Des excuses pour la formule, sans véritable recul sur le fond. C’est ce qui ressort de la mise au point publiée mardi sur Facebook par Abdelilah Benkirane.
Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement assure n’avoir jamais voulu offenser Saad Dine El Otmani. Il lui témoigne estime, respect et affection, rappelle leurs longues années de collaboration et souligne que leurs désaccords n’effacent pas les liens qui les unissent.
Seulement voilà : après avoir adouci le ton, Benkirane maintient son appréciation. Selon lui, El Otmani devrait s’abstenir de participer à certaines activités qui pourraient donner aux adversaires du PJD de nouvelles occasions d’attaquer le parti. En substance : pardon si les mots ont blessé, mais la recommandation reste valable.
L’affection affichée, la discrétion recommandée
La controverse est partie d’une intervention lors d’une rencontre partisane à Nouaceur. Benkirane y avait invité El Otmani à « rester chez lui » et à se consacrer à ses activités scientifiques. Une manière pour le moins abrupte de recommander la discrétion à un ancien chef du gouvernement qui a également dirigé le PJD.
Dans sa clarification, Benkirane explique que les divergences portent sur l’appréciation de certaines positions, sans remettre en cause ses sentiments personnels. Le problème serait donc politique : certaines apparitions d’El Otmani risqueraient de raviver des controverses dont le parti peine encore à se dégager.
L’explication éclaire son raisonnement. Elle ne retire toutefois pas à la consigne sa portée : demander publiquement à une figure du parti de limiter sa présence revient à mettre en question l’opportunité de sa parole.
L’accord de 2020, un passé qui revient
Au cœur de cet échange ressurgit la signature, en 2020, de l’accord tripartite par El Otmani, alors chef du gouvernement. Benkirane estime que le PJD continue d’en payer le prix dans le débat public. Il a également affirmé ne pas avoir été informé de cette signature au moment des faits.
Mais ses déclarations ont réveillé le souvenir de sa propre position à l’époque. Après la conclusion de l’accord, Benkirane avait défendu El Otmani et rejeté les appels à son départ. Son argument était alors que le chef du gouvernement avait agi dans l’exercice de ses fonctions, dans le cadre d’une décision de l’État. Il refusait que son successeur soit personnellement pris pour cible.
Ce rappel nourrit aujourd’hui les critiques. Pourquoi un épisode présenté hier comme relevant d’une responsabilité institutionnelle devient-il un argument pour recommander à El Otmani de réduire ses apparitions ? La mise au point apaise les mots davantage qu’elle ne résout cette tension.
Pardon pour les mots, maintien du message
Benkirane demande finalement à El Otmani de l’excuser si son appel à « rester chez lui » a été perçu comme offensant, précisant que telle n’était pas son intention.
Les excuses sont explicites. Le retrait de la recommandation, lui, ne l’est pas. Toute l’ambiguïté tient là : réaffirmer le respect dû à l’homme tout en maintenant les réserves sur sa présence politique.
Au-delà de la querelle entre deux anciens chefs du gouvernement, cet épisode révèle un débat toujours sensible au PJD : comment assumer les décisions prises au pouvoir, et quelle place laisser à ceux qui les ont incarnées ? Pour l’heure, Benkirane propose sa réponse à El Otmani : l’affection demeure, mais la discrétion serait bienvenue.
Seulement voilà : après avoir adouci le ton, Benkirane maintient son appréciation. Selon lui, El Otmani devrait s’abstenir de participer à certaines activités qui pourraient donner aux adversaires du PJD de nouvelles occasions d’attaquer le parti. En substance : pardon si les mots ont blessé, mais la recommandation reste valable.
L’affection affichée, la discrétion recommandée
La controverse est partie d’une intervention lors d’une rencontre partisane à Nouaceur. Benkirane y avait invité El Otmani à « rester chez lui » et à se consacrer à ses activités scientifiques. Une manière pour le moins abrupte de recommander la discrétion à un ancien chef du gouvernement qui a également dirigé le PJD.
Dans sa clarification, Benkirane explique que les divergences portent sur l’appréciation de certaines positions, sans remettre en cause ses sentiments personnels. Le problème serait donc politique : certaines apparitions d’El Otmani risqueraient de raviver des controverses dont le parti peine encore à se dégager.
L’explication éclaire son raisonnement. Elle ne retire toutefois pas à la consigne sa portée : demander publiquement à une figure du parti de limiter sa présence revient à mettre en question l’opportunité de sa parole.
L’accord de 2020, un passé qui revient
Au cœur de cet échange ressurgit la signature, en 2020, de l’accord tripartite par El Otmani, alors chef du gouvernement. Benkirane estime que le PJD continue d’en payer le prix dans le débat public. Il a également affirmé ne pas avoir été informé de cette signature au moment des faits.
Mais ses déclarations ont réveillé le souvenir de sa propre position à l’époque. Après la conclusion de l’accord, Benkirane avait défendu El Otmani et rejeté les appels à son départ. Son argument était alors que le chef du gouvernement avait agi dans l’exercice de ses fonctions, dans le cadre d’une décision de l’État. Il refusait que son successeur soit personnellement pris pour cible.
Ce rappel nourrit aujourd’hui les critiques. Pourquoi un épisode présenté hier comme relevant d’une responsabilité institutionnelle devient-il un argument pour recommander à El Otmani de réduire ses apparitions ? La mise au point apaise les mots davantage qu’elle ne résout cette tension.
Pardon pour les mots, maintien du message
Benkirane demande finalement à El Otmani de l’excuser si son appel à « rester chez lui » a été perçu comme offensant, précisant que telle n’était pas son intention.
Les excuses sont explicites. Le retrait de la recommandation, lui, ne l’est pas. Toute l’ambiguïté tient là : réaffirmer le respect dû à l’homme tout en maintenant les réserves sur sa présence politique.
Au-delà de la querelle entre deux anciens chefs du gouvernement, cet épisode révèle un débat toujours sensible au PJD : comment assumer les décisions prises au pouvoir, et quelle place laisser à ceux qui les ont incarnées ? Pour l’heure, Benkirane propose sa réponse à El Otmani : l’affection demeure, mais la discrétion serait bienvenue.