L’Organisation des Nations unies pour le développement industriel a engagé l’élaboration d’un cadre national pour l’économie circulaire des batteries au Maroc. Le projet doit structurer la collecte, le diagnostic, la réutilisation et le recyclage, alors que le pays développe une industrie de matériaux et de composants destinés aux accumulateurs.
La cartographie citée par Barlamane relève encore plusieurs maillons manquants : aucun opérateur formel spécialisé dans le regroupement des batteries lithium-ion, aucun acteur recensé pour l’évaluation normalisée de leur état de santé et aucun protocole permettant de certifier une utilisation sûre en seconde vie. Le transport et le stockage présentent aussi des risques d’incendie et de perte de traçabilité.
L’enjeu concerne directement l’industrie automobile marocaine tournée vers l’Europe. Le passeport numérique prévu par les règles européennes doit entrer en vigueur le 18 février 2027 pour plusieurs catégories de batteries. Les fournisseurs devront documenter notamment la composition, l’empreinte carbone et le contenu recyclé des accumulateurs intégrés aux chaînes de production.
L’Onudi recommande toutefois des études de faisabilité avant tout investissement, car les volumes nationaux de batteries arrivées en fin de vie restent limités. Le futur cadre devra préciser les responsabilités des producteurs, les normes de diagnostic, les conditions de transport et le statut des matières récupérées. Pour le Maroc, la priorité est de bâtir une filière traçable avant l’augmentation attendue des déchets issus des véhicules électriques et du stockage énergétique.