Par Mohammed Yassir Mouline
C'est peut-être le plus mauvais réveil politique qu'ait connu Abdelilah Benkirane depuis longtemps… Si le gouvernement décide effectivement de revenir à l'heure de Greenwich, le secrétaire général du PJD ne perdra pas seulement une heure supplémentaire… il perdra l'un de ses arguments électoraux les plus rentables… Pendant des années, l'heure légale lui a servi de boussole politique, de refrain de meeting et parfois même de substitut à un véritable programme... Mais en politique, les aiguilles tournent... et il arrive qu'elles tournent contre ceux qui croyaient les avoir définitivement réglées…
Pendant des années, l'ancien chef du gouvernement a entretenu avec ce sujet une relation presque fusionnelle... À chaque apparition publique, l'heure légale revenait avec une régularité d'horloge suisse… Certains partis bâtissent leurs campagnes autour de l'emploi, de l'école, de la santé ou du pouvoir d'achat… Le PJD, lui, semblait avoir trouvé un raccourci… faire tenir une campagne électorale dans une montre… !!
Il faut reconnaître que le sujet avait tout pour plaire… Populaire, facile à comprendre et surtout infiniment moins risqué que certaines questions relatives au bilan des dix années passées au gouvernement... Car parler de l'heure permet souvent d'éviter de parler du temps passé au pouvoir… !!
Or voilà que la majorité pourrait lui jouer le plus cruel des tours… En récupérant une revendication que Benkirane croyait lui appartenir, elle applique l'une des plus vieilles recettes de la politique… lorsqu'un adversaire possède un slogan populaire, le plus efficace n'est pas de le combattre, mais de le lui confisquer avant qu'il n'arrive jusqu'aux urnes… !!
Cette opération dépasse largement la simple question des aiguilles... Elle illustre cette politique des symboles où certaines décisions valent davantage par leur rendement électoral que par leur portée administrative... Dans un contexte marqué par la vie chère, les carburants, le chômage, les difficultés de l'école publique et les inégalités sociales, offrir aux citoyens une mesure populaire à faible coût budgétaire constitue une opération de communication redoutablement efficace...
Pour Benkirane, en revanche, la facture politique risque d'être salée... Après l'effondrement électoral historique du PJD, l'heure supplémentaire figurait parmi les rares thèmes capables de rallumer l'enthousiasme de ses militants... Si cette carte disparaît, il faudra sérieusement renouveler le catalogue… Et c'est là que l'exercice devient délicat… !!
Car le PJD s'est progressivement spécialisé dans un curieux exercice d'équilibriste… dénoncer avec vigueur certaines décisions ou situations héritées d'une période où il occupait lui-même les commandes du gouvernement... Une étrange amnésie politique où le parti proteste aujourd'hui contre un temps dont il a lui-même réglé une partie des aiguilles… !!
Les Marocains, eux, n'ont pas oublié les promesses d'hier… Ils se souviennent des discours sur la moralisation de la vie publique, sur la justice sociale, sur le pouvoir d'achat ou sur la lutte contre les privilèges… Beaucoup attendent encore que ces promesses sortent du sablier politique…
Dès lors, si l'heure supplémentaire disparaît, Benkirane devra rapidement trouver une nouvelle cause nationale... Peut-être déclarera-t-il la guerre aux lundis matin... Peut-être promettra-t-il l'abolition des fins de mois difficiles ou la suppression des réveils... Car lorsqu'on perd son principal slogan, il ne reste plus qu'à chercher une nouvelle alarme électorale… !!
Pendant ce temps, les préoccupations des Marocains demeurent obstinément les mêmes… le coût de la vie, les prix des carburants, l'emploi, la santé, l'école, le logement et les inégalités... Autant de dossiers qui ne se règlent ni en avançant ni en reculant les aiguilles d'une montre… !!
Au fond, si la majorité réussit cette manœuvre, elle n'aura pas seulement changé l'heure… elle aura changé le calendrier de campagne du PJD… Abdelilah Benkirane devra alors partir en quête d'un nouveau cheval de bataille… Car les Marocains regardent peut-être leur montre chaque matin, mais lorsqu'ils entrent dans l'isoloir, ils regardent surtout les résultats… !! Et ceux-là ne se remettent pas à l'heure… !! Car en politique, on peut toujours changer de fuseau horaire... mais il est beaucoup plus difficile de faire oublier dix années de pouvoir… Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.
Pendant des années, l'ancien chef du gouvernement a entretenu avec ce sujet une relation presque fusionnelle... À chaque apparition publique, l'heure légale revenait avec une régularité d'horloge suisse… Certains partis bâtissent leurs campagnes autour de l'emploi, de l'école, de la santé ou du pouvoir d'achat… Le PJD, lui, semblait avoir trouvé un raccourci… faire tenir une campagne électorale dans une montre… !!
Il faut reconnaître que le sujet avait tout pour plaire… Populaire, facile à comprendre et surtout infiniment moins risqué que certaines questions relatives au bilan des dix années passées au gouvernement... Car parler de l'heure permet souvent d'éviter de parler du temps passé au pouvoir… !!
Or voilà que la majorité pourrait lui jouer le plus cruel des tours… En récupérant une revendication que Benkirane croyait lui appartenir, elle applique l'une des plus vieilles recettes de la politique… lorsqu'un adversaire possède un slogan populaire, le plus efficace n'est pas de le combattre, mais de le lui confisquer avant qu'il n'arrive jusqu'aux urnes… !!
Cette opération dépasse largement la simple question des aiguilles... Elle illustre cette politique des symboles où certaines décisions valent davantage par leur rendement électoral que par leur portée administrative... Dans un contexte marqué par la vie chère, les carburants, le chômage, les difficultés de l'école publique et les inégalités sociales, offrir aux citoyens une mesure populaire à faible coût budgétaire constitue une opération de communication redoutablement efficace...
Pour Benkirane, en revanche, la facture politique risque d'être salée... Après l'effondrement électoral historique du PJD, l'heure supplémentaire figurait parmi les rares thèmes capables de rallumer l'enthousiasme de ses militants... Si cette carte disparaît, il faudra sérieusement renouveler le catalogue… Et c'est là que l'exercice devient délicat… !!
Car le PJD s'est progressivement spécialisé dans un curieux exercice d'équilibriste… dénoncer avec vigueur certaines décisions ou situations héritées d'une période où il occupait lui-même les commandes du gouvernement... Une étrange amnésie politique où le parti proteste aujourd'hui contre un temps dont il a lui-même réglé une partie des aiguilles… !!
Les Marocains, eux, n'ont pas oublié les promesses d'hier… Ils se souviennent des discours sur la moralisation de la vie publique, sur la justice sociale, sur le pouvoir d'achat ou sur la lutte contre les privilèges… Beaucoup attendent encore que ces promesses sortent du sablier politique…
Dès lors, si l'heure supplémentaire disparaît, Benkirane devra rapidement trouver une nouvelle cause nationale... Peut-être déclarera-t-il la guerre aux lundis matin... Peut-être promettra-t-il l'abolition des fins de mois difficiles ou la suppression des réveils... Car lorsqu'on perd son principal slogan, il ne reste plus qu'à chercher une nouvelle alarme électorale… !!
Pendant ce temps, les préoccupations des Marocains demeurent obstinément les mêmes… le coût de la vie, les prix des carburants, l'emploi, la santé, l'école, le logement et les inégalités... Autant de dossiers qui ne se règlent ni en avançant ni en reculant les aiguilles d'une montre… !!
Au fond, si la majorité réussit cette manœuvre, elle n'aura pas seulement changé l'heure… elle aura changé le calendrier de campagne du PJD… Abdelilah Benkirane devra alors partir en quête d'un nouveau cheval de bataille… Car les Marocains regardent peut-être leur montre chaque matin, mais lorsqu'ils entrent dans l'isoloir, ils regardent surtout les résultats… !! Et ceux-là ne se remettent pas à l'heure… !! Car en politique, on peut toujours changer de fuseau horaire... mais il est beaucoup plus difficile de faire oublier dix années de pouvoir… Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.



