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Barrages au Maroc : les réserves d’eau atteignent 11,5 milliards de m³.

Un niveau inégalé depuis 2015.


Rédigé par Salma Chmanti Houari le Mercredi 11 Février 2026

Au 10 février 2026, les réserves d’eau retenues dans les barrages du Maroc ont atteint 11,49 milliards de mètres cubes, soit un volume que le pays n’avait plus connu depuis une année exceptionnelle sur le plan hydrique : 2015.

Ces chiffres, compilés par le ministère de l’Équipement et de l’Eau, traduisent une nette amélioration par rapport à la même période de l’année précédente et soulignent l’impact des pluies abondantes enregistrées ces derniers mois.



Une hausse spectaculaire en un an

Barrages au Maroc : les réserves d’eau atteignent 11,5 milliards de m³.

Le contraste avec l’année 2025 est frappant : au 10 février 2025, les réserves des barrages s’établissaient à seulement 4,65 milliards de m³ d’eau stockée. En l’espace d’un an, cela représente donc une progression de près de +6,84 milliards de m³, ou plus de 147 % de gain annuel.
 

Cette forte progression est directement liée à la saison des pluies exceptionnelle qu’a connue le Royaume depuis le dernier trimestre de 2025, après plusieurs années de déficit hydrique qui avaient mis sous pression les ressources en eau nationales.

Les fortes précipitations ont non seulement rempli les principaux bassins, mais dans certains cas ont même poussé les installations à dépasser leurs capacités habituelles, nécessitant des mesures d’écoulement contrôlé.


Un taux de remplissage qui grimpe rapidement

Au plan national, le taux moyen de remplissage des barrages atteint désormais 68,56 % de leur capacité totale évaluée à environ 16,76 milliards de m³. Ce taux marque une forte progression en seulement une semaine (+7,68 points entre le 3 et le 10 février) et une amélioration considérable par rapport à l’année dernière où il ne dépassait pas 27,62 % à la même période.
 

Cette situation change radicalement la donne par rapport à la période de sécheresse prolongée qui a caractérisé les dernières saisons, notamment en 2024 et une grande partie de 2025, où les niveaux de remplissage étaient parfois tombés en dessous de 30 % dans plusieurs bassins importants. 


Des barrages clés presque pleins

L’analyse des données par barrage montre que certains grands ouvrages connaissent des niveaux particulièrement élevés :
 

  • Al Wahda, le plus grand barrage du pays, atteint près de 94 % de remplissage avec plus de 3,31 milliards de m³ stockés.

  • Idriss Ier dépasse 89 % et se rapproche aussi de sa pleine capacité.

  • Dar Khrofa et Ahmed Al Hansali affichent des taux supérieurs à 88 %, tandis que Bin El Ouidane dépasse 55 %.

  • D’autres barrages comme Neuf Avril 1947 et El Kensra affichent respectivement 67,86 % et 90,11 %, renforçant globalement la sécurité hydrique.
     

Ces niveaux sont de très bon augure pour les besoins en eau potable, l’agriculture et l’irrigation, surtout après des saisons de sécheresse qui avaient fortement pesé sur la disponibilité des ressources.

La situation contraste nettement avec des années plus difficiles où des bassins tels que ceux du Souss-Massa avaient enregistré des taux extrêmement bas, parfois inférieurs à 20 % lors de pics de sécheresse. 


Contexte hydrique : de la pénurie à l’abondance

L’amélioration spectaculaire des niveaux d’eau dans les barrages s’explique par une combinaison de pluies soutenues, souvent qualifiées d’apports hydriques exceptionnels, et par une série de phénomènes météorologiques favorables sur l’ensemble du territoire depuis plusieurs mois.

Ces pluies ont permis non seulement de remplir les barrages, mais aussi de reconstituer partiellement les nappes phréatiques et sécuriser l’alimentation en eau de nombreuses régions.

Dans certaines zones, la situation est telle que des ouvrages comme le barrage d’Oued El Makhazine ont dépassé leur capacité normale de stockage, atteignant des niveaux historiques sans causer de dommages structurels significatifs jusque-là.

Les autorités ont toutefois activé des systèmes de surveillance renforcée et des déversements préventifs pour garantir la sécurité des populations et des terres en aval. 


Conséquences pour l’économie et l’agriculture

Pour un pays où l’agriculture représente une part importante de l’économie, la disponibilité en eau conditionne directement les campagnes agricoles, l’irrigation des cultures et la stabilité des secteurs liés à l’agroalimentaire.

Des niveaux d’eau aussi élevés après plusieurs années de stress hydrique sont donc perçus comme une bouffée d’oxygène pour les agriculteurs, les industriels et les zones rurales dépendantes des ressources locales.
 

Les autorités continuent toutefois de rappeler l’importance d’une gestion prudente de l’eau, notamment en maintenant et en améliorant les infrastructures, en surveillant les bassins hydrographiques et en optimisant l’utilisation des réserves dans les mois à venir.

Cette vigilance est cruciale car, malgré les volumes actuels, le changement climatique et les variations pluviométriques peuvent rapidement inverser la tendance. 


Un tournant pour la sécurité hydrique nationale

En moins d’un an, le Maroc est passé d’une situation de stress hydrique notable à une perspective beaucoup plus favorable en termes de réserves en eau.

Le retour à des niveaux observés pour la dernière fois il y a plus d’une décennie en 2015 est un signe fort de résilience face aux variations climatiques et des efforts concertés dans la gestion des ressources hydriques.
 

Toutefois, les autorités et experts rappellent que ces chiffres doivent être consolidés par une gestion durable des ressources et des stratégies d’adaptation à long terme pour faire face aux défis futurs, notamment en matière de climats extrêmes et de croissance démographique.





Mercredi 11 Février 2026