Le Real Madrid tente d’apaiser la controverse déclenchée en Chine par les propos de Kylian Mbappé sur l’ancien dirigeant Mao Zedong. Dans un communiqué publié mercredi 28 octobre, le club espagnol a présenté ses excuses au peuple chinois pour le «malaise» suscité par les déclarations de son attaquant, tout en réaffirmant son respect pour la Chine et ses millions de supporters dans le pays.
La polémique est née d’une séquence du podcast The Bridge, depuis retirée, dans laquelle le capitaine de l’équipe de France évoque le mème qui l’a le plus fait rire. Il s’agit d’un montage associant son visage à celui d’un homme qu’il pense être «un dictateur chinois», en référence apparente à des images détournant les traits de Mao Zedong.
Face à l’ampleur des réactions, Kylian Mbappé avait présenté ses excuses la veille dans un communiqué publié en français, en anglais et en mandarin. «Je présente mes excuses à toutes celles et ceux que mes mots ont heurtés. Ce n’était absolument pas mon intention. J’ai un profond respect pour le peuple chinois et son histoire, et je suis sincèrement désolé», avait-il écrit. La Liga avait également exprimé ses regrets mardi.
Mercredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a indiqué que Pékin prenait au sérieux les excuses formulées par le joueur.
Des conséquences commerciales et médiatiques
Les répercussions de cette affaire dépassent désormais le cadre des réseaux sociaux. Trois grandes entreprises chinoises ont annoncé mardi la rupture de leur coopération avec l’attaquant du Real Madrid, tandis que la télévision d’État a suspendu la diffusion des rencontres du championnat espagnol.
Plusieurs marques, dont Dior et Hublot, auraient également supprimé des contenus liés au joueur de leurs comptes sur Weibo, selon des médias chinois. Des recherches menées par des journalistes de l’AFP sur les comptes des deux marques n’ont donné aucun résultat concernant le nom de l’international français en mandarin.
Les conséquences sont également visibles dans les points de vente. Dans une grande boutique Adidas de Pékin, des journalistes de l’AFP ont constaté la présence de maillots du Real Madrid, sans le nom de Mbappé. Des produits dérivés non officiels à son effigie restent toutefois disponibles sur la plateforme Taobao.
Sur les réseaux sociaux chinois, les critiques se poursuivent malgré les excuses du joueur. Certains internautes lui reprochent des propos jugés offensants envers la Chine, tandis que d’autres publient des commentaires racistes à son encontre. Sur Weibo et Xiaohongshu, les utilisateurs ne peuvent désormais plus s’abonner à ses comptes, qui réunissaient au total plus de deux millions d’abonnés.
Une référence historique particulièrement sensible
Mao Zedong demeure une figure centrale de l’histoire chinoise. Toujours présenté officiellement comme un héros, il reste également associé aux épisodes les plus sombres de son exercice du pouvoir, notamment aux millions de morts imputés à certaines politiques menées sous sa direction.
Kylian Mbappé jouit pourtant d’une forte popularité en Chine, où il est affectueusement surnommé «Guigui», soit «tortue», en référence à un autre mème inspiré des Tortues Ninja. À l’échelle internationale, le capitaine des Bleus fait régulièrement l’objet de montages humoristiques associant son visage à celui de figures historiques, souvent autoritaires, pour tourner en dérision son influence supposée dans le vestiaire.
Ce nouvel épisode rappelle la sensibilité des relations entre les grandes marques, les sportifs de renommée mondiale et le marché chinois. Par le passé, plusieurs athlètes ont déjà essuyé de vives réactions après des prises de position concernant notamment le président Xi Jinping, Taïwan ou Hong Kong.