L'ODJ Média

Carburant : +2 dirhams sur le diesel dès le 16 mars


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Dimanche 15 Mars 2026

Les automobilistes marocains s’apprêtent à affronter une nouvelle hausse sensible à la pompe. À partir du 16 mars à minuit, le prix du diesel augmente d’environ 2 dirhams par litre, conséquence directe de la flambée des cours du pétrole sur les marchés internationaux et des tensions géopolitiques qui secouent actuellement le Moyen-Orient.



Carburant : +2 dirhams sur le diesel dès le 16 mars

Dans de nombreuses stations-service du Royaume, la rumeur circulait déjà depuis plusieurs jours. Les professionnels savaient que les prix du carburant allaient remonter, mais l’ampleur de la hausse restait incertaine. Les dernières estimations du secteur confirment désormais une augmentation marquée, notamment sur le gasoil, qui devrait progresser d’environ 2 dirhams par litre dans la nouvelle grille tarifaire appliquée à partir du 16 mars à minuit.
 

Concrètement, le litre de diesel, qui se situait autour de 10,80 dirhams, devrait franchir le seuil des 12 dirhams, tandis que l’essence enregistrera également une hausse, mais plus modérée. Cette évolution place une nouvelle fois la question du prix du carburant au Maroc au cœur des préoccupations économiques, tant pour les ménages que pour les professionnels.
 

Cette hausse n’est pas un phénomène isolé. Elle s’inscrit dans un contexte international particulièrement tendu. Depuis la fin du mois de février, les marchés énergétiques sont secoués par les tensions autour du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Les perturbations géopolitiques dans cette zone ont provoqué une forte volatilité des cours, alimentant la crainte d’une nouvelle flambée énergétique à l’échelle mondiale.
 

Pour un pays importateur d’énergie comme le Maroc, cette dépendance aux marchés internationaux se traduit presque immédiatement par un ajustement à la pompe. La remontée du prix du baril renchérit le coût d’importation des produits pétroliers et se répercute mécaniquement sur les tarifs appliqués dans les stations-service.
 

Sur le terrain, les premiers concernés restent les professionnels du transport. Chauffeurs de taxi, transporteurs routiers et entreprises logistiques observent ces évolutions avec attention. Dans une économie où la route demeure l’axe principal de circulation des marchandises, toute augmentation du diesel entraîne presque automatiquement une hausse des coûts de distribution et, à terme, des prix à la consommation.
 

Plusieurs observateurs rappellent d’ailleurs que l’impact du carburant dépasse largement la simple facture des automobilistes. Le diesel reste le carburant dominant pour le transport des biens et des personnes. Lorsqu’il augmente fortement, c’est toute la chaîne économique qui ressent la pression, de l’agriculture aux services.
 

Cette situation ravive également un débat récurrent au Maroc : celui du rôle de l’État face aux fluctuations du marché pétrolier. Par le passé, le gouvernement a déjà mis en place un mécanisme de soutien direct aux transporteurs afin de limiter la répercussion des hausses du carburant sur les tarifs du transport et sur le pouvoir d’achat des ménages. Ce dispositif avait été activé en 2022 dans le contexte du choc énergétique mondial.
 

Aujourd’hui, alors que les prix du pétrole repartent à la hausse, certains acteurs du secteur estiment que la question d’un nouveau soutien pourrait rapidement revenir sur la table. L’objectif serait d’éviter une transmission trop brutale de la hausse du diesel vers les prix des produits et des services.
 

Au-delà de l’actualité immédiate, cet épisode rappelle surtout une réalité structurelle : malgré les efforts engagés dans le développement des énergies renouvelables, le Maroc demeure encore fortement dépendant des importations d’hydrocarbures. Tant que cette dépendance persistera, les variations du marché pétrolier international continueront d’influencer directement la vie quotidienne des citoyens.
 

Pour les automobilistes marocains, la hausse annoncée du diesel de deux dirhams constitue donc bien plus qu’un simple ajustement tarifaire. Elle rappelle, une fois encore, à quel point les équilibres énergétiques mondiaux peuvent peser sur l’économie nationale et sur le budget des ménages.





Dimanche 15 Mars 2026