Blé tendre : le Maroc maintient son mur douanier, mais jusqu'à quand ?


Rédigé par La rédaction le Mardi 28 Juillet 2026



Le Maroc a décidé de prolonger jusqu'au 31 août 2026 le droit d'importation de 170 % appliqué au blé tendre. Cette protection douanière doit laisser davantage de temps aux opérateurs pour collecter et commercialiser la récolte nationale, dont l'écoulement avançait moins rapidement qu'attendu.

 

La logique est compréhensible. Lorsque les importations deviennent moins compétitives, minoteries et négociants sont incités à acheter d'abord le blé marocain. Le dispositif soutient ainsi les producteurs locaux et participe à la constitution des stocks.

 

Mais la mesure ne règle pas tout. Le marché du blé fonctionne sous une double contrainte : protéger le revenu agricole sans renchérir excessivement la farine et le pain. Une taxe élevée peut soutenir la récolte nationale pendant une période déterminée. Maintenue trop longtemps, elle risquerait de peser sur les coûts d'approvisionnement si les volumes disponibles ne suffisent pas.

 

Le choix du 31 août apparaît donc comme un délai d'ajustement, pas comme une fermeture durable des frontières commerciales. À l'issue de la période de collecte, les autorités devront réévaluer les stocks, les besoins des minoteries et les cours internationaux.

 

Cette décision renvoie à une fragilité plus profonde. Le Maroc reste exposé aux sécheresses, aux fluctuations mondiales et aux tensions logistiques. Le stock stratégique apporte une sécurité immédiate, mais la résilience alimentaire se construit également dans les champs : semences adaptées, irrigation plus efficace, revenus agricoles décents et réduction des pertes.

 

Le droit de douane protège une campagne. La souveraineté alimentaire, elle, exige une politique de longue haleine. Confondre les deux serait rassurant, mais trompeur.





Mardi 28 Juillet 2026
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