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Barrages : le Maroc engage un nouveau chantier de maintenance


Rédigé par le Lundi 7 Septembre 2026

Un marché public de 2,1 millions de dirhams vise des interventions sur six barrages, une digue et deux canaux dans plusieurs provinces, dont Azilal, Béni Mellal, Settat et Safi. Derrière ce montant, l’enjeu est majeur : entretenir les infrastructures hydrauliques dans un pays confronté à un stress hydrique durable.



La maintenance, angle mort du débat sur l’eau

Barrages : le Maroc engage un nouveau chantier de maintenance
Le Maroc poursuit ses efforts d’entretien des infrastructures hydrauliques. Un marché de 2,1 millions de dirhams concerne des interventions sur six barrages, une digue et deux canaux situés notamment dans les provinces d’Azilal, Béni Mellal, Settat et Safi. L’attribution définitive doit intervenir après la clôture des offres, conformément aux procédures de marchés publics.

Le montant peut sembler limité au regard des grands projets hydrauliques nationaux, mais il renvoie à une réalité essentielle : un barrage ne se résume pas à sa construction. Il doit être surveillé, entretenu, sécurisé et adapté en permanence. Les canaux, digues et équipements annexes jouent un rôle discret mais vital dans l’acheminement, la régulation et la protection contre les risques. Une infrastructure mal entretenue peut perdre en efficacité, augmenter les pertes d’eau ou exposer les populations à des risques en période de crues.

Ce type d’intervention prend une dimension particulière dans le contexte marocain actuel. Le Royaume connaît depuis plusieurs années une pression croissante sur ses ressources en eau, sous l’effet de la sécheresse, du changement climatique, de la croissance urbaine et des besoins agricoles. Les barrages restent un pilier de la politique de l’eau, même si le pays accélère aussi sur le dessalement, la réutilisation des eaux usées traitées et l’interconnexion des bassins.

Pour les régions concernées, l’enjeu est concret. À Béni Mellal-Khénifra comme à Casablanca-Settat ou Marrakech-Safi, l’eau conditionne l’agriculture, l’emploi rural, l’industrie, le tourisme et le quotidien des ménages. Un canal fonctionnel ou une digue consolidée peut sembler loin des grandes annonces politiques, mais c’est souvent là que se joue la différence entre une ressource disponible et une ressource perdue.

Le débat public marocain parle beaucoup de nouveaux barrages. Il doit parler tout autant de maintenance, de transparence des marchés, de performance des réseaux et de gouvernance locale de l’eau. Car la sécurité hydrique ne dépend pas uniquement des grands chantiers visibles. Elle dépend aussi de ces interventions techniques, parfois modestes, mais indispensables.

Pour une jeunesse marocaine qui grandit avec l’idée que l’eau n’est plus garantie, chaque dirham investi dans l’entretien hydraulique doit être lisible, contrôlé et utile. Le Maroc de demain ne sera pas seulement celui qui construit plus, mais celui qui entretient mieux.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Lundi 7 Septembre 2026