À la question « Avez-vous essayé d’acheter un billet pour assister à un match de la CAN 2025 ? », les résultats sont sans équivoque : seuls 8 % des Marocains déclarent avoir tenté l’achat d’un billet, contre 92 % qui n’ont entrepris aucune démarche.
Le profil de ceux qui ont essayé se distingue nettement : il s’agit majoritairement de femmes, de jeunes âgés de 18 à 34 ans, de citadins résidant dans les régions du Centre, et appartenant principalement à la catégorie socio-professionnelle C. À l’inverse, les personnes n’ayant pas tenté l’expérience sont surtout des hommes de 35 ans et plus, vivant dans le Sud, en milieu rural, et issus des CSP D et E.
Une procédure d’achat jugée majoritairement difficile
Parmi les 8 % ayant cherché à se procurer un billet, l’expérience d’achat apparaît contrastée. Si 42 % estiment la démarche facile — dont 22 % très facile —, une majorité de 52 % la juge difficile, dont 31 % très difficile. Les profils ayant trouvé l’achat simple sont surtout des femmes, des jeunes de 25 à 34 ans, mais aussi des seniors de 45 à 64 ans, majoritairement citadins et issus de la CSP C.
Des tarifs qui divisent l’opinion
Concernant les prix, 49 % des répondants les considèrent abordables, dont 34 % très abordables. En revanche, 43 % estiment les billets peu ou pas abordables, dont 34 % « pas du tout ». Cette répartition illustre une tension persistante entre l’enthousiasme suscité par l’événement et les contraintes financières ressenties par une partie du public.
Un accès complexe, mais peu dissuasif
Enfin, l’enquête s’est intéressée aux raisons de la non-demande. Parmi ceux qui n’ont pas tenté d’acheter un billet, seuls 13 % affirment avoir été découragés par la difficulté d’accès, contre 87 % qui rejettent cette explication. L’abstention semble donc davantage liée à d’autres facteurs : manque d’intérêt, contraintes financières ou logistiques, ou préférence pour suivre la compétition à distance.
Au final, l’enquête L’Économiste–Sunergia révèle une réalité nuancée : si l’accès aux billets n’est pas perçu comme impossible par tous, il ne mobilise qu’une minorité de Marocains, principalement jeune, urbaine et issue de la classe moyenne.