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Banque mondiale : le Maroc s’impose comme leader régional de l’égalité juridique


Rédigé par le Vendredi 27 Février 2026

La publication du rapport “Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2026” de la Banque mondiale place le Maroc en tête de l’Afrique du Nord en matière d’égalité juridique, avec un score global de 60,95 sur 100. Une performance qui confirme la dynamique réformatrice du Royaume, tout en révélant un décalage profond entre les avancées législatives et la réalité vécue par les femmes actives.



Un cadre juridique en avance sur la région

Banque mondiale : le Maroc s’impose comme leader régional de l’égalité juridique

Dès les premiers indicateurs, le Maroc se distingue nettement. Avec 60,95 points, il dépasse largement la moyenne de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, qui s’établit à 43,2 points. Cette progression est le résultat de plusieurs années de réformes visant à aligner le droit national sur les standards internationaux d’inclusion économique et d’égalité professionnelle.
 

Le rapport attribue au Royaume la note maximale de 100 sur 100 dans trois domaines clés : la mobilité, l’accès à l’emploi et l’entrepreneuriat. Sur le plan strictement légal, aucune restriction n’empêche aujourd’hui une Marocaine de se déplacer librement, de choisir son lieu de résidence, d’exercer les mêmes métiers qu’un homme ou de créer une entreprise.
 

Le Maroc face à ses voisins maghrébins

 

Dans son environnement régional immédiat, le Maroc évolue entre deux trajectoires contrastées. Face à la Tunisie, longtemps pionnière grâce à son Code du statut personnel, le Royaume comble progressivement son retard par des réformes économiques plus ciblées et une meilleure incitation à l’entrepreneuriat féminin.
 

Le contraste est encore plus marqué avec l’Algérie, dont le cadre juridique reste plus restrictif sur la mobilité et la gestion des actifs. Là où le Maroc dépasse les 60 points, l’Algérie peine souvent à franchir la moyenne régionale, illustrant des choix normatifs différents. Pour autant, les pays du Maghreb partagent une limite commune : une application des lois freinée par des pesanteurs sociales persistantes.
 

Des inégalités économiques toujours marquées

 

Si l’accès au marché du travail est juridiquement garanti, les conditions de réussite restent inégales. Le rapport attribue au Maroc un score de 50 sur 100 sur la question de la rémunération, et de 40 sur 100 concernant les actifs. Ces résultats traduisent des blocages structurels, notamment l’absence de garanties juridiques strictes pour l’égalité salariale et les obstacles liés aux droits de propriété, qui limitent l’accumulation de capital par les femmes.
 

Le défi de la mise en œuvre

 

La principale nouveauté du rapport 2026 réside dans l’évaluation des mécanismes d’application. Si les cadres légaux affichent une moyenne mondiale de 67 sur 100, les dispositifs de soutien chutent à 47 sur 100. Pour le Maroc, le constat est clair : le droit au travail existe, mais les conditions matérielles font défaut.
 

L’insécurité dans les transports publics et le manque de structures d’accueil pour la petite enfance contraignent de nombreuses femmes à quitter le marché du travail après la maternité. Ce paradoxe explique en partie pourquoi le taux d’activité féminin stagne autour de 20 %.
 

Un tournant décisif à négocier

 

Le rapport trace une feuille de route sans ambiguïté. Pour transformer son leadership juridique en réussite économique inclusive, le Maroc devra investir dans les services publics, renforcer les inspections et garantir l’application effective des lois. À ce prix seulement, le Royaume pourra franchir un nouveau cap et faire de l’égalité juridique un véritable levier de croissance.





Mamadou Bilaly Coulibaly
Journaliste et étudiant malien en stage, passionné par la géopolitique, l'histoire et le sport.... En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 27 Février 2026