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Carburants : les six milliards de dirhams qui posent la vraie question de la sécurité énergétique


Rédigé par La rédaction le Jeudi 2 Juillet 2026



Le Maroc veut mieux se préparer aux chocs énergétiques. La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a annoncé un programme d'investissement estimé à six milliards de dirhams à l'horizon 2030 pour renforcer les capacités nationales de stockage des produits pétroliers. L'objectif affiché est clair : éviter que chaque crise internationale ne rappelle brutalement au Royaume sa dépendance aux marchés extérieurs.
  Le sujet mérite mieux qu'une annonce technique. Car derrière les mètres cubes supplémentaires, il y a une réalité que les ménages, les transporteurs et les industriels connaissent trop bien : lorsque le pétrole s'emballe, tout le reste suit.
  Les prix à la pompe, le coût du transport, les produits alimentaires, les matériaux de construction. Une économie importatrice d'énergie ne peut pas prétendre à une totale souveraineté, mais elle peut au moins réduire son exposition aux ruptures d'approvisionnement.
  Selon les éléments présentés devant le Parlement, les capacités de stockage devraient progresser de plus de trente pour cent, avec plus d'un million et demi de mètres cubes additionnels attendus. Le gouvernement veut aussi mieux répartir les infrastructures sur le territoire, alors qu'une large part des capacités actuelles reste concentrée autour de Casablanca-Settat et Tanger-Tétouan.
  Reste un angle mort : renforcer les stocks ne doit pas devenir une manière de repousser le débat sur la transition. Le Maroc avance sur les renouvelables, l'hydrogène vert et l'efficacité énergétique.
  Mais le pays reste vulnérable au pétrole importé. La sécurité énergétique ne se résume donc pas à stocker davantage : elle suppose aussi de consommer autrement, et de produire plus localement.




Jeudi 2 Juillet 2026