Mais dans le même temps, force est de constater que le nombre de mentions au baccalauréat s’est élevé à 161.657 en 2026, contre 127.338 en 2023, soit une progression de presque 27%.
On peut bien sûr s’en féliciter sauf que, d’après une publication récente de l’OCP Policy Center, à peine 9% des étudiants du premier cycle universitaire obtiennent leur diplôme de licence dans la durée normale de trois années.
Cela signifie que moins les compétences sont au rendez-vous, plus les bulletins des élèves sont dithyrambiques ! En réalité, le taux de succès au baccalauréat aurait dû être bien moindre, autour de 15%.
Ainsi, les handicaps cumulés par les élèves marocains au terme de leur cycle collégial et à ce stade crucial de leur développement cognitif, les mettent en situation d’échec et peuvent même perdurer tout au long de leur vie.
Résultat de l’inadaptation de nos institutions éducatives à la massification scolaire, ils constituent pour le pays une perte de chances de former des jeunes qualifiés, en mesure de répondre aux défis économiques et technologiques qui attendent notre pays.
Cela signifie que moins les compétences sont au rendez-vous, plus les bulletins des élèves sont dithyrambiques ! En réalité, le taux de succès au baccalauréat aurait dû être bien moindre, autour de 15%.
Ainsi, les handicaps cumulés par les élèves marocains au terme de leur cycle collégial et à ce stade crucial de leur développement cognitif, les mettent en situation d’échec et peuvent même perdurer tout au long de leur vie.
Résultat de l’inadaptation de nos institutions éducatives à la massification scolaire, ils constituent pour le pays une perte de chances de former des jeunes qualifiés, en mesure de répondre aux défis économiques et technologiques qui attendent notre pays.
Certes, il est entendu que les résultats de cette enquête PISA ne mesurent aucunement les effets des « établissements pionniers » en cours de déploiement :
L’impact de ce programme sur les résultats du Maroc ne pourra être appréhendé que lorsque les élèves qui en ont effectivement bénéficié au cours de leur parcours auront atteint l’âge de participer à l’évaluation, c’est-à-dire en 2031.
Pour autant, même si l’analyse de l’expérience internationale montre que la maîtrise des savoirs fondamentaux dès le primaire est le facteur le plus prédictif du score PISA, le collège ne peut être l’angle mort de nos politiques éducatives.
Il est en effet possible d’éviter ce véritable gâchis humain comme le montre l’expérience des Philippines qui, à la faveur d’un plan massif de remédiation directement adressé aux collégiens et aux lycéens, se sont imposées comme l’une des plus fortes progressions mondiales de l’enquête PISA de 2025, en dépit de scores très faibles à l’enquête internationale sur les tendances de l'enseignement des mathématiques et des sciences (TIMSS) de 2019.
La question n’est pas tant de s’armer de patience et de persévérance pour espérer observer au cours de la prochaine décennie un redressement significatif du classement du Maroc, mais de sortir de cette crise des apprentissages qui enraye le système éducatif public, au risque de sacrifier une partie de la jeunesse.
En fait, la baisse du niveau des élèves marocains est à rapprocher de leur capacité limitée à mobiliser des compétences nécessaires pour atteindre des objectifs de la vie quotidienne et participer activement à la vie sociale.
La seule maîtrise des programmes scolaires ne suffit plus et comme l’écrivait Montaigne au XVIème siècle déjà, « mieux vaut être une tête bien faite qu’une tête bien pleine ».
L’urgence pédagogique est désormais de rendre chaque élève apte à mobiliser ses connaissances pour comprendre, raisonner, critiquer, créer, pour agir.
Cette évolution est essentielle à l’heure de l’intelligence artificielle (IA). Ses progrès fulgurants vont mettre en tension tous les systèmes éducatifs. Le risque d’une dépendance à l’IA lorsque la machine répond, calcule, écrit ou résonne à notre place est bien réel et la réponse ne peut venir d’une école qui vise seulement la transmission des savoirs disciplinaires.
Autrement dit, l’école doit aussi se concentrer sur l’acquisition de compétences générales. Tous les travaux récents en économie montrent que celles-ci favorisent la réussite scolaire puis professionnelle, mais dès lors qu’elles ne s’exercent pas dans le vide.
Ces compétences opèrent sur un contenu et la qualité d’un raisonnement dépend des connaissances acquises.
De même, on ne peut développer une pensée critique sur un sujet qu’on ignore, faute de concepts pour l’analyser et de repères pour juger qu’une affirmation est plausible. Autrement dit, on ne vérifie bien que ce que l’on connaît bien !
Pour autant, même si l’analyse de l’expérience internationale montre que la maîtrise des savoirs fondamentaux dès le primaire est le facteur le plus prédictif du score PISA, le collège ne peut être l’angle mort de nos politiques éducatives.
Il est en effet possible d’éviter ce véritable gâchis humain comme le montre l’expérience des Philippines qui, à la faveur d’un plan massif de remédiation directement adressé aux collégiens et aux lycéens, se sont imposées comme l’une des plus fortes progressions mondiales de l’enquête PISA de 2025, en dépit de scores très faibles à l’enquête internationale sur les tendances de l'enseignement des mathématiques et des sciences (TIMSS) de 2019.
La question n’est pas tant de s’armer de patience et de persévérance pour espérer observer au cours de la prochaine décennie un redressement significatif du classement du Maroc, mais de sortir de cette crise des apprentissages qui enraye le système éducatif public, au risque de sacrifier une partie de la jeunesse.
En fait, la baisse du niveau des élèves marocains est à rapprocher de leur capacité limitée à mobiliser des compétences nécessaires pour atteindre des objectifs de la vie quotidienne et participer activement à la vie sociale.
La seule maîtrise des programmes scolaires ne suffit plus et comme l’écrivait Montaigne au XVIème siècle déjà, « mieux vaut être une tête bien faite qu’une tête bien pleine ».
L’urgence pédagogique est désormais de rendre chaque élève apte à mobiliser ses connaissances pour comprendre, raisonner, critiquer, créer, pour agir.
Cette évolution est essentielle à l’heure de l’intelligence artificielle (IA). Ses progrès fulgurants vont mettre en tension tous les systèmes éducatifs. Le risque d’une dépendance à l’IA lorsque la machine répond, calcule, écrit ou résonne à notre place est bien réel et la réponse ne peut venir d’une école qui vise seulement la transmission des savoirs disciplinaires.
Autrement dit, l’école doit aussi se concentrer sur l’acquisition de compétences générales. Tous les travaux récents en économie montrent que celles-ci favorisent la réussite scolaire puis professionnelle, mais dès lors qu’elles ne s’exercent pas dans le vide.
Ces compétences opèrent sur un contenu et la qualité d’un raisonnement dépend des connaissances acquises.
De même, on ne peut développer une pensée critique sur un sujet qu’on ignore, faute de concepts pour l’analyser et de repères pour juger qu’une affirmation est plausible. Autrement dit, on ne vérifie bien que ce que l’on connaît bien !
Il ne faut pas voir dans la concomitance de la montée en puissance de l’IA et la baisse du niveau scolaire pointée par l’enquête PISA un lien de causalité, du moins de causalité unique.
Il existe d’autres facteurs explicatifs, sans doute ces changements d’attitude des élèves et de leurs parents vis-à-vis des apprentissages et de l’autorité, qui trouvent peut-être une nouvelle expression avec le numérique. L’omniprésence des écrans n’a fait qu’exacerber ou rendre plus visibles ces évolutions.
Mais quoiqu’il en soit, il est crucial que l’école publique aborde ce virage de l’IA en bonne posture. Toutes disciplines confondues, un élève marocain de quinze ans accuse, selon les critères de conversion de l’OCDE retenus dans le cadre de l’enquête PISA, l’équivalent de dix années d’apprentissage de retard sur son homologue singapourien.
Le système d’éducation à Singapour fait déjà usage de l’IA, mais de façon critique et raisonnée. Mais les savoirs disciplinaires restent au cœur de l’enseignement et les connaissances sont évaluées par des examens rigoureux.
Cette approche s’avère tout à fait pertinente car elle renseigne sur l’autonomie acquise par les élèves, leurs capacités cognitives, leurs compétences. Par inférence, le même paradigme permet d’évaluer, au passage, les pratiques pédagogiques et les progrès des élèves.
Ainsi, au bénéfice des élèves et en complément des apprentissages indispensables, l’IA peut offrir un tutorat individualisé, particulièrement précieux.
En l’occurrence, l’IA se présente aussi comme une excellente opportunité pédagogique pour améliorer les performances scolaires des élèves défavorisés et permettre la résorption d’une fracture socio-scolaire déjà prégnante.
En parallèle, elle libère du temps aux enseignants qui peuvent se consacrer à leur cœur de métier : transmettre des savoirs, mais aussi le désir et l’envie d’apprendre et de comprendre.
Dans notre pays, l’IA figure parmi les usages spontanés des élèves interrogés dans le cadre de l’enquête PISA :
52,7 % d’entre eux ont en effet déclaré avoir appris à évaluer les informations générées par l’IA en classe, alors que la moyenne est de 62,6 % dans les pays de l’OCDE.
Pour autant, le département de l’Education nationale ne semble pas avoir pris la pleine mesure de la lame de fond qu’elle représente.
A l’ouverture de la 12ème législature, S.M. le Roi a placé l’IA parmi les priorités stratégiques du Royaume et c’est bien en forgeant une population éclairée, formée et cultivée que cette technologie pourra déployée pleinement son potentiel au service d’un Maroc résilient et compétitif.
Le calendrier n’attend pas : l’IA a changé de nature en moins de deux années alors que les cycles de réforme scolaire se comptent en dizaines d’années. Le risque de chômage de masse parmi les jeunes diplômés, y compris les meilleurs, est bien réel.
Notre modèle éducatif doit s’y adapter et donner aux jeunes les moyens de faire face à l’incertitude et à l’accélération qui marqueront les décennies prochaines.
L’adéquation entre formation et emploi sera de moins en moins assurée et cela suppose de nouvelles méthodes pédagogiques davantage fondées sur l’autonomie et la confiance en soi.
Mais quoiqu’il en soit, il est crucial que l’école publique aborde ce virage de l’IA en bonne posture. Toutes disciplines confondues, un élève marocain de quinze ans accuse, selon les critères de conversion de l’OCDE retenus dans le cadre de l’enquête PISA, l’équivalent de dix années d’apprentissage de retard sur son homologue singapourien.
Le système d’éducation à Singapour fait déjà usage de l’IA, mais de façon critique et raisonnée. Mais les savoirs disciplinaires restent au cœur de l’enseignement et les connaissances sont évaluées par des examens rigoureux.
Cette approche s’avère tout à fait pertinente car elle renseigne sur l’autonomie acquise par les élèves, leurs capacités cognitives, leurs compétences. Par inférence, le même paradigme permet d’évaluer, au passage, les pratiques pédagogiques et les progrès des élèves.
Ainsi, au bénéfice des élèves et en complément des apprentissages indispensables, l’IA peut offrir un tutorat individualisé, particulièrement précieux.
En l’occurrence, l’IA se présente aussi comme une excellente opportunité pédagogique pour améliorer les performances scolaires des élèves défavorisés et permettre la résorption d’une fracture socio-scolaire déjà prégnante.
En parallèle, elle libère du temps aux enseignants qui peuvent se consacrer à leur cœur de métier : transmettre des savoirs, mais aussi le désir et l’envie d’apprendre et de comprendre.
Dans notre pays, l’IA figure parmi les usages spontanés des élèves interrogés dans le cadre de l’enquête PISA :
52,7 % d’entre eux ont en effet déclaré avoir appris à évaluer les informations générées par l’IA en classe, alors que la moyenne est de 62,6 % dans les pays de l’OCDE.
Pour autant, le département de l’Education nationale ne semble pas avoir pris la pleine mesure de la lame de fond qu’elle représente.
A l’ouverture de la 12ème législature, S.M. le Roi a placé l’IA parmi les priorités stratégiques du Royaume et c’est bien en forgeant une population éclairée, formée et cultivée que cette technologie pourra déployée pleinement son potentiel au service d’un Maroc résilient et compétitif.
Le calendrier n’attend pas : l’IA a changé de nature en moins de deux années alors que les cycles de réforme scolaire se comptent en dizaines d’années. Le risque de chômage de masse parmi les jeunes diplômés, y compris les meilleurs, est bien réel.
Notre modèle éducatif doit s’y adapter et donner aux jeunes les moyens de faire face à l’incertitude et à l’accélération qui marqueront les décennies prochaines.
L’adéquation entre formation et emploi sera de moins en moins assurée et cela suppose de nouvelles méthodes pédagogiques davantage fondées sur l’autonomie et la confiance en soi.
L’enquête PISA a en outre confirmé le caractère inégalitaire du système scolaire marocain.
Entre 2022 et 2025, les résultats en sciences des élèves défavorisés baissent de 13 points tandis que ceux des élèves favorisés progressent de 5 points :
L’écart se creuse de 18 points, mais dans un contexte où, il est important de le rappeler, les élèves marocains sont, dans l’ensemble, peu performants dans chacune des trois disciplines évaluées.
Du reste, le score du Maroc enregistre sa plus forte baisse en lecture (18 points), ce qui conforte le constat fait sur le recul de la maîtrise des compétences scientifiques et en mathématiques par les élèves marocains : si on maitrise mal la lecture, on ne peut pas comprendre un énoncé.
Sur cet aspect en particulier, tous les élèves ne partent pas avec les mêmes ressources : les élèves issus des milieux défavorisés sont pénalisés :
Leur compétence en lecture, avec un score de 307 points, est bien moindre que celle affichée par leurs homologues des milieux les plus favorisés (397 points, soit un écart de 76 points).
Cela impacte aussi leur maîtrise du numérique qui dépend de nombre de compétences liées aux mécanismes de la lecture réflexive, comme la capacité à se concentrer, interpréter, synthétiser et raisonner.
Ainsi, en résolution de problèmes computationnelles, le Maroc obtient 374 points (500 points en moyenne dans les pays de l’OCDE) et seulement 52,7 % des élèves marocains déclarent avoir appris à évaluer la qualité des informations générées par l’IA en classe alors que la moyenne de l’OCDE est de 62,6 %.
Pourtant, et cela est la bonne nouvelle de l’édition 2025 de l’enquête PISA, les jeunes Marocains n’ignorent rien de la valeur symbolique de leur école.
En dépit des frustrations cumulées, celle-ci est encore considérée comme un espace d’émancipation. Près de 80% des élèves ont en effet déclaré aimer apprendre de nouvelles choses à l’école, contre environ 69% dans les pays de l’OCDE.
En outre, 16,4 % des élèves marocains issus de milieux défavorisés parviennent à faire preuve de résilience scolaire et à obtenir des scores élevés en dépit de leur vulnérabilité socio-économique.
Ce résultat traduit la capacité de ces jeunes à trouver autour d’eux les ressources nécessaires pour construire leur parcours. Ils sont loin de s’être détournés du modèle méritocratique et croient pour beaucoup que les mérites individuels doivent déterminer les positions sociales.
Ils font preuve en effet d’une persévérance et d’un goût de l’effort qui dépassent de plus de 10 points la moyenne des pays de l'OCDE.
Ainsi, ont-ils « intériorisé » le discours méritocratique car même si le niveau de l’école baisse, la compétition scolaire se durcit et renforce les stratégies familiales pour parvenir, lorsque les ressources le permettent encore, à de meilleures positions sociales.
L’écart se creuse de 18 points, mais dans un contexte où, il est important de le rappeler, les élèves marocains sont, dans l’ensemble, peu performants dans chacune des trois disciplines évaluées.
Du reste, le score du Maroc enregistre sa plus forte baisse en lecture (18 points), ce qui conforte le constat fait sur le recul de la maîtrise des compétences scientifiques et en mathématiques par les élèves marocains : si on maitrise mal la lecture, on ne peut pas comprendre un énoncé.
Sur cet aspect en particulier, tous les élèves ne partent pas avec les mêmes ressources : les élèves issus des milieux défavorisés sont pénalisés :
Leur compétence en lecture, avec un score de 307 points, est bien moindre que celle affichée par leurs homologues des milieux les plus favorisés (397 points, soit un écart de 76 points).
Cela impacte aussi leur maîtrise du numérique qui dépend de nombre de compétences liées aux mécanismes de la lecture réflexive, comme la capacité à se concentrer, interpréter, synthétiser et raisonner.
Ainsi, en résolution de problèmes computationnelles, le Maroc obtient 374 points (500 points en moyenne dans les pays de l’OCDE) et seulement 52,7 % des élèves marocains déclarent avoir appris à évaluer la qualité des informations générées par l’IA en classe alors que la moyenne de l’OCDE est de 62,6 %.
Pourtant, et cela est la bonne nouvelle de l’édition 2025 de l’enquête PISA, les jeunes Marocains n’ignorent rien de la valeur symbolique de leur école.
En dépit des frustrations cumulées, celle-ci est encore considérée comme un espace d’émancipation. Près de 80% des élèves ont en effet déclaré aimer apprendre de nouvelles choses à l’école, contre environ 69% dans les pays de l’OCDE.
En outre, 16,4 % des élèves marocains issus de milieux défavorisés parviennent à faire preuve de résilience scolaire et à obtenir des scores élevés en dépit de leur vulnérabilité socio-économique.
Ce résultat traduit la capacité de ces jeunes à trouver autour d’eux les ressources nécessaires pour construire leur parcours. Ils sont loin de s’être détournés du modèle méritocratique et croient pour beaucoup que les mérites individuels doivent déterminer les positions sociales.
Ils font preuve en effet d’une persévérance et d’un goût de l’effort qui dépassent de plus de 10 points la moyenne des pays de l'OCDE.
Ainsi, ont-ils « intériorisé » le discours méritocratique car même si le niveau de l’école baisse, la compétition scolaire se durcit et renforce les stratégies familiales pour parvenir, lorsque les ressources le permettent encore, à de meilleures positions sociales.
Il s’agit-là d’un basculement important par rapport à la théorie sociologique de Pierre Bourdieu.
L’échec scolaire ne serait plus vécu comme la conséquence d’un monde social donné.
Ce basculement peut alors prendre un tournant structurel et contribuer à relever le niveau de l’école publique marocaine si, au nom de la justice scolaire, des investissements massifs sont engagés, dès les premières années, dans la maitrise de la langue et le raisonnement mathématique, en ciblant en particulier les élèves les plus fragiles ou issus des milieux socio-économiques défavorisés.
C’est bien eux qui vont activer la mobilité sociale au lieu de voir perdurer une reproduction sociale confondante que plus grand nombre ne semble plus songer à dénoncer.
En somme, la baisse des performances scolaires révélées par PISA ne relève pas que du débat pédagogique : elle engage l’avenir économique du pays et de ses enfants. Les résultats de l’enquête PISA ne laissent aucune place au doute.
En plus de la généralisation de l’éducation préscolaire de qualité, la lecture dès les premières classes, à l’image du programme britannique « Drop everything and read » devient un choix prioritaire : sa maîtrise dès le plus jeune âge permet la compréhension de l’écrit et améliore les capacités de raisonnement des élèves, particulièrement en mathématiques qui représentent la langue de l’économie et du monde qui vient.
Un pays sans matheux se sera au mieux que le simple spectateur du formidable mouvement d’innovations qui se fera ailleurs.
Chaque cohorte d’élèves fâchés avec les chiffres et les équations rétrécit notre PIB potentiel à long terme, au moment même où l’échec scolaire coûte environ 10% du budget annuel accordé à l’éducation nationale.
Mais la facture la plus lourde n’est pas budgétaire seulement. Elle est sociale, car elle priverait le Maroc d’un puissant ascenseur social, car les mathématiques représentent une discipline où le talent ne s’hérite pas, où l’enfant d’un ouvrier, d’un infirmier, d’un vigile ou d’un paysan peut, par le mérite de son raisonnement, réussir dans les meilleurs écoles, partout dans le monde.
Par Ikbal Sayah.
Ce basculement peut alors prendre un tournant structurel et contribuer à relever le niveau de l’école publique marocaine si, au nom de la justice scolaire, des investissements massifs sont engagés, dès les premières années, dans la maitrise de la langue et le raisonnement mathématique, en ciblant en particulier les élèves les plus fragiles ou issus des milieux socio-économiques défavorisés.
C’est bien eux qui vont activer la mobilité sociale au lieu de voir perdurer une reproduction sociale confondante que plus grand nombre ne semble plus songer à dénoncer.
En somme, la baisse des performances scolaires révélées par PISA ne relève pas que du débat pédagogique : elle engage l’avenir économique du pays et de ses enfants. Les résultats de l’enquête PISA ne laissent aucune place au doute.
En plus de la généralisation de l’éducation préscolaire de qualité, la lecture dès les premières classes, à l’image du programme britannique « Drop everything and read » devient un choix prioritaire : sa maîtrise dès le plus jeune âge permet la compréhension de l’écrit et améliore les capacités de raisonnement des élèves, particulièrement en mathématiques qui représentent la langue de l’économie et du monde qui vient.
Un pays sans matheux se sera au mieux que le simple spectateur du formidable mouvement d’innovations qui se fera ailleurs.
Chaque cohorte d’élèves fâchés avec les chiffres et les équations rétrécit notre PIB potentiel à long terme, au moment même où l’échec scolaire coûte environ 10% du budget annuel accordé à l’éducation nationale.
Mais la facture la plus lourde n’est pas budgétaire seulement. Elle est sociale, car elle priverait le Maroc d’un puissant ascenseur social, car les mathématiques représentent une discipline où le talent ne s’hérite pas, où l’enfant d’un ouvrier, d’un infirmier, d’un vigile ou d’un paysan peut, par le mérite de son raisonnement, réussir dans les meilleurs écoles, partout dans le monde.
Par Ikbal Sayah.