Le moment choisi n’est pas anodin.
Alors que le monde célébrait la Journée internationale des droits des femmes , l’accent a été mis sur un principe devenu central dans la réflexion sur le développement :
Aucune société ne peut prétendre élargir sa classe moyenne sans intégrer pleinement les femmes dans la dynamique économique, sociale et politique.
Dans cette perspective, l’engagement politique en faveur de l’égalité et de l’autonomisation féminine apparaît non seulement comme un impératif moral, mais aussi comme un levier stratégique de développement.
Mais le discours s’est également inscrit dans une réalité très concrète : celle de la pression hydrique qui pèse sur le Maroc depuis plusieurs années. Après sept années de sécheresse, les récentes précipitations ont apporté un répit attendu.
La remontée du niveau des barrages et la recharge progressive des nappes phréatiques redonnent de l’oxygène à une stratégie hydrique nationale fondée sur l’anticipation et l’investissement.
L’objectif affiché demeure ambitieux : garantir l’accès universel à l’eau potable et sécuriser durablement l’irrigation agricole, deux piliers essentiels de la stabilité sociale et économique.
Routes modernisées, désenclavement des zones rurales, amélioration de la connectivité : autant de chantiers structurants qui conditionnent l’attractivité des territoires et la création d’opportunités économiques.
Cette approche s’inscrit dans une vision plus large du développement, où l’investissement public ne doit pas seulement répondre à l’urgence, mais préparer l’avenir.
À cet égard, les grands projets d’infrastructures et les réformes juridiques en préparation — notamment celles visant à garantir une indemnisation plus juste dans les procédures d’expropriation — traduisent la volonté de renforcer la confiance entre l’État et les citoyens.
Autre enjeu majeur : la place des petites et moyennes entreprises dans la commande publique.
Dans une économie qui cherche à élargir sa base productive, l’accès des entreprises locales aux marchés publics devient un facteur déterminant pour dynamiser l’emploi, notamment dans les territoires où le chômage demeure élevé.
Enfin, à l’horizon se profile un moment charnière pour le pays.
Entre l’organisation de la FIFA World Cup 2030 , qui mobilise d’importants investissements structurants, et la perspective de nouvelles responsabilités politiques liées à l’évolution du dossier du Sahara, le prochain cycle gouvernemental sera appelé à conjuguer vision stratégique, crédibilité politique et efficacité dans l’action publique.
Dans cette équation complexe, la clé pourrait bien résider dans un principe simple mais exigeant :
Rapprocher la décision publique des citoyens, promouvoir des élites locales crédibles et faire de la responsabilité politique un véritable contrat de confiance.
Car au fond, le véritable défi n’est pas seulement de construire des routes, des barrages ou des infrastructures.
Il est de construire un Maroc où chaque territoire avance au même rythme, et où le développement devient enfin une réalité partagée.
Par Said Temsamani.
