Il nous arrive tous de croire que les grands tournants de l'existence sont provoqués par des événements exceptionnels.
Une naissance.
Une rencontre.
Un départ.
Une réussite.
Un échec.
Et pourtant…
Avec le temps, je suis de plus en plus convaincu que certaines vies basculent à cause de beaucoup moins que cela. À cause d'un mot. Ou, plus exactement, à cause d'un mot prononcé… ou jamais prononcé.
Merci.
Je t'aime.
Pardon.
Je suis fier de toi.
Reste.
Ces mots paraissent dérisoires. Ils ne coûtent rien. Ils prennent une seconde à dire. Et pourtant, ils peuvent réparer ce que des années de silence ont fragilisé. À l'inverse, leur absence laisse parfois des blessures qui ne se referment jamais complètement.
Combien de parents ont aimé leurs enfants sans jamais le leur dire ? Combien d'enfants ont attendu toute une vie un simple signe de reconnaissance ? Combien d'amitiés se sont éteintes faute d'une explication ? Combien de couples se sont éloignés parce que chacun attendait un mot que l'autre croyait inutile ?
Nous parlons beaucoup. Nous échangeons des milliers de messages. Nous publions des centaines de mots sur les réseaux sociaux. Mais les mots qui comptent vraiment sont souvent ceux que nous remettons à plus tard. Comme si nous avions tout le temps. Comme si l'autre savait déjà. Comme si certaines évidences n'avaient pas besoin d'être dites.
Pourtant, elles ont besoin d'être entendues.
J'ai souvent pensé que les silences étaient plus lourds que les paroles. Aujourd'hui, je crois surtout que certains silences sont faits de mots absents. Des mots qui n'ont jamais trouvé le courage de franchir les lèvres. Des mots retenus par pudeur. Par orgueil. Par peur d'être mal compris. Ou simplement parce que nous pensions qu'il serait toujours temps de les dire demain.
Mais demain possède une étrange habitude. Il arrive parfois trop tard.
Alors les regrets prennent la place des mots. Et l'on se surprend à refaire, en pensée, des conversations qui n'auront jamais lieu. À imaginer des phrases que l'on aurait voulu prononcer. À espérer entendre des mots qui ne viendront plus.
Je ne crois pas que les mots résolvent tout. Ils ne guérissent pas toutes les blessures. Ils ne réparent pas toutes les injustices.
Mais ils ont un pouvoir extraordinaire : celui de reconnaître l'autre. De lui dire qu'il existe. Qu'il compte. Qu'il est vu. Qu'il est aimé.
Qu'il est pardonné. Ou simplement qu'il n'est pas seul.
C'est peut-être cela, la véritable force des mots. Ils ne changent pas toujours les événements. Ils changent la manière dont nous les traversons. Et parfois…
Cela suffit à changer une vie.
Alors, s'il y a un mot que vous remettez à demain…
Un merci. Un pardon. Un je t'aime. Un je suis là.
Ne le gardez pas trop longtemps en vous.
Parce que nous ignorons toujours lequel de ces mots deviendra, un jour, le plus précieux souvenir de celui qui l'aura entendu.
Rida Lamrini
rida-lamrini.com
Une naissance.
Une rencontre.
Un départ.
Une réussite.
Un échec.
Et pourtant…
Avec le temps, je suis de plus en plus convaincu que certaines vies basculent à cause de beaucoup moins que cela. À cause d'un mot. Ou, plus exactement, à cause d'un mot prononcé… ou jamais prononcé.
Merci.
Je t'aime.
Pardon.
Je suis fier de toi.
Reste.
Ces mots paraissent dérisoires. Ils ne coûtent rien. Ils prennent une seconde à dire. Et pourtant, ils peuvent réparer ce que des années de silence ont fragilisé. À l'inverse, leur absence laisse parfois des blessures qui ne se referment jamais complètement.
Combien de parents ont aimé leurs enfants sans jamais le leur dire ? Combien d'enfants ont attendu toute une vie un simple signe de reconnaissance ? Combien d'amitiés se sont éteintes faute d'une explication ? Combien de couples se sont éloignés parce que chacun attendait un mot que l'autre croyait inutile ?
Nous parlons beaucoup. Nous échangeons des milliers de messages. Nous publions des centaines de mots sur les réseaux sociaux. Mais les mots qui comptent vraiment sont souvent ceux que nous remettons à plus tard. Comme si nous avions tout le temps. Comme si l'autre savait déjà. Comme si certaines évidences n'avaient pas besoin d'être dites.
Pourtant, elles ont besoin d'être entendues.
J'ai souvent pensé que les silences étaient plus lourds que les paroles. Aujourd'hui, je crois surtout que certains silences sont faits de mots absents. Des mots qui n'ont jamais trouvé le courage de franchir les lèvres. Des mots retenus par pudeur. Par orgueil. Par peur d'être mal compris. Ou simplement parce que nous pensions qu'il serait toujours temps de les dire demain.
Mais demain possède une étrange habitude. Il arrive parfois trop tard.
Alors les regrets prennent la place des mots. Et l'on se surprend à refaire, en pensée, des conversations qui n'auront jamais lieu. À imaginer des phrases que l'on aurait voulu prononcer. À espérer entendre des mots qui ne viendront plus.
Je ne crois pas que les mots résolvent tout. Ils ne guérissent pas toutes les blessures. Ils ne réparent pas toutes les injustices.
Mais ils ont un pouvoir extraordinaire : celui de reconnaître l'autre. De lui dire qu'il existe. Qu'il compte. Qu'il est vu. Qu'il est aimé.
Qu'il est pardonné. Ou simplement qu'il n'est pas seul.
C'est peut-être cela, la véritable force des mots. Ils ne changent pas toujours les événements. Ils changent la manière dont nous les traversons. Et parfois…
Cela suffit à changer une vie.
Alors, s'il y a un mot que vous remettez à demain…
Un merci. Un pardon. Un je t'aime. Un je suis là.
Ne le gardez pas trop longtemps en vous.
Parce que nous ignorons toujours lequel de ces mots deviendra, un jour, le plus précieux souvenir de celui qui l'aura entendu.
Rida Lamrini
rida-lamrini.com