement des PME et des projets locaux.
 

En attendant la conclusion ou non de ces négociations, une chose est sûre : le Maroc vit un moment charnière de son évolution bancaire, avec des acteurs locaux qui gagnent en puissance et des modèles internationaux qui réajustent leurs positions. Pour le citoyen-client, pour l’entrepreneur et pour l’investissement national, c’est potentiellement une nouvelle ère qui s’annonce, loin des schémas traditionnels et ouverte à des synergies plus audacieuses.






Samedi 3 Janvier 2026

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