Les votes sont terminés, mais la bataille du Ballon d’Or est loin de l’être. Depuis plusieurs semaines, les principaux prétendants mettent en avant leurs performances, leurs statistiques et leurs titres pour convaincre autour de leur candidature.
Cette campagne 2026 se distingue notamment par son intense exposition médiatique. Selon Pascal Ferré, ancien directeur de la rédaction de France Football, cité par l’AFP, elle est même « assez inédite par son bruit médiatique ».
Quand les joueurs plaident eux-mêmes leur cause
Traditionnellement portée par les clubs, les entraîneurs ou les entourages, la campagne prend désormais une nouvelle dimension avec l’implication directe des joueurs.
Kylian Mbappé a ainsi défendu ouvertement ses chances en affirmant : « Il n’y a pas meilleur que moi la saison dernière ». L’attaquant du Real Madrid et des Bleus a également expliqué avoir « toujours été vu comme l’élu ».
Ousmane Dembélé, qui cherche à conserver son trophée remporté l’an dernier, lui a répondu : « Je n’ai jamais été l’élu, mais j’ai bossé ».
De son côté, Lamine Yamal insiste sur une autre lecture du trophée. Le jeune Espagnol estime que le Ballon d’Or récompense « un joueur différent » et que le choix ne doit pas être réduit au nombre de buts inscrits.
Des arguments différents selon les candidats
La course oppose ainsi plusieurs profils et arguments. Mbappé peut notamment s’appuyer sur sa production offensive avec le Real Madrid et la sélection française, dont il a terminé meilleur buteur lors du Mondial 2026.
Harry Kane présente également des statistiques impressionnantes avec le Bayern Munich, avec 61 buts en 51 matches, mais reste plus discret sur le plan médiatique.
À l’inverse, Lamine Yamal et Rodri disposent du titre mondial remporté avec l’Espagne, tandis qu’Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia ont remporté une nouvelle Ligue des champions avec le Paris Saint-Germain.
Les critères officiels du Ballon d’Or prennent en compte les performances individuelles et collectives, ainsi que le comportement et le fair-play. Les différents prétendants cherchent donc à mettre en avant les éléments qui correspondent le mieux à leur candidature.
Le PSG mise sur le collectif
Le Paris Saint-Germain occupe également une place importante dans cette campagne. Avec dix joueurs présélectionnés parmi les 30 candidats, le club parisien établit un nouveau record après les neuf représentants de l’édition précédente.
Le PSG affirme vouloir mettre l’accent sur la dimension collective de sa saison. Le club a notamment organisé des interviews croisées entre Dembélé et Kvaratskhelia, tandis que Fabian Ruiz a également bénéficié d’une exposition médiatique individuelle.
Pour Bruno Bianzina, directeur de l’agence de conseil en communication Sport Market, cité par l’AFP, cette stratégie illustre une coordination croissante entre les clubs et les joueurs. Le Ballon d’Or représente également une importante vitrine internationale pour les clubs concernés.
Une campagne qui dépasse désormais le terrain
La médiatisation des candidats s’étend également à leurs entourages. Mbappé s’est exprimé dans AS, mais aussi dans une interview accordée à RFI, organisée selon le journaliste Olivier Pron par son propre entourage.
Cette stratégie répond notamment à la volonté de toucher différents publics et de construire un récit autour de chaque candidature.
Malgré l’intensité de cette bataille médiatique, le résultat dépendra du vote déjà clôturé. Comme le rappelle Pascal Ferré, « le Ballon d’Or, ce n’est pas un concours de vacarme médiatique ».
Le verdict sera rendu le 26 octobre à Londres, lors d’une cérémonie qui mettra fin à plusieurs semaines de débats, de déclarations et de campagnes autour du trophée individuel le plus convoité du football.