Pour de nombreux citoyens, ces bulletin hebdomadaires sont devenus des repères précieux. Ils ne reflètent pas les tarifs pratiqués chez les détaillants, mais offrent une lecture instructive de ce qui se déroule à la source du circuit alimentaire. Les chiffres de Casablanca Prestation sont fournis à titre indicatif, avec l’avertissement qu’ils peuvent varier selon la qualité ou l’origine des produits.
Sur le segment des viandes rouges, l’équilibre reste la règle. La viande bovine connaît un ajustement modéré, le prix plancher reculant d’environ 1 dirham pour se situer entre 71 et 95 DH/kg, un signe d’apaisement discret des cours. Les viandes ovines, quant à elles, conservent une stabilité remarquable, oscillant toujours entre 100 et 115 DH/kg, un constat que les opérateurs du secteur décrivent comme « rassurant » dans un contexte où les coûts de production ont montré des signes de pression ces derniers mois.
Les légumes, eux, dessinent une image un peu plus contrastée. À première vue, plusieurs produits affichent des replis notables de leurs fourchettes de prix, preuve d’une offre plus soutenue ou d’une demande modérée. Ainsi, les carottes passent de 3,5-6,5 DH/kg à 2-4 DH/kg, tandis que les pommes de terre glissent vers 1,8-3,8 DH/kg. Les concombres enregistrent également un léger ajustement à la baisse. Exception faite des tomates, qui, contre toute attente, voient leur prix maximal s’élever de 50 centimes, portant leur intervalle de prix à 2,5-6 DH/kg – une dynamique qui surprend bon nombre de consommateurs habitués à leur volatilité saisonnière.
Du côté des fruits, la situation est globalement sereine. Les avocats restent stables entre 15 et 23 DH/kg, les bananes importées se maintiennent à 10-14 DH/kg, et les bananes locales continuent de se négocier entre 6 et 9 DH/kg. Les oranges aussi conservent une relative stabilité autour de 3-4,8 DH/kg. Notons toutefois un mouvement haussier sur le kaki, dont la fourchette progresse à 9-17 DH/kg, et l’entrée cette saison des fraises sur le marché de gros, proposées entre 9 et 15 DH/kg – un signe encourageant d’une diversification graduelle de l’offre.
Sur le plan structurel, l’année 2025 a été marquée par une croissance notable de l’activité du marché de gros de Casablanca : 1,7 million de tonnes de marchandises ont été commercialisées, soit une hausse de 6 % par rapport à 2024, tandis que les recettes franchissaient la barre de 187 millions de dirhams, marquant une progression similaire. L’afflux de 244 706 camions, en hausse de 5 % par rapport à 2024, témoigne d’un dynamisme commercial affirmé malgré un contexte macroéconomique parfois incertain.
Pour les ménages marocains, ces statistiques offrent un miroir utile pour comprendre l’évolution du panier alimentaire. Si la stabilité des prix de gros peut laisser espérer des prix plus raisonnables en aval, la réalité des marchés de détail souvent plus élevés – rappelle que les défis de pouvoir d’achat et de transparence des circuits restent bien présents.