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Cash au Maroc : Le paradoxe d’un pays digital qui garde ses billets


Rédigé par PATRICIA GOMBO BOKI le Mardi 12 Mai 2026

La circulation fiduciaire au Maroc a atteint 511,2 milliards de dirhams à fin mars 2026, selon les données relayées par Attijari Global Research. Un nouveau record. Et un signal qui mérite plus qu’un commentaire technique. Dans un pays qui parle paiement mobile, digitalisation bancaire, fintech et inclusion financière, le cash continue de dominer une grande partie des usages quotidiens.



Cash au Maroc : Le paradoxe d’un pays digital qui garde ses billets
Ce n’est pas seulement une habitude. Le billet rassure. Il permet de payer vite, sans frais visibles, sans terminal, sans trace immédiate, parfois aussi sans compte bancaire actif. Dans les marchés, les hanouts, les petits services, les zones rurales ou périurbaines, le cash reste un langage économique partagé. Il dit quelque chose de la confiance, ou plutôt de son absence partielle envers les outils numériques.

Mais cette progression historique interroge aussi la politique monétaire, la fiscalisation de l’économie et la lutte contre l’informel. Plus le cash enfle, plus il devient difficile de mesurer précisément certains flux économiques. Bank Al-Maghrib continue d’intervenir pour assurer la liquidité du marché, mais le sujet dépasse la seule banque centrale : il touche aux comportements sociaux, à la structure du commerce et au rythme réel de modernisation.

La digitalisation ne se décrète pas. Elle se gagne. Par la simplicité, le coût réduit, la confiance et l’utilité immédiate. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, le billet gardera une longueur d’avance.




Mardi 12 Mai 2026