Des faux billets, de vraies victimes
Sur Facebook, WhatsApp ou Telegram, des pages et profils anonymes proposent des billets “garantis”, parfois à des prix alléchants, parfois à des tarifs totalement gonflés. Le scénario est souvent le même. Le supporter paie. Le vendeur disparaît. Plus de billet, plus de réponse. Plusieurs victimes ont partagé captures d’écran, reçus de virements et échanges pour prévenir les autres. Trop tard pour elles, mais utile pour les suivants.
Le marché noir numérique pointé du doigt
Pour Bouazza El Kharrati, président de l’Association marocaine pour les droits des consommateurs, le problème est clair : le marché noir alimente la fraude. Il rappelle que les prix officiels sont connus et accessibles. Acheter ailleurs, c’est prendre un risque. Il appelle les supporters à passer uniquement par les plateformes agréées et à éviter toute transaction douteuse. Selon lui, limiter le nombre de billets par personne, voire adopter une billetterie nominative, aurait réduit ces dérives.
Une fraude de plus en plus organisée
L’expert en cybersécurité Tayeb Hezzaz va plus loin. Il parle de réseaux structurés, utilisant parfois de fausses identités et des données volées. Ces pratiques dépassent la simple arnaque et ouvrent la porte à des délits plus lourds, comme l’usurpation d’identité ou le blanchiment d’argent. Il appelle à une mobilisation conjointe des autorités, des banques et des plateformes numériques.
Les plaintes se multiplient et les autorités sont attendues au tournant. D’ici là, un conseil simple circule : billet officiel ou rien. Parce qu’à la CAN, mieux vaut rater un match que perdre son argent.