Face aux accusations américaines, Téhéran contre-attaque
Lors de son discours de politique générale devant le Congrès, Donald Trump a affirmé que l’Iran disposait déjà de missiles menaçant l’Europe et les bases américaines, et travaillait à développer des engins capables d’atteindre prochainement le territoire américain. Il a également accusé la République islamique de poursuivre des « sinistres ambitions nucléaires », assurant qu’il ne permettrait jamais à Téhéran de se doter de l’arme atomique.
Quelques heures plus tard, le porte-parole du Ministère Iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a dénoncé sur le réseau X la « Répétition de gros mensonges » concernant le programme nucléaire iranien, les missiles balistiques et le bilan des troubles internes survenus en janvier.
Malgré ces tensions, le président Américain a réaffirmé privilégier une solution diplomatique, tout en évoquant la possibilité de mesures plus fermes en cas d’échec des négociations. Washington a d’ailleurs renforcé son dispositif militaire dans la région du Golfe.
Un accord jugé « à portée de main »
De son côté, le Ministre Iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a assuré que son pays restait déterminé à conclure rapidement un accord « juste et équitable ». Il a évoqué une « opportunité historique » de parvenir à un compromis inédit tenant compte des intérêts mutuels, estimant qu’un accord demeure possible si la diplomatie est privilégiée.
Téhéran continue de rejeter toute ambition militaire dans son programme nucléaire, tout en revendiquant son droit à l’énergie nucléaire civile dans le cadre du Traité de non-prolifération. Les discussions entre les deux pays avaient repris début février à Mascate, après plusieurs cycles de négociations interrompus par un conflit régional en 2025.
Contestation intérieure et tensions persistantes
Les désaccords portent aussi sur la situation intérieure Iranienne. Donald Trump a accusé les autorités iraniennes d’avoir provoqué des dizaines de milliers de morts lors de manifestations en janvier, un bilan contesté par Téhéran, qui reconnaît plusieurs milliers de victimes mais attribue les violences à des actes terroristes.
Dans ce climat, des étudiants ont récemment repris les manifestations dans plusieurs universités de Téhéran. La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a reconnu leur droit de protester tout en les mettant en garde contre le franchissement de « lignes rouges ». Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants brûlant le drapeau de la République islamique et visant le guide suprême, Ali Khamenei.
À la veille des discussions de Genève, la confrontation entre Washington et Téhéran souligne la fragilité du dialogue engagé. L’issue des négociations pourrait peser sur l’avenir du programme nucléaire iranien et sur l’équilibre régional, alors que la situation intérieure du pays reste sous surveillance.