Vert, blanc et orange en fil conducteur: cette année, Bollywood mise massivement sur le registre patriotique. Les studios alignent films de guerre, thrillers d’espionnage, fresques mythologiques et récits nationalistes, avec l’espoir affiché de booster le box-office.
Akshaye Rathi, exploitant de salles, anticipe déjà “des chiffres historiques”, tablant sur une hausse de 45 à 50% des recettes et de 25% du public jeune. Une ambition nourrie par la nécessité de ramener les spectateurs dans les salles, en recul depuis la pandémie de Covid‑19 au profit des plateformes de streaming.
Pour reconquérir les plus jeunes, l’industrie privilégie des productions à grand spectacle portées par des têtes d’affiche. Sur le fond, les observateurs notent une convergence croissante avec les thèmes chers au Premier ministre hindou ultranationaliste Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014. Dans un pays où le cinéma pèse lourd, ce glissement idéologique participe à façonner l’opinion.
“Atteinte par la montée du nationalisme hindou et la propagande, l’industrie n’hésite pas à capitaliser sur ces sujets”, analyse Atul Mohan, rédacteur en chef du magazine Complete Cinema. “Mais sur 10 à 15 œuvres, une ou deux seulement s’imposent vraiment”, nuance-t-il.
Parmi les cartons récents, “The Kashmir Files” (2022) retraçait l’exode des populations hindoues du Cachemire indien, majoritairement musulman, dans les années 1990. À l’inverse, “The Bengal Files” (2025), évoquant les violences intercommunautaires de juillet 1946 au Bengale, a fait flop.
Le cinéma bollywoodien voit désormais triompher les récits centrés sur les conflits géopolitiques et les “ennemis de l’intérieur”, portés par des personnages masculins virils. En 2025, le thriller “Dhurandhar”, qui met en scène une opération des services de renseignement indiens contre des ennemis liés au Pakistan, s’est imposé comme l’un des succès de l’année, amplifié par la confrontation militaire de mai entre les deux pays, survenue après l’attentat meurtrier du 22 avril au Cachemire indien, attribué par New Delhi au Pakistan. Sa suite, “Dhurandhar 2”, avec la star Ranveer Singh, est annoncée pour mars.
“Ce n’est plus la qualité qui prime, ce sont les films de propagande qui marchent”, estime le critique Arnab Banerjee. Selon lui, dans le contexte politique actuel, les spectateurs se précipitent sur ces thématiques: les attaques contre le Pakistan et les mentions de pays “ennemis” sont largement acceptées, sans remise en question. Il déplore par ailleurs que “le battage sur les réseaux sociaux décide du sort d’un film”.
À contre‑exemple, “Ikkis”, sorti en janvier 2025 et consacré à la guerre indo‑pakistanaise de 1971, n’a pas rencontré un grand succès commercial malgré de bonnes critiques. “Peut‑être parce que le Pakistan n’y est pas désigné comme l’ennemi”, avance Banerjee.
De son côté, Ahmed Khan, réalisateur de la comédie d’action “Welcome to the Jungle”, attendue prochainement, continue de défendre la primauté de la qualité. Il cite “Saiyaara”, drame romantique musical acclamé en 2025, et “Dhurandhar”: “Deux films aux antipodes en termes de genre, et tous deux ont très bien marché. L’humeur du public peut changer à tout moment.”
Akshaye Rathi, exploitant de salles, anticipe déjà “des chiffres historiques”, tablant sur une hausse de 45 à 50% des recettes et de 25% du public jeune. Une ambition nourrie par la nécessité de ramener les spectateurs dans les salles, en recul depuis la pandémie de Covid‑19 au profit des plateformes de streaming.
Pour reconquérir les plus jeunes, l’industrie privilégie des productions à grand spectacle portées par des têtes d’affiche. Sur le fond, les observateurs notent une convergence croissante avec les thèmes chers au Premier ministre hindou ultranationaliste Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014. Dans un pays où le cinéma pèse lourd, ce glissement idéologique participe à façonner l’opinion.
“Atteinte par la montée du nationalisme hindou et la propagande, l’industrie n’hésite pas à capitaliser sur ces sujets”, analyse Atul Mohan, rédacteur en chef du magazine Complete Cinema. “Mais sur 10 à 15 œuvres, une ou deux seulement s’imposent vraiment”, nuance-t-il.
Parmi les cartons récents, “The Kashmir Files” (2022) retraçait l’exode des populations hindoues du Cachemire indien, majoritairement musulman, dans les années 1990. À l’inverse, “The Bengal Files” (2025), évoquant les violences intercommunautaires de juillet 1946 au Bengale, a fait flop.
Le cinéma bollywoodien voit désormais triompher les récits centrés sur les conflits géopolitiques et les “ennemis de l’intérieur”, portés par des personnages masculins virils. En 2025, le thriller “Dhurandhar”, qui met en scène une opération des services de renseignement indiens contre des ennemis liés au Pakistan, s’est imposé comme l’un des succès de l’année, amplifié par la confrontation militaire de mai entre les deux pays, survenue après l’attentat meurtrier du 22 avril au Cachemire indien, attribué par New Delhi au Pakistan. Sa suite, “Dhurandhar 2”, avec la star Ranveer Singh, est annoncée pour mars.
“Ce n’est plus la qualité qui prime, ce sont les films de propagande qui marchent”, estime le critique Arnab Banerjee. Selon lui, dans le contexte politique actuel, les spectateurs se précipitent sur ces thématiques: les attaques contre le Pakistan et les mentions de pays “ennemis” sont largement acceptées, sans remise en question. Il déplore par ailleurs que “le battage sur les réseaux sociaux décide du sort d’un film”.
À contre‑exemple, “Ikkis”, sorti en janvier 2025 et consacré à la guerre indo‑pakistanaise de 1971, n’a pas rencontré un grand succès commercial malgré de bonnes critiques. “Peut‑être parce que le Pakistan n’y est pas désigné comme l’ennemi”, avance Banerjee.
De son côté, Ahmed Khan, réalisateur de la comédie d’action “Welcome to the Jungle”, attendue prochainement, continue de défendre la primauté de la qualité. Il cite “Saiyaara”, drame romantique musical acclamé en 2025, et “Dhurandhar”: “Deux films aux antipodes en termes de genre, et tous deux ont très bien marché. L’humeur du public peut changer à tout moment.”


