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Charte du 11 Janvier 2026 : La jeunesse Marocaine n'est pas une variable d’ajustement mais au cœur de l’économie marocaine


Rédigé par Salma Chmanti Houari le Lundi 12 Janvier 2026

Publier une charte n’est jamais un acte neutre.

Publier la Charte du 11 Janvier pour la Jeunesse, l’accompagner d’un appel à l’adhésion, et surtout lui consacrer dix-sept analyses économiques de fond, relève d’un choix éditorial assumé : celui de considérer la jeunesse non plus comme un sujet périphérique, mais comme une question centrale de politique économique.



Depuis trop longtemps, le débat sur la jeunesse au Maroc oscille entre deux registres insuffisants.

D’un côté, l’approche sociale, compassionnelle, parfois alarmiste. De l’autre, le discours incantatoire, où la jeunesse est célébrée comme “avenir du pays” sans jamais être réellement intégrée aux mécanismes de décision, de production et de création de valeur.

Entre les deux, un angle mort : l’économie réelle de la jeunesse.
 
La Charte du 11 Janvier vient combler ce vide. Non pas en proposant un programme clé en main, mais en posant une grille de lecture cohérente : droits économiques et sociaux, compétences du XXIᵉ siècle, participation à la décision publique, intégrité et mérite.

Autrement dit, les conditions structurelles sans lesquelles aucune croissance durable n’est possible.

Pourquoi un hebdomadaire économique choisit-il de publier ce texte et d’y consacrer une série entière ?

Parce que les chiffres, à eux seuls, ne disent plus l’essentiel.

Le chômage des jeunes, la montée de l’informel, la fuite des talents, la défiance envers les institutions, la faiblesse de la productivité : tous ces phénomènes ont un point commun. Ils traduisent une mauvaise intégration de la jeunesse dans le modèle économique.
 
Les dix-sept articles que nous publions dans ce numéro spécial ne sont ni des plaidoyers militants, ni des exercices académiques. Ce sont des lectures économiques. Orientation scolaire comme politique d’allocation des talents.

Formation professionnelle comme levier de développement régional. Santé mentale comme infrastructure invisible de la compétitivité. Méritocratie comme condition de la croissance.

À chaque fois, la même question traverse l’analyse : combien coûte l’inaction, et combien rapporte une réforme bien pensée ?
 
Ce dossier assume une conviction forte : la jeunesse n’est pas un problème à gérer, mais un actif stratégique mal exploité. Dans un pays jeune, rater la jeunesse revient à rater la croissance.

À l’inverse, l’associer réellement aux décisions, sécuriser ses parcours, valoriser ses compétences et garantir l’équité des règles du jeu constitue l’un des investissements publics les plus rentables à long terme.

L’appel à la signature et à l’adhésion à la Charte n’est donc pas un geste symbolique.

Il s’agit d’un engagement moral collectif, adressé aux acteurs publics, aux entreprises, aux partis, aux syndicats, au monde associatif, mais aussi aux jeunes eux-mêmes. Adhérer, ce n’est pas approuver chaque mot.

C’est reconnaître que le statu quo est devenu économiquement intenable.
 
À l’horizon 2040, le Maroc jouera une partie décisive. Soit il transforme son dividende démographique en moteur de prospérité.

Soit il laisse s’installer une économie de la frustration, de la résignation et du déclassement. Entre ces deux trajectoires, il n’y a pas de raccourci, mais des choix.
 

En publiant cette Charte et les analyses qui l’accompagnent, notre hebdomadaire fait le sien : ouvrir un débat économique sérieux sur la jeunesse, loin des slogans et des postures.

Parce que la jeunesse n’est pas seulement l’avenir du pays. Elle est déjà son présent économique. Et ce présent mérite mieux que des discours.

Version officielle en arabe en téléchargement





Lundi 12 Janvier 2026