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Batteries et hydrogène : la Chine mise gros sur le Maroc


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Mardi 24 Février 2026

Le Maroc se positionne comme carrefour stratégique de l’industrie verte chinoise, avec des investissements massifs dans les batteries, l’hydrogène et les technologies bas carbone.

En moins d’une décennie, la coopération économique sino-marocaine a évolué d’échanges commerciaux classiques vers une véritable co-production industrielle, particulièrement dans les technologies propres et les énergies bas carbone.



Une accélération sans précédent des investissements

Batteries et hydrogène : la Chine mise gros sur le Maroc


Selon les données de l’Office des changes marocain, les investissements directs étrangers (IDE) chinois ont augmenté de 149,7 % en 2024, pour atteindre 1,7 milliard de dirhams à fin septembre. Sur l’ensemble de l’année, ces flux pourraient culminer à 2,21 milliards de dirhams, plaçant la Chine parmi les principaux investisseurs étrangers au Maroc. La dynamique s’inscrit dans un mouvement mondial : depuis 2022, près de 88 % des projets industriels verts chinois à l’international ont été annoncés, totalisant plus de 227 milliards de dollars depuis 2011.
 
Des projets concrets dans les secteurs stratégiques
 
Le Maroc accueille désormais des industries de pointe. À Jorf Lasfar, Tinci Materials déploie une unité de production de composants de batteries pour 2,8 milliards de dirhams, destinée à alimenter les marchés européens. À Nador, Boway Alloy investit 150 millions de dollars dans des alliages électroniques. Le groupe Sunrise développe deux unités textiles à Skhirat et Fès pour 2,3 milliards de dirhams, générant des milliers d’emplois. Par ailleurs, le Maroc figure au deuxième rang mondial des destinations chinoises en technologies bas carbone, notamment pour les matériaux de batteries et l’hydrogène vert.
 
Un contexte favorable au rayonnement industriel
 
Le positionnement du Royaume repose sur des atouts logistiques et réglementaires solides ; proximité géographique avec l’Europe, complexe portuaire de Tanger Med performant, accords de libre-échange avec l’UE et le Royaume-Uni, et cadres incitatifs pour les projets verts. Ces facteurs expliquent pourquoi le Maroc devient un pôle d’excellence pour les chaînes de production verte, notamment pour l’hydrogène et les matériaux de batteries. L’intensification des échanges commerciaux bilatéraux reflète cette intégration : 59,8 milliards de dollars échangés sur les sept premiers mois de 2025, principalement sous forme d’importations chinoises.
 
Une recomposition stratégique des chaînes de valeur
 
L’implantation chinoise au Maroc s’inscrit dans la recomposition mondiale des chaînes industrielles, face aux politiques protectionnistes occidentales. En produisant localement, la Chine sécurise son accès aux marchés européens tout en consolidant sa compétitivité. Pour le Maroc, cela se traduit par un renforcement des compétences locales, un suivi environnemental des installations et un partage des retombées économiques et technologiques avec les partenaires chinois.





Mardi 24 Février 2026