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Cellule liée à Daech au Sahel : quand la DGST et le BCIJ ne laissent rien passer


Rédigé par le Mercredi 8 Juillet 2026



Le Maroc vient peut-être d’éviter encore une le pire.

Cellule liée à Daech au Sahel : quand la DGST et le BCIJ ne laissent rien passer
Lundi 6 juillet, à l’aube, les services antiterroristes marocains ont annoncé le démantèlement d’une cellule présumée liée à la branche sahélienne de Daech. Dix suspects ont été interpellés dans sept villes du Royaume, au terme d’une opération coordonnée par le Bureau central d’investigations judiciaires, sur la base de renseignements fournis par la Direction générale de la surveillance du territoire.

Agadir, Taroudant, Casablanca, El Hajeb, Tétouan, Fquih Ben Salah, Safi : la cartographie des arrestations dit déjà quelque chose de l’affaire. Il ne s’agirait pas, selon les autorités, d’un noyau isolé, enfermé dans une radicalité solitaire, mais d’un réseau présumé dispersé, connecté, organisé, soupçonné d’avoir franchi plusieurs étapes dans la préparation d’actions violentes.

Parmi les personnes arrêtées figureraient un mineur et un ancien détenu déjà condamné dans une affaire liée au terrorisme. À ce stade, la prudence judiciaire s’impose : les personnes interpellées restent des suspects. Mais le signal sécuritaire, lui, est d’une gravité incontestable.

L’élément le plus inquiétant se trouve à Inezgane, près d’Agadir. Les perquisitions y auraient permis de découvrir un véhicule tout-terrain modifié, ainsi que du matériel présenté par les autorités comme destiné à des actions terroristes. La présence d’armes blanches, de tenues militaires, de supports numériques et de documents à caractère extrémiste renforce, selon le BCIJ, l’hypothèse d’un passage de l’idéologie à l’opérationnel. Autrement dit : on ne serait plus seulement dans la propagande, le fantasme ou la consommation de contenus radicaux, mais dans la préparation concrète d’un acte.

C’est précisément là que se mesure l’importance du travail de la DGST et du BCIJ. Le renseignement antiterroriste ne se voit presque jamais lorsqu’il fonctionne. Il n’a pas de victoire spectaculaire, pas de foule, pas de scène finale. Son succès consiste souvent à empêcher l’événement d’exister. À intervenir avant le drame. À arrêter la mécanique avant qu’elle ne produise ses morts, ses blessés, ses traumatismes et ses longues cérémonies d’après-coup.

Cette affaire rappelle aussi une réalité stratégique : le Sahel n’est plus un théâtre lointain que l’on observe depuis Rabat avec une inquiétude diplomatique. C’est une zone de projection, d’endoctrinement, de circulation de consignes, parfois de fantasmes combattants. Les groupes terroristes qui y prospèrent cherchent des relais, des recrues, des sympathisants et des points d’impact au-delà de leur territoire immédiat. Le Maroc, par sa stabilité, par son positionnement régional et par son efficacité sécuritaire, reste une cible symbolique.

Cette opération réussie ne signifie pas que la menace disparaît. Elle signifie seulement qu’un projet a été neutralisé à temps. Face à des cellules présumées qui chercheraient à importer la violence sahélienne sur le sol marocain, la naïveté n’est pas une politique publique. Elle devient un risque.

Reste enfin une question de société. La lutte antiterroriste ne se limite pas aux arrestations, même lorsqu’elles sont nécessaires. Elle suppose aussi une vigilance éducative, numérique, sociale et religieuse. La radicalisation circule aujourd’hui dans les marges, les écrans, les frustrations, les récits de rupture et les appartenances fabriquées. Le policier peut empêcher le passage à l’acte ; la société doit travailler à empêcher le basculement.

Dans cette séquence, le message est clair : le Maroc ne laisse pas passer. Pas par réflexe autoritaire, mais parce qu’un État responsable n’attend pas que le sang coule pour découvrir qu’il avait été prévenu. La DGST et le BCIJ viennent de rappeler une chose simple : en matière de terrorisme, le vrai exploit n’est pas de réagir vite. C’est d’agir avant.

​On ne peut, honnêtement, que se féliciter du travail accompli par la DGST et le BCIJ.

Dans un monde où la menace terroriste avance souvent masquée, où elle se nourrit des failles, des silences et des retards, leur vigilance rappelle que la sécurité du Royaume n’est jamais le fruit du hasard. Elle repose sur des femmes et des hommes qui veillent, enquêtent, anticipent et agissent avant que l’irréparable ne survienne. Merci à celles et ceux qui protègent, dans la discrétion et l’efficacité, la sécurité du Maroc et des Marocains.




Mercredi 8 Juillet 2026