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Budget vert : une première pour les finances publiques


Rédigé par le Vendredi 14 Août 2026

Le projet de loi de finances 2027 doit introduire, pour la première fois au Maroc, une approche de « budget vert ». L’objectif est d’identifier l’impact climatique et environnemental des dépenses publiques, afin de mieux orienter l’argent de l’État vers la transition écologique. Une évolution importante dans un pays confronté au stress hydrique, à la sécheresse et aux coûts croissants du dérèglement climatique.



Le climat entre dans les comptes publics

Budget vert : une première pour les finances publiques
Le Maroc s’apprête à franchir une étape inédite dans la gestion de ses finances publiques. Le projet de loi de finances 2027 devrait intégrer pour la première fois une approche de budget vert, avec un dispositif d’étiquetage climatique des dépenses. Concrètement, il ne s’agit pas seulement de voter des milliards de dirhams pour les ministères, mais aussi de savoir si ces dépenses aident le pays à s’adapter au changement climatique, à réduire les émissions ou, au contraire, à aggraver certaines vulnérabilités.

Cette méthode, déjà utilisée dans plusieurs pays et encouragée par les institutions internationales, consiste à classer les dépenses publiques selon leur impact environnemental. Une dépense peut être favorable au climat, neutre, ou potentiellement défavorable. Pour le Maroc, l’exercice est stratégique. Le pays investit dans les énergies renouvelables, le dessalement de l’eau de mer, les barrages, l’efficacité énergétique et les transports. Mais il reste aussi exposé à la sécheresse, à la pression sur les nappes phréatiques et aux coûts économiques du réchauffement.

L’enjeu n’est pas uniquement technique. Un budget vert peut devenir un outil de transparence. Les citoyens, les parlementaires, les entreprises et la société civile pourront mieux comprendre où va l’argent public et si les politiques annoncées correspondent réellement aux dépenses engagées. Pour un jeune Marocain, cela signifie que les promesses sur l’écologie, l’eau ou la transition énergétique peuvent être suivies plus concrètement.

Mais la réussite dépendra de la qualité de la méthode. Étiqueter une dépense ne suffit pas. Il faudra des indicateurs clairs, des administrations formées, des données fiables et une évaluation régulière. Le risque serait de transformer le budget vert en opération de communication, sans changement réel dans les priorités publiques.

Le Maroc n’a plus le luxe de séparer économie et climat. Une route, une zone industrielle, une politique agricole ou un investissement touristique ont désormais un coût environnemental mesurable. Le PLF 2027 peut donc marquer un tournant : celui d’un État qui ne dépense plus seulement pour construire, mais aussi pour durer.

Pour les jeunes Marocains, la question est directe : si le climat entre dans le budget, il doit aussi entrer dans le débat public. Car demain, le vrai luxe ne sera pas seulement la croissance, mais une croissance capable de préserver l’eau, les villes et les emplois du pays.




Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 14 Août 2026